AVE
VIRGO . DEIPARA . MVNDI . BSGINA •
ET . POPVLORVM • mSERATA • CALAHITATES .
PATROCINIO . TVO •
PACIS . AVCTRIX . CVNCTI9 . ADESTO .
VILLA PAMFiLL 331
4e reno^nirai le Temps au pied des trois colonnes Du iemple renversé de Jupiter Stator ; il portaitsur le front des débris de couronnes. Et sa main se Jouait ayec un sceptre d'or.
— 0 toi qui nous reprends tout ce que tu nous donnes^ Quand donc^ yieux Niveleur, cessera ton essor?
— Quand j'aurai renversé tontes les Babylones, Et dans le monde entier j'ai tant h faire encor !
— Quoi î toutes ces cités, ces trônes de la terre ?.. .
— Ils tomberont un jour sous mon bras redouté.
— 0 Temps ! encor un mot, un suprême mystère :
Ta faux touchera-t-ellc aussi la Papauté ? Le Temps qui l'ignorait fut forcé de se taire ; Mais, qui me répondit? Ce fut rÉtemité * !
Les nations catholiques sont intervenues pour remettre la Papauté ^ Rome; mais la France eut Thonneiir de la première pensée et de l'exécution ; le général Cavaignac avait déjà réuni une armée toute prêle , sous les ordres du général Mollière. Le Père Vaures vint à rÉlysée trouver le nouveau président de la république française, et lui rappela que Grégoire XVI avait absous Louis-Napoléon Bonaparte des erreurs politiques de sû jeunesse, et lui avait adressé ces paroles prophétiques : « Ma bénédiction portera bonheur au jeune prince , et lui permettra de rendre un immense service à l'Eglise. »
^ Dante représente le Temps comme un grand vieillard tournant le dos à Damiette, c'est-à-dire au passé et à Tidolàtrie, et Toeil fixé sur Rome, qu'il appelle son miroir parce que la Vil le -Éternelle durera autant que lui ; ^Inf, XIV.)
Bentro dal monte sta drilto un gran veglio Che tien voUe le spalle inver Damiata, £ Roma guarda û corne suo speglio.
le palais pontifical, à droite celui de la Consulta, et à gauche une magnîûque échappée de vue sur Rome, le Janicule et le Vatican.
Le Quirinal, commencé par Grégoire XIII et terminé seulement par Clément XIII , est le palais d'été des Papes ; c'est un noble et grandiose édifice. La vue de quelques linges étendus aux fenêtres ne nous choque pas plus que Stendhal \ et nous rappelle ces scènes naïves de l'Odyssée, où une fllle de roi lavait elle-même le linge de sa famille.
C'est au Quirinal que se réunit le Conclave. Les appartements sont nouvellement restaurés ; partout règne une noble simplicité qui touche , parce qu'elle convient à un roi-pontife. Ce palais est comme un vêtement qui va bien à la taille de celui qui doit Thabiter. J'aime cette demeure du Roi mon père. Ce fut le séjour favori de Pie IX jusqu'au jour où il y fut assiégé par son peuple ingrat. Tout est tendu en rouge cramoisi; dans chaque pièce, signe d'harmonie et d'unité , on trouve un seul fauteuil pour le Pape, et des sièges sans dossier pour les assistants ; la chambre à coucher du Saint-Père a pour tout meuble une table ornée d'un crucifix , un fauteuil et un simple lit de fer voilé de rideaux rouges.
Le Quirinal a une délicieuse chapelle qui garde la célèbre Annonciation du Guide. II a d'autres bons tableaux, entr'autres un Christ au roseau du Dominiquin;
< J'ai vil aux foDÔtrcs du palais du Pape qui donnent sur la rue Pia dos ftorvtottcs étendues pour les faire sécher. Cette simplicité me touche. Suivant ma façon de sentir, elle n'exclut nullement la gprandeur ; Cincinnatus et Washington étaient ainsi^ mais non pas le maréchal de Yillars. — La fausse grandeur de la cour de Louis XIV gâte les ouvrages de Mignard. {Promenades dans Rome.)
le bourreau, qui présente au Sauveur le roseau dérisoire, est d^une brutale énergie et d'une atroce réalité. Voici des tapisseries des Gobelins, présents des rois très-chrétiens au Saint-Siège ; Tune d'elles représente le mariage de Louis XIV. On nous fit remarquer de forts beaux parquets que fit exécuter Napoléon I", quand il voulut restaurer le Quirinal pour en faire le palais du roi de Rome. c< L'avenir est à moi , » s'écriait-il à la naissance de cet enfant :
Non ! Tavenir n'est à personne,
Sire, Tavenir est à Dieu.
Dieu garde la durée et vous laisse l'espace, Vous pouvez sur la terre avoir toute la place. Être aussi grand qu'un front peut Tôtre sous le ciel ! Sire, vous pouvez prendre à votre fantaisie L'Europe à Charlemagne, à Mahomet l'Asie, Mais tu ne prendras pas demain à rËternel !
