LES LOOKS
Vue générale.
I, ES LOGES
(il
de ses disciples. Qu'on regarde avec attention chacun des tableaux que nous allons étudier et l'on saisira partout la pensée de Raphaël qui éclate, par un trait rapide et lumineux, à travers l'effort et l'indécision de l'élève; on verra, qu'un pinceau hardi et sur de l'ellet qu'il veut produire, est venu se poser sur toutes ces fresques, et ajouter, au travail timide et consciencieux d'un artiste de talent, quelques touches qui sont là connue des traits de génie* pour donner à chaque figure l'ampleur et le caractère qui nous la font admirer » (G\iv\m, Les Loges, p. jv). — « Quoi qu'il en soit, on est ravi de l'ampleur des groupés et des ligures, de la belle disposition des draperies, et de l'aspect charmant des étoffes, lesquelles semblent lutter de richesse avec les ornements dont elles sont entourées et produisent l'effet le plu* harmonieux et lc*plus magique ; et, si l'exécution partielle de ces tableaux n'est pas toujours à la même hauteur de perfection, ils forment cependant un ensemble admirable qui témoigne de l'art et de la délicatesse du goûta l'époque de Léon X » (Pass.. h. \r,-).
Il est certain qui» les soubassements des lenètres furent exécutés par Polidoro da Caravaggio el Pierino del Vaga. el que 1rs ornements en couleurs des piliers et les stucs sont de Giovanni da Udine.
« Dans cet ouvrage, Giovanni non seulement égala les anciens, mais il les surpassa, autant qu'il est permis d'en juger par les monuments qu'ils nous ont légués; la beauté de son dessin, la richesse de son invention et de son coloris, aussi bien dans ses stucs que dans ses peintures, laissent incontestablement bien loin en arrière les antiques que l'on voit dans le Cotisée, dans les Thermes de l)io<|élien et dans d'autres endroits. Kn somme, on peut dire, sans olfenser aucun artiste, que ces peintures sont, dans leur genre, les plus belles, les meilleures, les plus précieuses qui aient jamais été contemplées par un œil mortel » (Y\s., vi, st").
< Ce fut sous les yeux du maître que l'ingénieux disciple couvrit d'arabesques toutes les murailles. L'abondance, la variété, la richesse, la grâce de ces ornements tiennent du merveilleux. Là. sont mêlés, à la ligure humaine, tous les monstres imaginables, îles quadrupèdes ailés, des volatiles impossibles, des sphinx, des satyres, des centauresses d'un nouveau génie, dont le corps de femme se roule en volutes bizarres, s'épanouit en plante épineuse, s'achève en guirlande, ou finit eu queue de poisson, ht cependant, qui le croirait? tout en donnant essor à sa fantaisie, le peintre parait a\oir obéi à un< secrète méthode et respecté une symétrie capricieuse. Toutes ces chimères se répètent suivant un certain rythme; c'est comme une symphonie dans laquelle chaque \oiv aniait son écho ht il semble que Kaphaël ait voulu constater son influence dans |, s œuvres de son disciple, en y introduisant ces belles figures, qui tantôt s'encadrent dans des médaillons, tantôt sont enchâssées dans la décoration, comme des camées antiques, mais qui toujours sont marquées à l'empreinte d'un génie élevé autant que facile » (Cm. Hi.anc, Histoire des /tr in très)
ln Loge : Création du monde.
'L'Eternel sépare la lumière des ténèbres.
Vêtu d'une tunique rouge dont les plis sont ramenés sur sa tête, il repousse les nuages que sillonnent des éclairs. Au fond, apparaît le Jour.
Attribué à Jules Romain, par Taja et Vasari. « Le pinceau n'a cependant rien de la timide raideur de l'élève; il a, au contraire, l'ampleur magistrale et l'entrain plein de force qui m'appartiennent qu'au génie créateur » (Grutkr). Le dessin original dans la coll. Ranghiasci à Gubbio. Gravé par Lips.
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* L'Éternel sépare la terre de Veau.
De la main droite, il partage les eaux ; de la gauche, il répand les arbres et les plantes sur la terre.
Attribué par Gruyer à Jules Romain ; par Taja, à Raphaël. Un dessin à la plume lavé et rehaussé de blancs, dans la coll. Walraven (Amsterdam, 1765) et Rulgérs.
