‹ Rome: Le Vatican, les eglisesChapitre 96 sur 140 · SANTA MARIA SOPKA MINERVA · texte numérisé non relu

SANTA MARIA SOPKA MINERVA

Rras droit du transept. Chapelle Carafla : Lippi (Filippino). — Florentin. 1457 ;| 1504. Épisodes de la vie de saint Thomas d'Aq&iri. A la partie inférieure ; Sai7it Thomas triomphant des hérétiques.

Au milieu, s'élève une chapelle, décorée avec tout le luxe de l'architecture de la Renaissance, soutenue, de chaque côté, par deux colonnes réunies, à la partie supérieure, par une architrave sur laquelle sont debout des enfants élevant au-dessus de leur tète un cartouche avec cette inscription : DECLARATIO SERMON TVORYM 1LLVMINAT à gauche, ET INTELL ECTVM DAT PARVVL1S, à droite. Cette chapelle est réunie, à droite, à un édifice par un portique surmonté d'une balustrade contre laquelle cinq assistants sont accoudés. Sur un trône, dont le dossier est en forme de coquille, saint Thomas, en costume de dominicain, est assis entre la Philosophie, la Théologie et deux autres figures allégoriques, un livre ouvert dans la main gauche, et montrant, de la droite, un hérétique qu'il foule aux pieds et dont la main tient une banderole où sont écrits ces mots : SAP1ENTÏA VINCIT MALITIAM. Devant la chapelle, sont éparpillés, sur le sol, les ouvrages condamnés des hérétiques réunis sur les côtés, dans des attitudes tristes et résignées: Arius, Sabellius et Averrhoes, qu'entoure une foule de spectateurs; à droite, deux pages portant à la main, l'un un livre, l'autre une pèlerine en hermine, un dominicain vers lequel se tourne un vieillard coiffé d'un bonnet, et aux côtés duquel se tient un homme, en costume vert, un doigt sur la bouche; à gauche, un vieillard, en chausses rouges, tunique noire, collier d'or, une trompette à la main indique saint Thomas à l'hérétique ; de ce côté, la scène se termine par un édifice du haut duquel regardent deux orientaux coiffés de turban. Au fond, à droite, des ruines au pied d'une montagne; à gauche, une statue équestre sur une place publique.

Fresque malheureusement détériorée par des restaurations et très abimée, surtout à droite. — Vasari a eu, en sa possession, un dessin de Lippi pour cette fresque qui a été gravée dans l'Ape Italiana délie Belle Arfi et In Sloria de Rosim. — « Imposante composition, pleine de figures grandioses et de vives physionomies, où le maître se livre, avec une habileté surprenante, à son goût pour les architectures savantes, et commence à déployer un luxe inusité de connaissances archéologiques. Au fond, dans un entassement de monuments romains, se dresse la statue de Marc-Aurèle qu'on voit aujourd'hui sur la place du Capitole. La vue de Rome avait produit sur l'esprit de Filippino une impression profonde. L'élargissement de son style est dû, alors, à ses études d'après les sculptures antiques autant qu'à ses réflexions devant les fresques de la Sixtine » (G. Lafekestre, La Peinture Italienne, 221). — ■ « On trouve ici, fait remarquer M.Muntz (L'Age d'or, 651), au fond, une balustrade chargée de spectateurs, prototype de celle que les Vénitiens, Paul Véronèse en tête, prodiguèrent plus tard dans leurs compositions. »

ROME

A la partie supérieure, dans une sorte de lunette :

Le Miracle du Crucifix.

A gauche, dans une chapelle, saint Thomas, de profil tourné vers la droite, entre deux anges portant des lis, est agenouillé, en adoration devant un crucifix accroché à un pilier; de la bouche du Sauveur sortent ces mots : « De me beke scripsisti, Thomas ». Un moine épouvanté s'enfuit vers la droite, où sont réunies deux femmes, l'une, âgée, dont on ne voit que la tète, vue de face, au second plan, l'autre, plus jeune, en robe noire et long voile blanc dont elle ramène les plis sur sa poi trine, les yeux dirigés vers un jeune homme, en robe verte et manteau jaune, qui repousse un vieil oriental, en robe rouge, manteau vert, turban blanc et rouge ; au premier plan, un petit enfant, à terre, contre lequel jappe un chien; au fond, s'avance un jeune homme; sous les arcades cintrées de l'édifice, on aperçoit une ville.

« Jamais Filippino ne montra plus d'habileté dans la distribution, que lorsqu'il conçut et exécuta cette œuvre bien agencée, dans laquelle il fit preuve d'une grande vigueur, relatant l'événement principal et les épisodes secondaires avec vérité et naturel, une animation et un mouvement mieux indiqués que dans les fresques de Ghirlandajo à la Sixtine. Ici, son coloris est harmonieux, bien que d'une tonalité assez froide » (Cr. et Cav., It., 442). — « Cette scène dramatique peut être comparée aux morceaux les plus passionnés de Botticelli. La solennité de l'impression générale n'y exclut pas certains épisodes, par exemple, celui de l'enfant qu'un chien effraye et qui laisse tomber son gâteau. » (G. Lafen-estre, La Peinture Italiennne, 224). — Rappelons que Filippino représentait souvent des chiens dans ses peintures religieuses; dans la Résuvrectiun de Drusiana, à Santa Maria Novélla de Florence, on voit un chien qui tire sur ta ceinture d'un petit garçon.

Sur le revers :

L'Assomption.

La Vierge, les mains jointes, la tête auréolée d'étoiles, entourée d'une mandorla formée de chérubins en prière, s'enlève au ciel, sur une nuée, au milieu de laquelle deux anges agitent des encensoirs et portent des torches enflammées, et que soutiennent trois anges portant également des torches; sur chaque côté, trois anges musiciens, dansant. Sur les parois latérales de la muraille, sont réunis les apôtres et des assistants regardant émerveillés la mère du Sauveur. Fond de paysage.

Au maître autel :

L'Annonciation.

Au premier plan, saint Thomas d'Aquin présente le cardinal Carafïa

Page 1