(V. Hugo.)
On nous montre la chambre ornée de mosaïques où Pie VU fut arrêté. Ce Jacopo Bonaparte, témoin oculaire et historien de la prise de Rome par Bourbon , et de la captivité de Clément VU, ne se doutait guère qu'un de ses descendants, devenu empereur, s'emparerait aussi de Rome et se ferait le geôlier de Pie VIL
Après le traité de Tolentino, le général Bonaparte n'osa pas entrer à Rome en spoliateur, et dire à la Ville- Eternelle le vœ victis de Brennus * ; il envoya Berthier,
1 Le Père Lacordaire nous disait un jour à Notre-Dame do Paris : « Quand Brennus, notre aïeul, jetait son épée dans la balance au pied du Capitole, alors la force pesait seule dans les destinées du monde; mais depuis que le sang de Jésus-Christ est tombé dans cette même balance, aucun poids ne peut plus en contre-balancer le poids, et quand ie dernier
et s'éloigna. Reconnaissant la puissance morale du Pape, il écrivait a Gacault de traiter avec lui comme s'il avait 200,000 hommes. Sacré empereur par Pie VU, Napoléon le paya d'une ingratitude impardonnable; il lui fallait un pape sous sa main , à Paris , et un département du Tibre annexé à son empire. Les Français entrèrent à Rome sous les ordres du général MioUis, et le 10 juin 1809 Rome vit avec stupeur le pavillon pontifical descendu, et remplacé, sur le château Saint-Ange, par le drapeau tricolore, au bruit des salves d'artillerie, tandis qu'on publiait, au son de la trompette, le décret impérial qui incorporait Rome à l'empire français.
<c A cette nouvelle , raconte le cardinal Pacca, je me précipitai dans l'appartement du SaintrPère, et, en nous voyant , nous prononçâmes tous deux à la fois ces paroles de notre Rédempteur : Consummatum est 1 J'étais dans un état difficile à décrire; mais l'inaltérable sérénité de Pie VII ranima tout mon courage. La Bulle d'excommunication était prête depuis plusieurs jours. Le Pape me demanda s'il fallait la publier. — Saint-Père, levez les yeux en haut, et donnez-moi vos ordres; n'en doutez point, ce qui sortira de votre bouche sera la volonté du ciel. Alors le Pape leva les yeux en haut, et, après quelques minutes de méditation : Eh bien ! dit-il, publiez la Bulle *, mais prenez bien garde que les exé-
des Césars voulut, il y a quelques années, y jeter son épée, il la retira brisée et en tronçons. »
1 Voici quelques extraits de cette Bulle : t La postérité saura quelles ont été nos peines et notre sollicitude pour guérir les plaies de TÉglise... nous avons en vain épuisé toutes les ressources de la modération et de la dou* ceur auprès de celui qui n^avail fait un pacte d'amitié avec l'Église que pour la mieux trahir, qui n'avait feint de devenir son protecteur que pour
cuteurs de vos ordres ne soient découverts, car ils seraient fusillés, et j'en serais inconsolable. — Saint-Père, je leur donnerai toutes les instructions nécessaires, mais je ne puis cependant répondre qu'il n'arrivera rien de fâcheux. Mais Dieu saura bien protéger et bénir cette entreprise. » En effet, elle eut un succès vraiment prodigieux ; elle frappa les Romains d'enthousiasme et les Français de stupeur. Les afficheurs , loin de se conformer aux instructions du cardinal Pacca , eurent le courage de placarder en plein jour les exemplaires de la Bulle aux lieux accoutumés et à la porte des trois grandes basiliques, ne* i luoghi soliti, e Ira qucsti, nelle tre basiliche di San-Pietro in Valicano , di Santa-Maria- 31aggiore, et di San-Giovani-LateranQ.
Quels furent les citoyens romains assez courageux , assez fidèles au Saint-Père et à Dieu, pour s'exposer à de tels dangers en affichant une Bulle d'excommunication con Irc Napoléon-le-Grand ?
Vous m'avez fait connaître le fils et le neveu de ces deux hommes : M. le chevalier Paul Mencacci, un des jeunes Romains les plus charmants , les plus distingués et les plus pieux que j'aie connus. Il est digne d'être
Toppriiner plus sûrement... nous ne pouvons livrer le patrimoine de saint Pierre... nous nous souvenons avec saint Ambroise que le saint homme Naboth, possesseur de la vigne paternelle, ayant reçu l'ordre de la livrer au roi qui voulait Tarracher pour y semer de vils légumes {ubi rex succisis vltibus, olus vile sererel) répondit : Dieu me garde de livrer Théritagc de mes pères! — ... Mais comment ce/wi qui est l'auteur do tous les maux dont TÉglise est accablée, évitera-t-il la main de Dieu? — A ces causes, nous déclarons que tous ceux qui ont commis ces attentats contre les droits même temporels de rÉglise, ont encouru l'EXCOBiHUifiCATioif ' MAJEURE, et au besoin nous les excommunions et anathématisoiis de