‹ Rome: Le Vatican, les eglisesChapitre 92 sur 140 · SAN IGNAZIO · texte numérisé non relu

SAN IGNAZIO

de trois ans, sans l'avoir jamais montrée. Voulant représenter l'immense ardeur du saint à propager dans tout le monde la religion catholique, il montra, dans l'éloignement, Jésus avec sa croix, lançant de sa poitrine un rayon de lumière qui va diamétralement frapper la poitrine du saint qui s'élève humblement dans les nuées.... La lumière répercutée éclate en quatre autres rayons vers quatre autres points : l'un frappe l'Europe, l'autre l'Afrique, le troisième l'Asie et le quatrième l'Amérique; chacune des parties du inonde est sous la figure d'une amazone bizarrement vêtue, et chacune d'elles tient, sous ses pieds, le monstre farouche de l'impiété, sous la forme d'un géant nerveux et musclé, et montre les chaînes dont elle le tient étroitement lié....

« On voit aussi, entre les deux arcs correspondant à la tribune, et à la porte, deux brasiers colossaux pleins des feux, l'un de l'amour divin, l'autre de la colère divine» (Pascoli, Vite dé* Pittori modem;, h, 254 à 261.)

« La voûte de l'église de Saint-Ignace est son œuvre la plus considérable et qui suffirait à prouver la valeur de Pozzo, lors même qu'il n'aurait fait d'autre peinture. Nouveauté dans l'invention, aménité dans les teintes, chaleur dans l'exécution pittoresque, qui le firent admirer par Maratta et Ciro Ferri. Ce dernier, stupéfait qu'en si peu d'années Andréa Pozzo eût si magistralement peuplé cette voûte, qu'il comparait à la Piazza Navone, disait que tous les chevaux des autres peintres semblaient aller au pas, tandis que ceux de Pozzo couraient au galop. Parmi les peintres perspectivistes, c'est bien le premier..., comme on peut voir encore à Rome (Collège Homano, Corridor du Gesù), à Frascati, Turin, Mondovi, Modène, Arezzo, Montepulciano, et à Vienne oû il fut appelé par l'empereur Léopold Ier » (Lanzi, ii, 330).

Les peintures de la fausse coupole et de l'abside sont aussi du Père Pozzo: les autels du transept furent exécutés d'après ses dessins.

« Ce fut un sûr instinct qui poussa le Père Pozzo à donner à ces formes et à ces groupes, comme cadre et comme séjour, un espace idéal qui lait en même temps comme un prolongement de l'architecture de l'église, une sorte de portique, le plus magnifique possible, au-dessus duquel on voit le ciel et les gloires planant. Il fallait, d'ailleurs, sa maîtrise résolue dans l'art d'improviser, en perspective, des figures et des édifices, sa souveraineté, dans l'art des nuances et des tons el son absolue insouciance de tout le reste. La voûte de San Ignazio n'a jamais été surpassée» (Burck., 286),

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