‹ Rome: Le Vatican, les eglisesChapitre 122 sur 140 · EGLISE SAN CLEMENTE · texte numérisé non relu

EGLISE SAN CLEMENTE

Cliché Anderson Typogravure Jean Malvaux

Masolino da Panicale (?).

Martyre de Sainte Catherine.

SAN CLEMENTE

« Manquant d'unité dans la composition et trahissant l'absence de ces sévères lois de distribution qui prévalaient au xiv" siècle, la scène offre, en dépit de l'état de la fresque et des restaurations, de la beauté dans les groupes, l'étude des raccourcis et quelque réalisme. La figure du Sauveur, dans une attitude qui rappelle encore au spectateur le temps de Giotto, est bien proportionnée et montre une certaine supériorité dans le nu. Le corps suspendu et flexible du bon larron, avec les jambes croisées l'une sur l'autre, quoique d'un raccourci imparfait, est cependant remarquable par la recherche anatomique et par une hardiesse égalée ou surpassée, seulement, à cette époque, dans les ouvrages de Masaccio lui-même » (Ci\. et Cav., ld.).

A la voûte, dans quatre écussons :

Les quatre Évangélistes et les quatre docteurs de V Église.

Ces fresques, gravées en 1809 par Giovanni dell' Armi et dans l'ouvrage de d'Agincourt, ont été primitivement attribuées à Masaccio sous la nom duquel Vasari les avait décrites. « Masaccio se rendit à Rome, où il acquit une grande renommée en peignant à fresque pour le cardinal de Saint-Clément, dans l'église du même nom, une chapelle avec la Passion du Christ, avec les deux larrons en croix, et des épisodes de sainte Catherine martyre » (u, 295). Mais les critiques modernes ont abandonné cette attribution, et presque tous les auteurs sont unanimes à considérer Masolino comme l'auteur de ces peintures. — Dans son commentaire de Vasari, Milanesi, réfutant l'opinion de cet écrivain, s'exprime en ces termes : « Ces peintures, ni par la conception, ni par l'exécution, n'offrent de ressemblance avec les œuvres authentiques de Masaccio. La composition et le dessin les indiquent comme d'un peintre antérieur, non pas giottesque, ni de 1299 comme tendait à le croire Giulio Mancini, cité par Baldinucci, en s'appuyant sur une inscription qu'il assuyîit avoir déchiffrée à gauche de la tribune. Beaucoup d'auteurs n'ont pas voulu contredire Vasari, mais cependant n'ont pu expliquer d'une façon plausible pourquoi MilOccio se trouve ici si différent de luimême et si inférieur ; d'autres ont vu là une œuvre de jeunesse du peintre, exécutée avant la chapelle Brancacci, où se révélerait un talent, au début de sa carrière » (Vas., 11, 293, n.). — C'est l'opinion de Crowe et Cavalcaselle. {It., 1, 510 et 524) : « Ces peintures ont, ce n'est pas douteux, comme caractère et facture, une grande ressemblance avec celles de Castiglione d'Olonna ; mais elles sont si dilférentes de celles del Carminé, qu'on a douté si elles étaient oui ou non des œuvres de jeunesse de Masaccio. Elles sont, évidemment, exécutées avec la même méthode que celle de la chapelle Brancacci.... L'apparence générale révèle le génie d'un jeune homme au début de sa carrière, hésitant au milieu de ces contradictions et de ces imperfections qui marquent naturellement un premier effort. A côté^xle belles figures bien conçues s'en trouvent d'autres d'un caractère affecté, d'ur>~ l'orme chétive et faible. L'indécision y est mêlée avec l'énergie, le jeu, la passion, résultats d'un manque de sûreté et d'une certaine hésitation quant à la voie à suivre. » — Burckhahdt (p. S54), partage cette manière devoir : « Simplicité et grandeur de la composition, justesse des figures dans leurs rapports avec l'architecture et le paysage, efforts sérieux d'anatomie et de perspective, tous ces traits marquent le début d'une ère nouvelle, le commencement de cet art qui, une fois dégagé des timidités et des ignorances de la jeunesse, atteindra son complet développement aux Carminé. « — Dans le premier volume de La Peinture italienne (p. 156), M. G. Lafenestre avait résumé ces diverses opinions : « Ces fresques marquent un effort inégal de progrès sur l'ancien style, mais on n'y peut guère trouver, sauf en quelques têtes, des rapports sérieux avec la manière plus forte et plus concentrée que Masaccio allait bientôt inaugurer. Le groupement clair des figures qu'on y remarque, l'aisance familière de leurs mouvements, la simplicité délicate de leurs

Il ON E.

expressions, la grâce candide de leurs visages sont des qualités qu'on retrouTe, au contraire, avec la même facilité, parfois un peu molle d'exécution, dans les parties de la chapelle Brancacci, à Florence, presque unanimement attribuées à Masolino (Voir Florence, par les mêmes auteurs, p. 255 et sq.) et dans les peintures de l'église et du baptistère de Castiglione d'Olonna, près de Milan, qui portent sa signature. » — Plus récemment, dans son travail si complet sur les peintures de Saint-Clément, cité ci-dessus, M. Franz Wichkoff, regardant aussi Masolino comme le véritable auteur de ces fresques, après avoir montré que ces compositions diffèrent complètement de ce qu'on faisait à cette époque dans l'école florentine, soit par le sujet, soit par la manière de rendre le paysage, les costumes, les intérieurs, croit pouvoir affirmer, par des raisons bistoriques, que l'ouvrage a été peint entre 1456 et 1460, sous l'influence de Vittore Pisano.

PALAZZO DEI PADHI PENITENZIERI.

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