‹ Rome: Le Vatican, les eglisesChapitre 48 sur 140 · I. — Pietro Perugino. — Le Pérugin · texte numérisé non relu

I. — Pietro Perugino. — Le Pérugin

* Baptême du Christ.

Au milieu, debout, dans le Jourdain, le Sauveur et saint Jean-Baptiste ; celui-ci, le pied droit sur une pierre, tenant, de la main gauche, une croix, verse, avec la main droite, l'eau contenue dans une calebasse, sur la tête du Sauveur, vu de face, ceint d'une draperie bleue, les mains jointes; près de lui, sur le rivage, trois anges agenouillés portant ses vêtements; en avant, la foule des assistants, personnages en costumes contemporains du peintre; au second plan, des fidèles qui s'apprêtent à recevoir le baptême. Au fond, le Christ prêchant sur la montagne. A droite, au premier plan, un homme assis, en train de se dévêtir, et d'autres assistants; au second plan, saint Jean-Baptiste prêchant; au milieu, une ville sur le bord du fleuve qui s'enfonce à l'horizon entre de hautes montagnes. Au ciel, l'Éternel bénissant, dans un cadre formé de chérubins, et autour duquel volent des chérubins et deux anges.

« La fresque qui représente le baptême de Notre Seigneur est un assemblage parfaitement ordonné de tous les détails pittoresques qui peuvent ajouter à la beauté du paysage servant de fond, sans rendre le sujet principal moins saillant. Cette végétation si fraîche et si variée, ce neuve qui serpente entre des montagnes et va se perdre dans un lointain vaporeux, cette belle ruine qui semble imitée du Colysée, cet arc de triomphe au milieu des arbres, cet autre édifice qui ressemble un peu au Parthénon, tout cela révèle hautement le peintre-poète, à l'enthousiasme duquel les belles productions de la nature et celles de l'art avait également des droits. L'image de ses montagnes natales s'unissant aux impressions que la première vue des monuments de Rome faisait nécessairement sur lui, il avait besoin de ne pas les séparer, et voilà pourquoi il y a tant de choses clans le tableau du Baptême du Christ » (Rio, n, 234). — « La composition de cette fresque est essentiellement ombrienne. Elle est à la fois monotone et embrouillée. Les groupes ne sont pas liés les uns aux autres avec un art suffisant pour produire un effet d'unité; et l'on y cherche la simplicité et le naturel. Cependant, par endroits, se dégage une impression agréable. Le Sauveur et saint Jean sont purement péruginesques, tandis que, dans les assistants à droite, on retrouve les grandes lois de mouvement et de pose avec lesquelles s'est illustré Ghirlandajo. Les fidèles à côté de saint Jean semblent avoir été conçus par Pinturicchio » (Cr. et Cav., lt., m, 179). — « Le souci de la pondération des lignes apparaît également dans la fresque du Baptême de Jésus, dont la composition et peut-être même les figures centrales sont du Pérugin, tandis que les fines et pensives figures des assistants, ainsi que le paysage, trahissent la main plus délicate de Pinturicchio. Quels gracieux visages d'adolescents, aux longs cheveux bouclés, bruns ou blonds, sous leurs petites toques de velours! Et quels aimables groupes de jeunes femmes et d'enfants, attentifs à la prédication de saint Jean! » (A. Pératk. Les Papes et les Arts, p. 163). — Au Louvre des dessins pour le groupe du Sauveur et saint Jean.

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