* L'Éternel crée le soleil et la lune.
Au milieu, le Créateur, tourné à gauche vers le soleil, étend les bras; à droite, la lune.
Attribué par Taja à Jules Romain et par Meulemeuster, à Pierino del Vaga.
*L Éternel crée les animaux.
Dieu, debout sur la terre, drapé dans un manteau pourpre, donne naissance aux divers animaux; à sa droite, un lion.
Vraisemblablement de Jules Romain, avec la collaboration de Giovanni da Udine. Gra-vé parun élève de Marc-Antoine, par Tardieu.
2e Loge : Adam et Ève.
* Création d'Ëve.
A gauche Adam, assis sur un tertre, est tourné vers Ève, les bras croisés sur la poitrine, que lui amène le Seigneur. Fond de paysage éclairé par le soleil levant.
Divers auteurs, parmi lesquels Vasari, attribuent cette fresque à Jules Romain. Richardson et Gruyer, la considèrent comme de Raphaël, qui peignit certainement la ligure d'Eve. — « Cette figure atteste une hardiesse de pinceau, une transparence de tons, une netteté d'expression qu'on ne retrouve pas dass le reste du tableau » (Griyer, p. 57). — Le catalogue de Rutgers cite, de cette fresque, un dessin à la plume et lavé, n* 455, plus tard dans la coll. H. Reveley,
* Le premier péché.
Autour de l'arbre, qui s'élève au milieu, est enroulé le serpent à figure humaine; à gauche, Ève, debout, la chevelure retenue par un cordon, tend la pomme à Adam, assis à droite.
On retrouve ici le coloris froid de Jules Romain. — Au Louvre, une sanguine d'après cette fresque. — Gravé par Tardieu.
* Adam et Ève chassés du paradis terrestre.
A gauche, un ange, aux ailes irisées, drapé dans une tunique rouge,
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armé d'un glaive, chasse les coupables. Ève, cherchant à cacher sa nudité, marche à côté d'Adam qui pleure.
Attribué par Vasari à Raphaël, par d'autres critique! à Jules Itotuain. bans la coll. royale d'Angleterre, le dessin original, d'après lequel Mare-Antoine exécuta sa gravure. Une autre gravure, jrar un anonyme hollandais duxvi* et par C. Metz. A rapprocher du inC'ine sujet, peint par Masaccio, au Carminé. < Voir Florence, par les mêmes auteurs, p. 255).
" \d(un et Ève tur la terre,
A gauche, Kve, assise devant une cabane, lile ; à ses pieds, Caïn et Abel; au fond, Adam sème, un chiçn à ses côtés.
Attribué par Taja à Jules Humain. Gravé par Suntaeb.
5* Loge : iNoé.
'Construction de l'Arche.
Au premier plan, Ndé, en robe verte et manteau rouge, mu veille ses trois lils; l'un, au premier plan, sciant une poutre, 1rs deux autre», au second plan, frappant sur une poutre à coups de hache. Au fond, dans une prairie, la c.oojue de l'arche; au loin, des montagnes.
Attribué par les uns à Jules Humain : par Passavant, à Kranresco l'en ni ; un devin dans la coll. Doria i'amphily.
■Le Déluge.
Au premier plan, des hommes et des femmes luttent contre l'envahissement des eaux; au fond, un cavalier, en manteau rouge, s'enfuit au galop de son cheval; un homme emporte une femme, un père entraîna ses enfants vers une montagne. Au second plan, sur une éminence, sonl réunis des groupes de femmes et d'enfants; dans l'eau, des hommes s'accrochant a des planches; deux naufragés se sont réfugiés sur un radeau; au fond, des barques et l'arche encore échouée sur la prairie. Ciel sillonné d'éclairs.
Attribué par Vasahi à Haphaël, par Taja à Jules Romain, |iar PuuaOLt, à Rafaello del Colle. — « Ce qui est certain, c'est qu'ici, non seulement l'esprit de Haphaël a guidé son élève, niais que sa main elle-même lui est venue en aide » (Gritkii, 7l). — Gravé par un anonyme hollandais.
' La Sortie de V Arche, Noé. en manteau rose, et sa femme, en robe verte, sont en prières;
M ROME
à gauche, un jeune homme et deux femmes; au fond, les animaux sortent de l'arche.
