‹ Rome; lettres d'un pèlerinChapitre 63 sur 82 · TITUS, BALBINE ET CARACALLA · texte numérisé non relu

TITUS, BALBINE ET CARACALLA

d'Antonin Caracalla, ne serait-ce que pour faire épanouir la figure de ce digne custode qui nous attend avec une impatience d'antiquaire : c'est peut-être un descendant de ce bon Cucumion , dont le Père Marchi a découvert l'épîtapbe, et qui avait pour métier de garder les vêtements des baigneurs qui entraient aux thermes, métier qui avait le mérite de s'exprimer en latin par un seul mot, capsarius.

A l'instar de Dioclétien , qui se fît jardinier à Salone, ces ruines impériales se sont faites potagers. Elles sont encore colossales. C'est là qu'on a trouvé le torse du Vatican, l'Hercule et le Taureau Farnèse, que nous verrons à Naples, et une multitude d'autres objets d'art. Un escalier moderne vous fait monter sur le dos du colosse , d'où on a une vue d'ensemble sur ce gigantesque édifice des plaisirs romains. Il y avait là des salles , des théâtres et des promenades pour vingt-cinq mille oisifs , et trois mille personnes pouvaient s'y baigner à la fois. Les Romains modernes n'ont plus les goûts de leurs ancêtres sous ce rapport ; ils ne se baignent plus. Le docteur Pantaleoni nous assurait l'autre jour que , d'après ses calculs, il ne se prenait guère à Rome plus d'un quart de bain par personne pendant une année. J'aime à croire que c'est une plaisanterie; il faut dire aussi que les Romains n'ont plus de ces thermes magnifiques qui sollicitaient la propreté et l'amour du bain. Tout ce que je puis dire, pour mon compte, c'est qu'en prenant un bain , près du Tibre , à la queue du clavecin Borghèse , j'ai maudit la fraîcheur des baignoires , qui sont trèslongues à s'échauffer. A Rome, baignoires, cuvettes, bien d'autres choses encore, tout est en marbre ; et c'est

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