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IV. — Pietro Perugino. — Le Pérugin

*Le Christ remet les clés à saint Pierre.

Sur une place, au milieu, le Sauveur, en robe violette et manteau bleu, de profil tourné vers la droite, remet les deux clés à saint Pierre, agenouillé, en robe bleue et manteau jaune ; à droite et à gauche, les

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apôtres et des assistants en costume du xvc siècle, parmi lesquels il faut remarquer, à droite, deux architectes s'entretenant ensemble (sans doute ceux qui lui ont fourni l'esquisse des bâtiments ornant le fond du tableau), portant, l'un une équerre, l'autre un compas; à leurs côtés, au second plan, un personnage coiffé d'un bonnet noir, dont les traits rappellent ceux du peintre. Le temple octogonal, précédé d'un large escalier, et flanqué, sur les côtés, d'un portail couvert entre deux arcs de triomphe, se retrouve dans le Mariage de la Vierge au musée de Caen et dans celui de la Brera, à Milan. Devant ces bâtiments, nombreux groupes d'assistants, dans des attitudes diverses; à gauche, l'épisode du denier que Pierre remet au centurion; à droite, le saint auquel on jette des pierres. Au fond, quelques arbres; montagnes à l'horizon.

« Ce tableau est certainement une des peintures murales les plus belles, pour la composition, le dessin, l'action et l'expression; le caractère du peintre s'y révèle sous tous ses aspects. Le Sauveur est plein de vie, il y a de la grandeur dans l'atlitude et la draperie, alliée à une délicate proportion dans le saint Pierre agenouillé, dont le type rappelle ceux de Siguorelli. Quant aux apôtres, on retrouve, en eux, un idéal de noblesse qui rappelle les rapports de Pérugin avec les Florentins. La mesure et la dignité de leur attitude révèlent des influences peu familières au pur ombrien. Il fut. sans aucun doute, influencé ici par les chefs-d'œuvre de Ghirlandajo, mais il n'avait pas l'art de ce maître pour distribuer l'espace, ni son talent pour combiner les figures avec le paysage et les édifices » (Cn. et Cav., //., m, 79-183). — « L'influence de Signorelli se révèle dans le naturalisme sain, la puissance et la grandeur de l'expression, l'excellence des portraits, l'ampleur de la draperie, le bonheur de la composition » (Burck., sss). — Quelques critiques ont voulu attribuer cette fresque à Bartolomeo délia Gatta qui, d'après Vasari, aurait prêté son concours au Pérugin. D'autres critiques, parmi desquels Milanks[ (Vas., m, 64t) et Morelli (1, 51), ont prononcé le nom de Fra Diamante. — «Que Pérugin ait employé des aides pour terminer la Remise des clés à saint Pierre, c'est bien possible; mais la composition d'une allure parfaitement pondérée, les types des personnages, les draperies aux plis anguleux sont évidemment péruginesques.... Les épisodes secondaires, très habilement introduits, ne détournent aucunement l'unité de composition et l'intérêt concentrés sur les majestueuses figures des premiers plans.... La beauté de ces deux groupes qui se rencontrent, cette expression émue et tendre (l'expression ombrienne) des gestes et des regards, ce respectueux agenouillement de l'apôtre aux pieds du Christ qui lui tend les clés avec un si visible amour, tant de qualités austères et simples font, de cette œuvre de Pérugin, une des meilleures peintures du siècle » (A. Pératé, 102, 103).

Y. — Rosselli (Gosimo).

* Le Sermon sur la montagne.

Au milieu, au second plan, le Christ, en robe rouge et manteau bleu, debout sur un tertre, entouré d'une nombreuse assistance ; derrière lui, sont réunis des vieillards, les uns assis, les autres debout; en avant, des femmes assises, les mains jointes, et un enfant jouant avec un bélier; à gauche, deux hommes debout, conversant ensemble, l'un drapé dans un

manteau vert, vu de dos, une sorte de capuchon blanc sur la tèlc, un collier en orfèvrerie sur la poitrine, la main gauche levée vers son interlocuteur, posé de trois quarts, en toge rose et toque rouge, retenant, de la main droite, les plis de son manteau. A droite, le Christ, entouré de ses disciples, guérit le lépreux agenouillé devant lui, et que lui présente un vieillard. De nombreux fidèles assistent au miracle. Au second plan, au milieu, le Christ et ses disciples s'avancent sur le flanc d'une montagne surmontée d'une chapelle; à droite, une vallée fertile; à gauche une ville. Dans le ciel, des oiseaux retournant à leurs nids et un ange soufflant sur les nuages qui obscurcissaient le soleil, au déclin de sa course.

D'après Vasari, le paysage serait de Piero di Cosimo. La meilleure des compositions de Rosselli, dans cette chapelle. Le peintre est représenté à gauche, coiffé d'un héret noir. A comparer avec le portrait du peintre à San Amhrogio de Florence. Les couleurs ont malheureusement passé, et on ne retrouve plus les ors dont le pape, avait chaleureusement félicité Rosselli. — o Cosimo se déliant de la faiblesse de son invention et de son dessin, s'imagina de cacher ces défauts, en couvrant ses tableaux de bleu d'outremer, et d'autres couleurs vives, et d'enrichir le tout avec beaucoup d'or; on n'y rencontrait ni un brin d'herbe, ni un arbre, ni une draperie, ni un nuage qui ne fût en pleine lumière. Lorsqu'arriva le jour où les œuvres devaient être regardées, les siennes furent examinées et devinrent l'objet de la risée des autres artistes qui, loin d'avoir, pour leur rival, delà compassion, le tournèrent en ridicule; mais, au bout de quelques temps, les berneurs furent bernés ; car ce coloris, imaginé par Rosselli, chatoya le regard du pape qui ne s'entendait pas beaucoup à ces affaires, bien qu'il les aimât beaucoup; aussi lui décerna-t-il le prix; et il ordonna aux autres peintres de couvrir leurs tableaux du plus beau bleu qu'ils pourraient trouver et de les enrichir d'or, alin qu'ils fussent similaires de ceux de Cosimo et par la richesse et par l'éclat » (Vas.,

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