Attribué par Ghuyuu à Jules Romain, ainsi que la fresque suivante. — Gravé par G. Bonasone, par de Cavalleriis. etc.
*Le Sacrifice de Noé.
Au milieu, Noé, en tunique rose et haut-de-chausses vert, les mains jointes; auprès de lui, ses fils qui préparent le sacrifice et égorgent des animaux. Derrière l'autel, des femmes. La mer à l'horizon.
Attribué par Vasari à Jules Romain, par Passavant à Penni. — Gravé par Marco ila Ravenna et Zanetti.
¥ Loge : Abraham.
* Abraham et Melchisédech.
A gauche, suivi d'une foule nombreuse, le roi de Salem, couronné, en manteau bleu, présente deux paniers de pain et quatre cruches de vin à Abraham qu'entourent ses serviteurs; Fond de paysage.
Gravé par Edelinck et Vallet.
* Dieu se révèle à Abraham.
Au milieu, le patriarche, agenouillé, en tunique bleue et manteau violet, vu de dos, les bras étendus, regarde le Seigneur qui lui apparaît dans une gloire, soutenu par deux auges; au ciel, brillent les étoiles; à gauche, la maison d'Abraham.
Au Louvre, le dessin original.
* Abraham reçoit la visite de trois anges.
A gauche, le patriarche, en robe bleue, s'incline devant les envoyés du Seigneur. Deux d'entre eux se tiennent par la main, l'un, en robe jaune, l'autre, en robe, violette; le troisième, en robe bleue, au second plan. Au fond, à gauche, Sarah près de la porte ouverte de la maison. Fond de paysage.
L'esquisse originale sur papier brun, lavée à la sépia et rebaussée de blancs provenant des coll. La Noue et Rutgers, est dans la galerie Albertine, de Vienne. — Gravé par Alexander, Suntach, Zanetti.
*La Fuite de Loth.
En arrière, accompagné de ses deux filles qu'il tient par la main, vêtues, l'une d'une robe bleue, l'autre d'une robe jaune, Loth, en tunique
LES LOGES
verte et manteau rouge, s'avance vers la gauche. A droite, sa femme changée en statue de sel. Au fond, Sodonie en flammes.
Sir Th. Lawrence possédait une esquisse de celte composition qui fit partie do la coll. du roi de Hollande. — Gravé par Zanetti et Alexander. — D'après l'opinion générale des critiques, ces quatre fresques sont l'œuvre de Francesco Pénal, dont on reconnaît d'ailleurs ici la facture.
5e Loge : Isaac.
'Dieu apparaît à Isaac.
A gauche, Isaac, en robe bleue, agenouillé, contemple le Seigneur qui lui apparaît et lui montre, au loin, la ville de Gérara, construite sur une colline. Au second plan, prés d'un bois, Hébecca, en robe jaune, assise.
Le dessin original appartenait autrefois tu baron Stttkeloorg. Dne copie à l'Alber* line, de Vienne. — Gravé par Marco da llavenna, Zanetti, H. Benedicli.
* Isaac et Rébecca chez Abimélech.
A droite, dans le palais du roi, les deux époux s'embrassent : Isaac. assis, tenant, sur ses genoux, sa femme qu'il avait l'ail passer pour sa sœur; à gauche, Abimélech, près d'une fenêtre, le visage exprimant la douleur. Au fond, un jardin.
Isaac bénissant Jacob.
En avant, étendu dans un lil, le visage en pleine lumière, le patriarche aveugle, bénit, le prenant pour Esaû, son second lils Jacob qui lui présente un plat; autour «lu lit, Hébecca et trois serviteurs agenouillés; au fond, a gauche, ÉsaÛ revenant de la chasse.
Le dessin original, autrefois chez Manette et Croxat. — Gravé par A. Vene/iano.
* Esaû réclamant la bénédiction de son père.
En arriére, Esaii, son gibier à ses pieds, est agenouillé auprès du lit de son père; au fond, Jacob et Hébecca.
Ces quatre fresques sont sans doute de Francesco Penni. Raphaél a relouché le groupe d'Isaac et Réhecca.» Connue couleur, il est impossible de rien imaginer de plus téméraire et en même temps de plus heureux. Comme dessin, l'art, qui réunit ces deux époux absorbés dBM leur tendresse, est ce qu'on peut rêver de plus parlait • iGiuver. p. •!).
