SANTA COSTANZA
(Sainte-Constance.)
Proche de Santa Agnese, est l'ancien mausolée de la fille de Constantin le Grand. On sait, par un passage (I'Athanase dans la Vie de saint Sylvestre, qu'à la prière de sa fille Constance, l'empereur fit construire une église au-dessus du cimetière souterrain où sainte Agnès avait été ensevelie ; puis, il ajoute qu'en même temps, et en dessous de l'église, il construisit un baptistère où le pape Sylvestre donna le baptême aux deux Constance, c'est-à-dire à la sœur et à la fille de Constantin. Église consacrée en 1256. La coupole est soutenue par vingt-quatre colonnes en granit.
Mosaïques du vne ou vme siècle.
Dans deux petites absides, pratiquées dans la paroi extérieure de la rotonde : 1° Le Christ, assis sur le globe terrestre, vêtu d'une tunique et chaussé de sandales, tenant, de la main gauche, un livre qu'il appuie sur son genou, tend une clef à saint Pierre qui s'incline ; au second plan, deux palmiers. t2°iLe Christ, en pied, présente à un vieillard qu'accompagne un fidèle, un cartel sur lequel sont écrits ces mots : Dominus pacem dat. Au premier plan, des brebis; sur les côtés, deux palmiers et les villes de Jérusalem et Bethléem.
« Les deux compositions sont encadrées dans des bordures de fruits et de feuillages artistiquement groupés, bien dessinés, bien colorés, mosaïques aussi fines pour le moins que celles des voûtes circulaires, tandis que rien n'est plus barbare que les deux compositions elles-mêmes. Le style et le travail en sont également grossiers : défaut de proportions, vulgarité des types, lourdeur des draperies, rien n'y manque. Evidemment, on ne peut imputer une telle œuvre qu'à un temps d'extrême décadence, et par exemple au vu6 ou vme siècle » (Viteî, r, 206).
Voûte.
Mosaïques du ive ou ve siècle.
Douze travées, correspondant aux douzes colonnes qui portent la coupole, coupent la voûte circulaire à intervalles égaux. La décoration varie
ROME
dans chaque travée ; çà et là des petits génies qui vendangent, d'autres qui conduisent un chariot, des petits amours musiciens, d'autres dansant, des vases de fleurs, des fruits et des ceps de vignes avec des pampres et des raisins qui forment des berceaux au milieu desquels volent des oiseaux.
Ces sujets se détachent sur fond blanc, à l'exception d'une seule travée revêtue d'ornements à fond d'or : dans cette travée, fut trouvé le tombeau de Constance, maintenant conservé au Vatican.
« Cette mosaïque a beaucoup souffert et a beaucoup perdu de sou originalité, par suite de restaurations renouvelées à différentes époques; une partie en a été refaite au moyen de stucs peints.... On y sent pourtant un souvenir de l'antiquité, dans les types, les expressions, les formes, les mouvements, les vêtements, les ornements, aussi bien que la disposition et la distribution générale. Les figures, bien qu'elles conservent quelque chose de la pesanteur et de la gravité de l'art romain, sont pourtant exécutées dans un style large et franc, assez grandiose, celui qu'on retrouve plus ou moins dans les œuvres de ce siècle; aussi, de même que dans les Catacombes, le sacré s'y mêle au profane, preuve qu'une même conception dirigeait les mosaïstes aussi bien que les peintres » (Cr. etC.w., St. délia Pitl. Ital., r, 15). — « La partie purement ornementale, les festons et les encadrements, la partie purement végétative et animale, les feuilles, les fruits, les animaux sont traitées l'une et l'autre avec art, non sans quelque raideur, sans quelque sécheresse, mais dans un sentiment et un esprit qui rappellent encore les meilleures traditions : la partie humaine, au contraire, est terne et vulgaire, les personnages manquent d'élégance; ils sont courts et trapus. L'échelle est d'ailleurs trop petite pour que les physionomies jouent un rôle important ; or, sans physionomie, point d'expression ; et, Texpression est, dans les Catacombes, la grande nouveauté, la ressource inattendue qui prépare les voies aux conquêtes de l'art moderne. »
(VlTET I, 213 et 216.)