SOTTO PENA DI SCOMVNICA
En vertu de cet anathème contre le beau sexe, quel-
* On a trouvé cette inscription sur un tombedu païen de la Voie Latine :
Non nomen, non quo genitus^ non unde^ quid e^i,
Mutus in œternum sum cinis^ ossa^ nihil. Non sum, non fueram, genitus tamen e nihilo sum ;
Mitte^ nec exprobres singula. taUs eris.
iâC LES CENDRES A SAINTE-PRAXÈDE.
ques pauvres vieilles femme , qui composaient avec moi toute Tassistance, ayant voulu pénétrer dans la chapelle, en furent repoussées par le prêtre; mais il leur fut permis d^ entendre la me^se sur les degrés du sanctuaire où je pénétrai seul. Après le saint sacrifice , le clerc m'ouvrit la châsse et m'y fit vénérer le trésor de l'antique oratoire : c'est la colonne de la Flagellation. Je ne l'ignorais pas, et cette messe simple et louchante, enten* due devant ce monument de la Passion, me faisait croire que j'étais à Jérusalem, devant le prétoire de Pilate.
Cette colonne , en jaspe oriental veiné de blanc et de vert, fut rapportée de Jérusalem en 1223 par un légat du Saint-Siège , le cardinal Giovanni Colonna , qui la plaça dans cette église dont il était titulaire. Elle n^est pas très-élevée, et s'accorde avec le récit de la sœur Emmerich dans ses méditations sur la Passion : a Au nord du corps de garde se trouvait une colonne où Ton faisait les flagellations ; elle n'était pas très-élevée, car un homme de haute taille aurait pu en atteindre la partie supérieure. Au milieu de sa hauteur se trouvaient des anneaux et des crochets... Cette colonne était tout à fait isolée et ne servait de support à aucun édifice *. » On m'a montré dans la sacristie la célèbre Flagellation de Jules Romain ; elle offre de beaux nm, mais le Christ flagellé n'est pas divin comme celui de Van-
^ La traduction française de ce livre est arrivée à sa troisième édition. On commence à goûter chez nous le charme pieux de ces révélations extraordinaires qui ont étonné TAUemagne et que l'Église n'a pas condamnées. La sœur Emmerich est même connue de nos artistes qui trouTent dans son ouvrage de précieux détails pour leurs tableaux religieux. Horace Vernet disait un jour^ dans le salon de Paul Delaroche, qu'il avait visité Jérusalem ce livre à la main^ et qu'il avait été surpris de l'exactitude des descriptions de cette pauvre religieuse, qui n'a jamais quitté son pays.