KOMF,
6e Loge : Jacob.
* Vision de Jacob.
Jacob, en robe rose, est endormi, la tête appuyée sur une pierre. En pleine lumière, apparaît l'échelle, sur laquelle se tiennent six anges, en robes rouge ou verte, et, en haut de laquelle, est l'Éternel, les bras étendus.
Un dessin, qui n'était pas original, fit partie des coll. Crozat el sir Lawrence. Gravé par Ugo da Garpi et J. Bossius.
k Rencontre de Jacob, de Lia et de Rachel.
Près d'un puits, les deux filles de Laban, appuyées l'une contre l'autre, regardent l'étranger; autour d'elles, leurs troupeaux.
Le dessin original, maintenant à l'Albertine, de Vienne, fut acheté 46 florins à la vente Malraven, d'Amsterdam. Raphaël a certainement collaboré à l'œuvre de Pellegrino. — Gravé par Tinti et Zanetti.
* Jacob réclame à Laban Rachel comme femme.
A droite, Jacob, derrière lequel se tient Lia, les yeux baissés, indique à Laban son autre fille, la tristesse peinte sur le visage.
* Jacob retourne en Chanaan.
Deux des enfants du patriarche marchent en tète de la caravane; puis viennent, montés sur deux mulets, Jacob et Lia portant, sur son dos, un enfant, une petite fille dans ses bras, et Rachel, tenant Joseph, sur un chameau. Fond de paysage.
Les quatre fresques de cette loge sont attribuées à Pellegrino da Modena.
7e Loge : Joseph.
* Songes de Joseph.
A gauche, Joseph, assis sous un palmier, en robe jaune, raconte ses deux songes à ses sept frères assis sur un tertre. Au ciel, dans deux médaillons, les onze gerbes qui s'inclinent devant une douzième, les onze étoiles, le soleil et la lune. Fond de paysage, avec des troupeaux.
Cette fresque et les trois suivantes sont de Jules Romain, mais avec des retouches visibles de Raphaël lui-même. L'esquisse originale à l'Albertine, de Vienne ; une autre
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apocryphe, autrefois dans la coll. de sir Lawrence. — Gravé par un élève de Marc- Antoine, par Suntach, Ldelinck, etc.
* Joseph vendu par ses frères.
Joseph, on robe bleue, pleurant, est assis près d'une cilern»'. Le chef des Madianites verse à Juda le prix de la vente. Au second plan, les frères de Joseph, trois chameaux et quatre marchands.
Le dessin original a appartenu à Jahacli, au duc de Tallard, à Gérard Doel et à Univers. Un autre dessin se trouve aux Uffili de Florence. — Gravé par l<- Maître au I)c et par J. Skippe.
* Joseph et la femme de Putiphar.
Assise sur un lit, la femme de Putiphar, nur, retient, par m>u manteau, Joseph qui s'enfuit, tournant vers elle son visage.
Deux dessins originaux, autrefois dans les coll. Crosat et air Lawrence. — Gravé par Marc-Antoine, J. Valcsio.
" Joseph explique les songes de Pharaon.
Joseph, debout, vêtu d'une robe bleue à reflets jaunes, plongé dans la méditation, le bras droit levé vers le ciel, explique les songes de Pharaon à ses compagnons; l'un d'eux compte sur ses doigts les années dont lui parle le jeune homme. Au ciel, dans des médaillons, sont rappelés les songes. Par les arcades de la prison, on aperçoit le paysage.
Gravé par un anonyme, sous le nom de Raphaël.
8e Loge : .Moisi;.
* Moïse sauve des eaux.
A gauche, sept esclaves, auprès du berceau échoué sur le bord du fleuve; à droite, la fille du Pharaon qui tend les bras pour recevoir l'enfant. Derrière elle, la sœur do Moïse.
Une esquisse pour trois des esclaves à Oxford. Le cardinal Valent] possédait, m 1717. le dessin original de celte fresque, t'ne copie par le Parmesan était autrefois dans la coll. de sir Thomas Lawrence. G'est elle qui servit à G. Heverdino pour exécuter sa gravure. Gravé («gaiement par Andréa Meldolla. par Torhido del Moro, etc. Tau el Cm u n attribuent cette composition et les trois suivantes à Pierino del Vaga. Vasam considère celle-ci comme étant de Jules Romain. — « Bien qu'évidemment le talent de l'élève ail été soutenu par le génie du maître, on remarque ici. en quelques endroits, une timidité et une inexpérience relatives qui ne sauraient appartenir au i'ippi ■ (GaOTOB, p. iî;.).
