SAN AGOSTINO
(Saint -Augustin.)
Sur la place du même nom, à laquelle mène la via délia Scrofa. Construite de 1479 à 1483 sous la direction de Giacomo da Pietrasanta, aux frais du cardinal d'Estouteville, ambassadeur de France, avec les pierres du Colisée, elle est surmontée d'une coupole octogonale, œuvre de Baccio Pintelli, la première qu'on éleva à Rome. Église à trois nefs.
Nef centrale, troisième pilier à gauche :
Raphaël Sanzio (Rafîaello Santi dit). — Raphaël. Le Prophète haïe.
Assis de face, la tête inclinée vers la gauche, en tunique bleue, manteau jaune, une draperie blanche sur la tète; de ses mains, il tient un rouleau de parchemin, où est inscrit, en lettres hébraïques, ce verset : « Ouvrez les portes afin que le peuple qui conserve la foi entre » ; au second plan, deux anges tenant une guirlande de feuillages et de légumes; au milieu, un cartouche sur lequel on lit, en caractères grecs : « A sainte Anne, mère de la Vierge; à la sainte Vierge, mère de Dieu, à Jésus, le Sauveur, Jean Corizius. »
Gravée par G dtzius, Visscher, Fanletto, Cereda. — Une copie attribuée au Carrache se trouve au musée Impérial de Vienne, une autre par Mengs au musée de Dresde. — Fresque détériorée par un lavage inconsidéré et restaurée en 1555 par Daniel de Volterre. — Cette peinture, commandée par Jean Gorizius, appelé aussi Janus Corycius, se trouve sur un pilier, au-dessus d'un groupe de Sansovino, sur lequel est gravé une inscription indiquant que la peinture et la sculpture datent de l'année 1513. — Vasaiu (lv, 339) semble croire jque Raphaël relit deux l'ois cette ligure; qu'il détruisit la première après avoir contemplé les fresques de Michel-Ange à la Sixtine, et qu'il composa la seconde, clans le style de son rival, plus parfaite que la première, avec plus de grandeur et de majesté. — « Que la vue de cette peinture ait influencé Raphaël, c'est très visible" mais il faut avouer que cette influence ne lui est pas trop avantageuse puisqu'elle le fait sortir de sun individualité. L'imitation du grandiose particulier à Michel Ange n'a donné qu'une lourdeur désagréable des formes; et, ce qu'on a regardé comme de la majesté dans cette figure, n'est qu'une absence complète d'expression» (Pass.,