ABBATISSA MONASTERII SCE VIVIANE
Viyiane est aussi le nom de la fée bretonne qui a enchanté Tenchanteur Merlin. Brizcux compare à Merlin le voyageur qui ne peut plus quitter Rome :
Captif comme Merlin dans un cercle enchanté.
AproDianus ; Démétria expire et tombe sur les marches (lu prétoire. Bibiane y dépouillée de ses vétementSy est flagellée ; elle lève les yeux au ciel, où les anges lui apportent la palme du martyre. Au fond du tableau , on aperçoit le Colysée.
Entre ces peintures, Pierre de Cortone a peint dem: portraits en pied de la blonde Démétria et de saint Flavien, père des deux sœurs.
Agostino Ciampelli a représenté, dans les fresques de droite, le corps de Bibiane jeté dans le Forum Boarium, et respecté par les chiens, à la grande surprise des spectateurs païens. Voici le prêtre Jean qui enseyelit Bibiane, à la lueur des torches, dans les catacombes. Enfin la matrone Olympina fait élever Téglise de Sainte- Bibiane* Dans Tintervalle de ces peintures, on voit les portraits de Dafrose et d'Olympina, qui tient à la main le plan de F église.
Sous le maitre-aulel, une magnifique urne d'albâtre oriental renferme les reliques des deux sœurs et de leur mère. Mais la merveille de cette église isolée, c^est la délicieuse petite statue de Bibiane placée sur le grand autel. C'est un des premiers ouvrages de sculpture du Bernin, et son chef-d'œuvre, à notre avis * .
Bibiane est petite et mignonne, et à cet âge charmant où Tenfance se retire à regret pour faire place à la jeunesse; son corps délicat, chastement noyé dans des flots
1 On ne comprend pas ?raiment la sé?érité inexorable et la critique absurde de Milizia au sujet de cette statue : « Senza nobiltà e senza hêllezza di forme ; mal vestita : fin il manto è cinto da una larga faseia ; e quoi donna H cinge il mantiglione, e qutU uomo il tabarrp? Si sforza di esprimere e non esprime niente: pure si la questa ptr vna délie megliori opère Berninesche. » {Dell ^atiediveder nelle belle arti,)
de draperie, comme Bernin sait en sculpter, est appuyé à la colonne triomphale du martyre. La vierge a les yeux au ciel et une palme à la main ; ses lèvres commencent un sourire angélique; elle semble avoir déjà un avantgoût de la béatitude qu'elle a méritée. Le ciseau grec n*a rien fait de plus charmant , le ciseau chrétien rien de plus religieux; cette heureuse statue respire une fleur de jeunesse et de grâce pieuse, digne du jeune sculpteur qui Ta taillée en l'honneur d'une jeune martyre de douze ans.