ROME
* Le Buisson ardent.
Moïse, en robe jaune, agenouillé, les mains sur son visage, écoute la voix du Seigneur qui lui apparaît au milieu d'un buisson. Derrière le prophète, un troupeau. Fond de paysage avec des arbres le long d'un ruisseau. La ville de Madian, à l'horizon.
A rapprocher du même sujet, peint au plafond de la Chambre d'Héliodore, p. 51. Gravé par Mulinari, d'après un dessin apocryphe qui se trouve à Florence.
* Le Passage de la mer Rouge.
A droite, Moïse, armé de sa baguette, ordonne aux eaux de reprendre leur cours; à gauche, l'armée des Égyptiens est engloutie, les chevaux se cabrent et les soldats luttent contre le courant. Sur le rivage, les Hébreux, devant lesquels s'élève la nuée qui doit les guider dans le désert. Effet de soleil levant.
Le dessin original, autrefois chez sir Lawrence, est au Louvre; un dessin à la plume, pour quatre figures, est à Oxford. Gravé par Zanetti.
* Moïse fait jaillir Veau du rocher.
Six Hébreux, en arrière, regardent avec stupeur l'eau sortir du rocher que Moïse vient de toucher avec son bâton. Au sommet du rocher, l'Éternel dans une gloire.
Attribué par Waiu à Jules Romain. Le dessin original, à la plume, lavé à la sépia et rehaussé de blancs, est aux Uflizi de Florence. Gravé par Reverdino, Ravenet.
9e Loge : * Moïse.
* Dieu donne à Moïse les Tables de la Loi.
Dans une gloire, l'Éternel, au sommet du mont Shiaï, apparaît à Moïse agenouillé, et lui remet les tables de la Loi. Au fond, le peuple au milieu du camp.
Au Louvre, le dessin original, à la plume et lavé. Vasari et Lalande attribuent à Pierino del Vaga les compositions de cette voûte; Lanzi à Vincenzio da San Gimignano ; Gruykr (p. 158). à Rnffaello del Colle. « Reaucoup de figures témoignent de la manière hardie, line et d 'Irv. e de cet artiste; et l'on retrouve, dans l'ensemble de ces fresques (surtout dans les Usures des plans secondaires, où l'élève paraît davantage en dehors du maitre) le goût, la grâce, le soin et le fini que l'homonyme de Raphaël apporta dans toutes ses œuvres. »
* V Adoration du veau d'or.
Au premier plan, les Hébreux dansent et adorent le veau d'or; der-
LES LOGES
rière l'autel, un lévite, les bras levés vers Moïse, qui descend le mont Sinaï, et, à la vue de l'impiété de son peuple, brise les labiés de la Loi.
Le dessin original avec variantes est aux Uffizi de Florence. A rapprocher cotte fresque de la Donation de Constantin, où se retrouve la même facture. (Voir, p. sv). Gravé par G. Bos.
* La Colonne de feu.
Au milieu du camp, s'élève la colonne; le^ Hébreux sont agenouillés en prière. A l'entrée du sanctuaire, Moïse.
* Moïse rapporte, pour la seconde fois, 1rs Tables de la Loi.
Tout le peuple se précipite au-devant dn prophète, qui s'avance, accompagné de Aaron et de deux prêtres.
Attrlhué par plusieurs critiques à Raphaël lui-même. Gravé par J.-B. de Cavallieriis, C, Bos. Sunlach, Tardieu, Valleret.
10e Loge : JoscÉ.
* Passage du Jourdain.
Sur le bord du lleuve, représenté par un vieillard, sont réunis les Hébreux, autour de l'arche sainte que portent des lévites; Josué, à cheval, remercie l'Eternel. Lu étendard aux armes des HéçKcis CSl tenu par un soldat.
Les fresques de cette vodte sont de Pierinn del Vlga, Prise de Jéricho.
