‹ Rome: Le Vatican, les eglisesChapitre 33 sur 140 · LEO XIII. P. M · texte numérisé non relu

LEO XIII. P. M

HAS AEDES CAMERARVM P1CTVRIS INSIGNES PAVIMENTO REFECTO EXCVLTIS ORNAT V VARIO PARIETIBVS IN DIGNITATEM PRISTINAM RESTITVIT ET DEDICAVIT AN. PONT. XX.

APPARTEMENTS BORGIA

Crowe et Cavalcaselle fui, 26ô) donnent sur l'ensemble de cette décoration des considérations que nous croyons devoir reproduire. « Comme le dit Vasari, le secret de la fécondité de Pinturicchio repose dans la grande pratique qu'il avait atteinte et dans l'emploi de ses nombreux aides; et cette grande facilité qu'il avait à terminer, dans un temps très court, ses grandes commandes pour les amateurs soucieux d'obtenir le plus rapidement possible ce qu'ils désiraient, est la véritable raison de son grand succès. Ses œuvres, à Rome, sont celles d'un homme sans génie, vivant à une époque où les grands principes étaient généralement connus et suivis. Pour composer un ensemble, il n'avait aucune fertilité d'imagination ni d'originalité. Suivant les moments.il subissait différentes influences qui n'étaient pas suffisantes pour combler ses défaillances, bien que, dans des cas particuliers, il obtint de fréquentes réussites. Dans la technique, il avait les défauts et les qualités de Fiorenzo di Lorenzo corrigés plus tard par son intimité avec le Pérugin. Bien qu'il ne put sérieusement jamais se donner en rival de Vannucci, c'est à son école qu'il prit son système plus agréable de peindre les paysages et ses types plus étudiés de personnages: mais ses paysages sont trop chargés de détails et trop minutieux; et ses contemporains qui certainement n'étaient pas trop partisans pour les productions des artistes du Nord, pensaient qu'il était devenu Flamand.»— « Quoi qu'il en soit, il n'est peut-être pas à Rome un autre endroit où l'on se sente plus intimement transporté au cœur même de la vie de la Renaissance que dans ces appartements." Dans la journée, alors que, dans cette longue suite de chambres, le silence n'est rompu que par le bruit de l'eau qui tombe dans la fontaine située au milieu de la cour, l'existence des gens qui ont vécu ici se présente à votre esprit. C'est ici que la lumière a joué dans la chevelure blonde de Lucrèce, que le fameux pontife a promené ses robes en brocart, et que César Rorgia a montré ses armures dorées; ici, de grandes ambitions prirent naissance, des crimes atroces furent consommés; ici, également vint et vécut ce petit peintre, si amoureux de la beauté, échappé des montagnes de l'Ombrie; c'est ici qu'il dessina ses cartons, combina ses décorations, et conduisit l'armée de ses compagnons ; c'est ici qu'il nous laisse le plus beau spécimen de riche ornementation que les quattrocentistes aient produit » (E.-M. Philips, m). — Les considérations de Crowe et Cavalcaselle sont intéressantes à rappeler, mais ne nous semblent pas exactes ; elles sont beaucoup trop dures pour Pinturicchio. Le jugement de M. Philips nous parait plus juste; et tous les visiteurs des Appartements borgia, éprouveront, devant l'œuvre si complète et si charmante de Pinturicchio et de son école, l'émotion et l'admiration si bien exprimées, en dernier lieu, par le critique anglais.

120 ROME

APPARTEMENTS PARTICULIERS DE SA SAINTETÉ

Ces appartements ne sont pas ouverts au public; pour obtenir l'autorisation de les visiter, il faut s'adresser au majordome de Sa Sainteté. On y pénètre par l'escalier d'honneur,. ou par la galerie prenant jour sur la cour de San Damaso, formant angle droit avec la galerie des Loges de Raphaël.

Dans les deux antichambres de la Salle des audiences, sont conservés plusieurs tableaux, autrefois au Quirinal et transportés au Vatican après 1870, non encore catalogués, parmi lesquels nous croyons devoir citer :

Andréa del Sarto (École d').

La Vierge, V Enfant et saint Jean.

La Vierge, agenouillée, àgauche, serre, sur sa poitrine, l'Enfant Jésus; à droite, le petit saint Jean tenant, de la main gauche, une croix. Fond de paysage.

Antoniasso Romano (Antonio Aquili dit). — Romain (?) f entre 1510 et 1517.

La Vierge adorée par les auditeurs de Rote.

Au milieu, sur un trône au dossier en forme de niche, est assise la Vierge, vue de face, tenant, sur ses genoux, l'Enfant Jésus debout. Sur les côtés: saint Paul, à gauche, en robe noire et manteau rouge, tenant une épée haute et un livre; à droite, saint Pierre, en robe bleue et manteau jaune, portant un livre et une clef; au premier plan, agenouillés en adoration, les douze auditeurs de Rote, en robe brune ou rouge, large col blanc. Sur la contre-marche du trône, deux écussons, l'un représentant une roue, au-dessus de laquelle vole une colombe, l'autre deux jambes surmontées d'une tiare. Fond doré.

H., 2.30; L.,2,50.B. — Fig. trois quarts nat.— Peint a tentera. — La partie supérieure, autrefois cintrée, est maintenant carrée. — Offert au tribunal de la Rota parle président, Mgr Brancadoro dont les armes sont sur le piédestal du trône. « Qîtabkauqui montre un mélange des manières de Fiorenzo et de Pinturicchio doit être d'Antoïiiassû ou du membre de sa famille qui vient tout de suite après lui » (Cn. et Cav., //., m, 168).

APPARTEMENTS PARTICULIERS DE SA SAINTETÉ

Page 1