‹ Rome: Le Vatican, les eglisesChapitre 54 sur 140 · CHAPEL · texte numérisé non relu

CHAPEL

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Ensemble du Piaf on

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la Chapelle Six line.

donna une commande nouvelle : je devais faire ce qu'il me plaisait, et il me le payerait, en conséquence. »

D'après Vasari, ce travail aurait été imposé à Michel-Ange à l'instigation de Bramante et des autres envieux du grand artiste. « Ceux-ci voulaient ainsi le réduire au désespoir, en lui enlevant ses travaux de sculpture qui l'immortalisaient, pour le contraindre à entreprendre un genre de peinture où il devait se montrer inférieur à Raphaël, puisqu'il n'avait pas eu encore l'occasion de le pratiquer; et, en supposant qu'il réussît contre leur attente, ils espéraient irriter facilement le pape contre lui, détruire son crédit, enfin s'en débarrasser de manière ou d'autre. Michel-Ange eut beau alléguer son ignorance de la fresque et de la pratique des couleurs, Jules II fut inflexible et l'artiste, voyant qu'il ne pouvait plus résister sans exciter la colère du pape dont le caractère était extrêmement violent, résolut d'obéir » (Vas^ vu, 174). — « La volonté opiniâtre du Rovère vient donc de l'emporter; le sculpteur du tombeau fera place désormais (1508-1512) au peintre de la Sixtine. Malade, dévoré par la fièvre, se donnant à peine le temps de manger une croûte de pain, le voilà perché, pour un nombre d'années, sur un échafaudage d'une hauteur vertigineuse — le pont, comme l'appelle Condivi — suspendu à la voûte et peignant, la tête toujours renversée. Sa vue en souffrira cruellement, et longtemps, après encore, il ne pourra lire une lettre ou contempler un dessin autrement que di giû in sopra, les yeux levés au plafond. Dans cette chapelle sombre et solitaire, le pape viendra le visiter par moments, au sortir d'un conseiloù ont été discutés les incidents graves de la ligue de Cambrai, au retour d'une campagne où a été emportée d'assaut telle ville romagnole. Le vieillard, de près de soixante-dix ans et qui en paraissait quatre-vingts, — tellement il était ridé et courbé, — montera résolument les- marches raides et tortueuses qui, du mur extérieur, conduisent jusqu'à la corniche des fenêtres, grimpera ensuite une échelle tremblante et se hissera sur l'échafaud à côté du peintre. Un dialogue étrange s'engagera alors sous la voûte : « Quand finiras-tu? — « Quand je pourrai. — Veux-tu donc que je te jette en bas de ces plan- « ches?... » — Rentré dans ses appartements, le pontife enverra Accursio ou tel autre de ses chambellans pour demander pardon à l'artiste de l'emportement de tout à l'heure, et les brouilles finiront ainsi toujours par les réconciliations, les grands éclats de colère par des amorevolezze )) (Julian Klaczko. Revue des Deux Mondes, 1893, p. 39).

Le 10 mai 1508, Michel-Ange se mit à l'œuvre; Bramante avait été chargé de construire les échafaudages nécessaires; mais les installations ne convinrent pas à l'artiste qui adressa des plaintes au pape sur le peu de savoir ou la mauvaise volonté de l'architecte. « Jules II, dit Vasari, répondit, en présence de Bramante, qu'il permettait à Michel-Ange

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