Au premier plan, l'armée des Hébreux s'avançnut vers la ville, devant les remparts de laquelle on aperçoit l'arche sainte et Josué brandissant un étendard. Au premier plan, à droite, deux musiciens.
A l'Alhortinc de Vienne, le dessin qu'on considère généralement connu»' n'étant pas de Baphaêl.
* Josue arrête le Soleil.
Au premier plan, les Hébreux et les Amorrhéens sont aux prises; le roi de Jérusalem se rend à Josué, monté sur un cheval, qui ordonne au soleil île s'arrêter ; près de lui, l'arche sainte. Au loin, la ville de (ïabaon.
Certains auteurs ont signalé le carton de celte fresque et du Passage du Jourdain. autrefois dans la coll. Gaddi, à Florence. Gravé par Tardieu.
HOME
* Les Hébreux se partagent le pays de Chanaan.
A gauche, sous un dais, Josué est assis sur un trône, auprès duquel se trouve le grand-prêtre. Au milieu, un enfant tire, d'une urne, le nom du territoire attribué à chaque tribu dont les représentants sont réunis au premier plan. Fond de paysage.
Le dessin original, à la plume, lavé et rehaussé de blancs, appartenait autrefois à la coll. royale d'Angleterre. — Gravé par Ravenet.
11e Loge : David.
* Samuel sacre David.
Dans une chambre, David s'incline devant Samuel, qui porte une corne pleine d'huile sainte, et. le sacre; Isaïe, père de David, et ses frères préparent un sacrifice.
Les fresques de cette voûte ont été probablement peintes par Pierino del Vaga, et retouchées, les deux dernières, par Raphaël. — Gravé par Lips.
* David tue Goliath.
David brandit le glaive de Goliath, avec lequel il va trancher la tête du géant vaincu, dont le corps gît à terre, et sur la poitrine duquel il appuie le genou. A ses pieds, une fronde et des pierres. Au fond, des Hébreux poursuivant les Philistins. Montagnes rocheuses à l'horizon.
Gravé par Marc-Antoine, par Ugo da Carpi, Hopfer, Étienne, de Laulne, etc.. d'après un dessin original autrefois en la possession de M. Colnaghi, de Londres. Un dessin, contenant plusieurs motifs de cette fresque, à l'Albertine de Vienne.
* Triomphe de David.
En tête du cortège, marchent les soldats portant le butin; puis s'avance, entouré par les rois vaincus, David, monté sur un char traîné par deux chevaux blancs, et tenant, à la main, une harpe. La foule des Hébreux suit le roi vainqueur.
Gravé par Saint-Morys, d'après une esquisse.
* David et Bethsabée.
David, assis, au fond, devant son palais, assistant au défilé de ses troupes, regarde, avec admiration, Bethsabée, devant la porte de sa maison, vue de profil, couverte en partie par une draperie.
L'esquisse originale est à Oxford.
LES LOGE
12e Loge : Salomon.
* Sacre de Salomon.
Dans un paysage, le grand-prêtre Zadoc verse l'huile sainte sur Salomon qui s'incline; à droite, la foule des serviteurs; à gauche, deux officiers tenant des chevaux par la hride. En avant, une figure allégorique, assise à terre, appuyée sur un tigre. Au fond, des montagnes.
Attribuée par les uns à Jules Romain, par d'autres à Pellegrino <la Modena. « Cette fresque, médiocrement peinte, est en outre mollement dessinée, et, 'quel •) n«* soit l'élève qu'on veuille nommer, il est certain qu'il a été abandonné par le inaltrr à ses propres forces » (Ckuver, p. 170).
' Jugement de Salomon.
Assis sur un trône, le roi ordonne de tuer l'enfant au bourreau dont la vraie mère arrête le bras; derrière le roi, la foule des assistants.
Construction du Temple.
Au premier plan, des ouvriers, les uns taillant des pierres, les autres sciant des arbres; à droite, des bœufs traînant des maléri;iux ; au fond, sous un portique, Salomon et des courtisans.
Attribuée à Jules Humain. — Gravé parTardieu. 'Salomon et la reine de Saba.
Dans son palais, le roi, entouré de trois officiers, se soulève, de son trône, à l'approche de la reine qu'aceompagnent neuf esclaves porteurs de présents.
