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Ainsi déjà aux funérailles d'Auguste, Dion, LVÏ

LES FUNÉRAILLES. 13â

rang parmi les dieux; il. ne manquait pas d'ajouter qu'il appelait la malédiction sur lui et ses enfants en cas de mensonge. Le serment était payé de deux cents à deux cent cinquante mille drachmes*.

Il y avait là une comédie dont personne n'était dupe, mais qui se renouvelait régulièrement après chaque règne. Les funérailles des premiers empereurs avaient donné lieu à des démonstrations plus sincères et parfois émouvantes. Telle avait été la cérémonie par laquelle avaient commencé à Rome les funérailles d'Auguste. Les chevaliers s'étaient transportés à dix milles, jusqu'à Bovilles, au-devant du cortège. On marchait de nuit à cause de la saison ; et, tandis que la foule attendait près de la porte Capène, le convoi s'était avancé à la lueur de milliers de flambeaux.

Aux funérailles de César, en pleine crise politique, s'étaient mtMés des regrets passionnés et des scènes de désespoir*. Antoine venait de prononcer le discours funèbre; le lit plaqué d'ivoire, incrusté d'or avec tapis d'une pourpre éclatante, était au forum devant les rostres. On ne savait où le corps serait brûlé , au Capitole ou dans la curie de Pompée, quand deux hommes armés, tenant des flambeaux, réunissent les feuillages, les bancs, les présents apportés et tout ce qu'ils trouvent. Joueurs

I. La drachme vaut un peu moins que le franc. Ainsi fît Numérius Atticus aux funérailles d'Auguste, Dion Gassius, LYI, 46; Livius Gcminus, à celles de Drusilla, ihid.^ LIX, \\. uétone, lxxxiv.

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de flûte, comédiens, jettent sur ce bûcher improvisé leurs robes d'apparat; les vétérans leurs armes; les matrones leurs bijoux et jusqu'aux bulles et aux prétextes de leurs enfants, et de proche en proche se produit un éclat violent de la douleur publique.

REPnÉSENTATION DU MORT

Régulièrement dans toutes les funérailles, un mannequin, avec une tête en cire, remplaçait dans le lit funèbre le véritable cadavre. On nous dit qu'au convoi d'Auguste il y eut trois de ces images : l'une partant du Palatin; l'autre, en or, sortant de la curie; la troisième * menée en pompe sur un char. Nous n'apprenons pas avec moins d'étonnement qu'il y avait de plus une sorte de représentation vivante du mort, et qu'un histrion debout, avec un masque, reproduisait sa démarche et ses gestes. C'était une fiction tenue pour nécessaire et partout acceptée; elle existait, avec quelques différences, dans les momies d'Egypte, pourvues d'ordinaire de masques; de même aussi en Etrurie, où le mort, représenté par un mannequin ou un histrion, semble avoir fait partie des cortèges funèbres ; une telle représentation devait paraître des plus naturelles à Rome, où l'on avait l'habitude de voir toute la suite des images exposées dans l'atrium. Qu'on n'oublie pas non plus les représentations usitées à d'autres occasions, par exemple dans les triomphes.

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