‹ Rome; lettres d'un pèlerinChapitre 45 sur 82 · VILLA PAMFILI · texte numérisé non relu

VILLA PAMFILI

4e rencontrai Je Temps au pied des trois colonnes Du temple renversé de Jupiter Stator ; 11 portait'sur le front des débris de couronnes. Et sa main se jouait avec un sceptre d'or.

— 0 toi qui nous reprends tout ce que tu nous dounes^ Quand donc, vieux Niveleur, cessera ton essor?

— Quand j'aurai renversé tontes les Babylones, Et dans le monde entier j'ai tant h faire encor !

— Quoi ! toutes ces cités, ces trônes de la terre ?.. .

— lis tomberont un jour sous mon bras redouté.

— 0 Temps ! encor un mot, un suprême mystère ;

Ta faux touchera-t-ellc aussi la Papauté ? Le Temps qui l'ignorait fut forcé de se taire ; Mais, qui me répondit? Ce fut l'Éternité * !

Les nations catholiques sont intervenues pour remettre la Papauté à Rome; mais la France eut l'honneiir de la première pensée et de Tcxécution ; le général Cavaignac avait déjà réuni une armée toute prête , isouâ les ordres du général MoUière. Le Père Vaures vint à rÉlysée trouver le nouveau président de la républit]ue française, et lui rappela que Grégoire XVI avait absous Louis-Napoléon Bonaparte des erreurs politiques de sQ jeunesse, et lui avait adressé ces paroles prophétiques : i( Ma bénédiction portera bonheur au jeune prince , et lui permettra de rendre un immense service à l'Eglise. »

^ Dante représente le Temps comuie un grand vieillard tournant le dos à UamiettO; c'est-à-dire au passé et à ridolàtrie, et Tceil fixé sur Rome, qu'il appelle son miroir parce que la Ville-Éternelle durera autant que lui : \Inf. XIV.)

Dcntro daî monte sta drilto un gran veglio Che tien voile le spalle inver Damiata, £ Roma guarda si corne suo speglio.

332 VIUA FAVHU.

Pie IX avait dît dtits la [iinrlMttfîoB ^a l6 fSévrier 1848:

a Nous surtout ^ chef de la très-ninte É^ise catholique y croyez-vous que , si bous âms injuslemeiit attaqué , nous ne verriou? pas acoomir à mire défense une foule innombrable d'eniiaats qui wndraieot prot^er la maison paternelle, le centre de rooilé caflioliqoe? Quel don magnifique que celai dont , parmi tant d'antres j le ciel a comblé notre pays! Trois millions de nos sujets possèdent^ parmi les peuples de tontes les nalîons et de toutes les langues de la terre, deai cent millions de frères! En des temps bien différents, lors de l*écronlement de FEmpire romain, Tonité catholique fut Tancrc de salut qui préserva de la ruioe Rome el lllalie elle-même ; elle sera notre plus sûre garantie tant que dans son centre résidera le Saint-Si^e apostolique, b

Il disait encore , le 30 mars suivant : « Puisse notre prière monter jusqu'aux pieds du Seigneur, et faire descendre sur vous cet esprit de prudence, de force cl de sngesse dont le principe est la crainte de Dieu , afin que nos yeux puissent voir la paix sur cette terre dltalie , que, dans notre devoir de charité nniverselle pour tout le monde catholique , nous ne pouvons appeler la plus clière , mais qui , par la volonté de Dieu , se trouve lu plus rapprochée de notre cœur! »

Une fois maîtresse de Rome, la France courut à Gaëte en oQ'rir les clefs à Pie IX, et le supplier de rentrer dans sa ville :

Que l'amour du pays^ que la pitié vous touclie. Votre Rome à genoui tous parle par ma bouche.

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