Attribuée pat les uns à Jules Romain, par d'antres à Pellegrino da Modena. retouchée certainement par Raphaël. — (iravé par un maître Hollandais, par fsrdleu et Benoit.
ir»1' Loge : Jésus-Christ.
Les fresques de cette VOÛte sont attribuées, par les uns à Pierino delVaga, par d'autres a HapbaSl lui-même. D'après M. Chuybh (p. is ), elles sont l'œuvre d'an artiste du nord de l'Italie, GarM'alo, C.audenzio Ferrari ou Ba^naeavallo, que Raphaël a certes soutenu, mais que cependant il a, davantage, abandonné a ses propres forces dans la première fresque dont l'exécution paraît relativement plus faible. « C'est peut-être la seule composition où saint Joseph, ordinairement passif et immobile dans ce suj.-t. a ét. représenté en action »(Pass., 11, t«3).
ROME
* La Nativité.
La Vierge adore l'Enfant Jésus, couché dans sa crèche. Joseph conduit un berger près du nouveau-] lé, que contemplent deux autres bergers dont l'un porte un mouton. Au fond, des anges répandant des fleurs.
Il existe deux dessins à La plume et lavés, attribués à Raphaël, ayant appartenu, l'un à Gérard Iloet, l'autre au duc de Tallard. — Gravé par Cavalleriis, Sintos, Tiel, etc.
* L'Adoration des Rois Mages.
La Vierge, assise, tient, sur ses genoux, l'Enfant Jésus, devant lequel s'inclinent les Rois Mages, dont Joseph reçoit les présents; au fond, la suite des rois, dans laquelle ont pris place deux cavaliers.
* Le Baptême.
Saint Jean-Baptiste répand l'eau du baptême sur le Sauveur, debout dans le Jourdain. Des anges tiennent les vêtements du Christ. Au fond, des fidèles qui attendent eux aussi le baptême.
L'esquisse originale dans la coll. royale d'Angleterre. — Gravé par un anonyme.
* La Cène.
Les disciples sont réunis autour d'une table carrée, vue de biais; le Christ placé, au milieu, entre saint Pierre et saint Jean.
On connaît de très nombreuses gravures de cette série de fresques; Pass. (h, 16s) en donne ta liste. Parmi les meilleures, citons celles de Bartoli, de Marc-Antoine, de Marco Dente, d'Agostino Musi, Ugo da Carpi, Chaperon, etc.; pour les arabesques et les stucs, Volpato et P. Bartoli, déjà cités. En outre, il existe des ouvrages spéciaux où est décrit et représenté l'ensemble de cette galerie. L'impératrice de Russie, Catherine II, lit copier, à l'huile et sur toile, cette série de fresques, par Huntersberg, et les lit placer à l'Ermitage dans une galerie semblable à celle du Vatican. A l'École des Beaux-Arts, à Paris, la galerie, au premier étage, qui donne accès à la Bibliothèque, renferme, sur les coupoles, les copies de ces fresques exécutées à Rome par MM. Raymond et Paul Balze, Paul Flandrin, Comairas, Sourdy et Rousseau.
Peintures des soubassements :
Pierino del Vaga exécuta, d'après Vasari, sous la direction de Raphaël, des tableaux en camaïeu imitant le cuivre, sur le soubassement des fenêtres. Ils sont presque entièrement détruits; les sujets représentés, d'après les douze eaux-fortes de P. S. Bartoli, étaient :
1. Sanctification du septième jour. — II. Le Sacrifice de Ca'in et d'Abri. — III. L'Arc en ciel. — IV. Le sacrifice d'Abraham. — V. Isaac bénit
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Jacob. — VI. Jacob lutte avec l'ange. — VII. Joseph reconnu par ses frères. — VIII. Récolte de la manne. — IX. Le Tabernacle. — X. Josuc parlant aux Hébreux. — XI. David et Bethsabée. — XII. La Résurrection du Christ.
Il existe quelques dessins originaux de ces fresques par Raph.-eï : à Franrfort, du n* ut; dans la coll. royale d'Angleterre, du n* iv; à Oxford, d«s n" vi et xi; à Uaarlem , musée Teyler, dos n" vui ctx; à Hanovre, musée Kestnor du n* xu. Pour la listr des gravures, voir Pass. (ii, ihs-186).
11 est certain que les ornements en couleurs dos piliers et des stucs sont l'œuvre de Giovanni da Udine.
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