III. — Ghirlandajo (Domenico di Tommaso Bigordi dit II
* La Vocation de Pierre et d'André.
Au premier plan, sur le rivage, au milieu, les deux disciples tournés de profil à gauche, vêtus, l'un d'un manteau jaune, l'autre d'un manteau vert foncé, s'agenouillent devant le Sauveur drapé dans un manteau bleu, qu'accompagnent deux disciples. Les deux côtés de la fresque sont occupés par une nombreuse assistance. A gauche, trois disciples et un groupe déjeunes filles; à droite, des vieillards, des jeunes gens et des enfants, en costumes contemporains du peintre. Au second plan, à droite, sur le rivage, au pied de rochers, le Christ accueille Jacques et Jean qui s'avancent dans une barque; à gauche, il bénit deux pêcheurs qui tiennent, dans leurs mains, un filet. Au fond, le lac de Tibériade s'enfonce entre deux rives, sur le bord desquelles sont construites des villes fortifiées.
« Cette peinture terminée, comme on peut le supposer, avant 1484, montre une modification dans la manière de Ghirlandajo, provenant de l'étude et de l'analyse des chefsd'œuvre de Masaccio — l'attitude et le geste du Sauveur rappelle le Christ dans le Denier de César à l'église del Carminé — plus de puissance dans les attitudes, plus de largeur dans les lumières et les ombres, plus d'habileté dans le dessin et la facture » (Cn. et Cav., It., h, 467). — Parmi les assistants réunis à gauche, on reconnaît les principaux membres de la colonie florentine qui habitaient alors la ville sainte; par exemple, l'archevêque Rainaldo Orsini, en manteau violet; en avant, le grec Argyropulos et Giovanni Tornabuoni que l'on retrouve dans les fresques de Santa Maria Novella, etc. — « Domenico Ghirlandajo, qui avait déjà travaillé avec son père David, pour la Bibliothèque, a laissé dans la chapelle Sixtine, un de ses chefs-d'œuvre, une peinture noble, sagement équilibrée, pénétrée de recueillement, la Vocation des apôtres Pierre et André. Un paysage charmant, baigné d'air et de lumière, ajoute à l'impression paisible émanant de toutes ces figures sereines, harmonieusement réunies autour du Christ et des apôtres agenouillés, sur qui se concentre l'attention» (G. Dératé, ios).— « Bien que l'artiste accumule ici, autour de son groupe principal, comme il fera toujours, les spectateurs contemporains, avec plus de liberté et de hardiesse qu'aucun de ses confrères, il y distingue, toutefois, avec soin, la scène idéale de la scène réelle, et insiste, avec autant de bonheur, sur l'expression typique donnée aux figures du Christ et aux apôtres que sur la physionomie individuelle laissée aux visages des assistants » (G. Lafenestre, Peinture italienne, aeo).