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CHIESA DEL GESU

(Le Jésus. Église principale des Jésuites.)

Place du Gesù, au coin de la via del Plebiscito (ancienne via del Gesù) derrière le palais de Venise. Commencée en 1575 sur les plans de Vignole et achevée par son élève, Giacomo délia Porta.

« Avec la solidité de son assiette et les rondeurs de ses formes, avec la pompeuse majesté de ses pilastres chargés de chapiteaux d'or, avec ses dômes peints où tournaient de grandes figures drapées et demi-nues, avec ses peintures encadrées dans des bordures d'or ouvragé, avec ses anges en relief qui s'élancent du rebord des consoles, cette église ressemble à une magnifique salle de banquet, à quelque hôtel de ville royal qui se pare de toute son argenterie, de tous ses cristaux, de son linge damassé, de ses rideaux garnis de dentelles, pour recevoir un monarque et faire honneur à la cité. La cathédrale du moyen âge suggérait des rêves grandioses et tristes, le sentiment de la misère humaine, la divination vague d'un royaume idéal où le cœur passionné trouvera la consolation et le ravissement. Le temple de la restauration catholique inspire des sentiments de soumissions, d'admiration, ou du moins de déférence, pour cette personne si puissante, si anciennement établie, surtout si accréditée et si bien meublée, qu'on appelle l'Église » (Taine, Vot/aye en Italie, n, 279-280).

Les voûtes de la grande nef, de la coupole, de l'abside, la tribune peintes par Gaulli. le célèbre décorateur de Gênes, élève, à Rome, d'un peintre français et du cavalier Bernin, forment un des ensembles décoratifs les plus importants et les plus caractéristiques de la fin du xvnc siècle, en Italie.

Voûte de la nef :

Gaulli (Giovanni-Battista), dit Bacciccio. — Génois. 1659; f 1709. Le Triomphe du nom de Jésus.

Après avoir pris l'avis du Bernin, le Père Oliva, général des Jésuites, se décida à confier à Gaulli la décoration de l'église du Gesù, travail considérable que briguaient les maîtres les plus habiles qu'il y eût à Rome, entre autres Carlo Maratta, Ciro Ferri et Giacinto Brandi. — « Le peintre se mit aussitôt à l'œuvre. Il peignit, dans la grande voûte, les hiérarchies des anges et d'innombrables saints en adoration devant le nom de Jésus dont le rayonnement met en tuite les légions de l'enter. L'effet de cette vaste composition est tout à fait saisissant. Les groupes célestes ont des attitudes suaves

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d'humilité, de respect et d'amour, et les démons qui s'élancent, éperdus dans l'abîme, semblent prêts à se détacher de la voûte » (Ch. Blanc). — « La voûte de Gesû est son œuvre la plus remarquable. L'intelligence de la perspective plafonnante {dei satto in sù), l'accord et le mouvement des ligures, l'éclat et le nuancement des colorations, lui donnent l'un des premiers rangs, parmi les innombrables ouvriers de ce genre à Rome, et, au jugement de quelques-uns, le premier. Il convient, néanmoins, de l'examiner plutôt dans l'ensemble que dans les tons locaux ou dans le détail des figures oû il n'est pas toujours correct » (Lanzi, h, 295). — « Les couleurs et les raccourcis sont traités avec une prestesse particulière; le peintre veut faire croire à toute force que ses légions de l'Empyrée allaient descendre du cadre jusque sur le maître autel » (Burck., 814). — « Lorsque ce grand travail fut découvert, tout Rome accourut pour le voir, et bien qu'un grand nombre ne s'y rendit que pour critiquer, une opinion universelle prévalut, et l'on s'associa à reconnaître qu'on devait lui accorder la suprématie dans ce genre de travail. Il commença l'ouvrage à 29 ans et le termina à Al ans et ce ne fut pas le seul qu'il fit dans ce temps » (Pascom, Vite dei Pittori modérai, 1, 202). Cette œuvre immense de la décoration du Gesû, à laquelle Gaulli ne consacra pas moins de quinze années (1667 à 1682), lui fut payée 12000 écus. Il aurait obtenu une somme beaucoup plus considérable si la bizarrerie et la violence de son humeur ne lui eussent aliéné les Pères Jésuites. » — Voir dans Pascom, Vite dei Pittori moderni et dans Ratti, Vitte dei Pittori, Scullori ed Architetti genovesi, le récit des démêlés que Gaulli eut avec les Pères à diverses reprises.

Coupole :

Le Couronnement de la Vierge.

Dans les angles :

Les Quatre Evangélistes.

Dans la tribune :

L'Agneau mystique adoré par les prophètes.

Les pendentifs de la coupole sont de :

Marco Benefiale. — Rome, 1684; |1764.

« Ce peintre mourut, dit-on, de douleur en se trouvant si inférieur à Bacciccio » (Porena, Guida di Roma, Si).

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