SANTA SABINA
(Sainte-Sabine.)
Sur la via Santa Sabina, en haut du mont Aventin. Construite en 425 sous Célestin Ier, et concédée, en 1222, par HonoriusIII à saint Dominique qui installa les moines de son ordre dans le palais voisin des Savelli, cette église est, de toutes les basiliques primitives à Rome, celle qui a le mieux conservé, malgré les restaurations et remaniements (1288, J 441 et 1587), sa forme originale et quelques parties de son ancienne décoration (frise de marbres colorés au-dessus des colonnes de la nef ; — charpentes apparentes du plafond ; — portes extérieures en bois de cyprès avec bas-reliefs représentant des scènes bibliques et des scènes allégoriques, les plus anciennes sculptures chrétiennes sur bois que Ton connaisse, très importantes pour l'étude de la transformation de l'art antique en art chrétien au vie siècle; — inscriptions en mosaïque, au-dessus de la porte principale, entre deux ligures gigantesques).
Au-dessus de la porte d'entrée :
Mosaïques du ve siècle.
A gauche : V église des Circoncis.
Grande femme, debout, enveloppée dans un manteau de pourpre, avec une étole brodée en signe de croix, montrant, de la main droite, un livre ouvert qu'elle lient dans la main gauche. Près d'elle, est écrit :
ECCLESIA EX CJRCUMCISIONE.
A droite : L'église des Gentils.
Grande femme, dans la même attitude, avec le même geste que la précédente. Près d'elle, est écrit : ecclesia ex gentibus.
Du temps de Giampini, cette décoration était encore complétée par des figures de Prophètes, de chaque côté des fenêtres, et, au-dessus, parles symboles des Évangélistes, entre des nuages et le bras de l'Éternel tenant un livre. «Ces deux ligures (de 424 environ)
ROME
sont simplement conçues, drapées encore à l'antique et d'un beau caractère. Ainsi, quatorze ans après la prise de Rome par Alaric, l'art de la mosaïque et l'art du dessin, autant qu'on en peut juger* par ce vestige, n'avaient pas encore sensiblement déchu. Ces deux figures de femmes ne sembleraient pas disparates dans la grande composition de Sainte-Pudentienne » (Vitet, Histoire de l'art, i, no).
Abside de la nef centrale :
École des Zuccheri.
Fresques.
Nef de gauche. Chapelle de l'abside :
Sassoferrato (Giovanni Battista Salvi dit). — Parme. 4581; f 1647.
La Vierge du Rosaire avec saint Dominique et sainte Catherine.
L'une des œuvres les plus célèbres de l'artiste.