‹ Rome; lettres d'un pèlerinChapitre 65 sur 82 · TITUS, BALBINE ET CARACALLA. 4I · texte numérisé non relu

TITUS, BALBINE ET CARACALLA. 4I

pelle la diète germaniqm; je dois pourtant vous dire qu^une chose me tourmentait Tesprit à son endroit , c'est que y comme tout le monde , j'attachais à ce mot diète une idée d'abstinence qui me semblait fort mal s'accorder avec les principes de la diplomatie allemande. Au congrès de Vienne, n'a-t-on pas mis sur le tapis le mérite des divers fromages? M. de Metternicb vantait certain produit allemand; mais M. deTalIeyrand expédia un courrier à franc étrier, qui rapporta en croupe un fromage de Brie, auquel il fallut décerner la palme. Mais d'où vient donc ce nom de diète ? Le digne custode de Garacalla, qui est savant comme un académicien , vient de me tirer de peine en me montrant, aux deux extrémités de la cour sud-ouest des thermes, les restes de deux salles de forme octogone, qui servaient, assure-t-il, de salle de festin et de conversation, et qui se nommaient diœtœ; on appelait aussi diœtarius ou diœtarchus l'esclave chargé de surveiller le service de la table, comme on le voit, ajoutait mon custode , dans Pline-le-Jeuoe , Ulpien , et dans diverses inscriptions. Eh bien! ne pensez-vous pas, comme moi, que c'est de ces salles à manger appelées diaUB que vient le mot diète , appliqué aux assemblées délibérantes de ces bons Allemands , qui aiment tant à s'entretenir des affaires publiques inter pocula? Je vous assure que cette explication , que je prétends excellente , seloo l'usage des étymologistes , m'a soulagé d'une grande perplexité; vous me comprendrez, vous qui savez « tout ce qu'une bonne étymologie apporte de douceurs et de consolations en voyage et même dans l'exil I »

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