‹ Rome, Naples et FlorenceChapitre 14 sur 40 · SONETTO · texte numérisé non relu

SONETTO

Morte, che sei tu mai ? Primo Dei danni L' aima vile e la rea li crede e teme ; E vendetta del ciel scendi ai tiranni, Ghe il vigile tuo braccio incalza e preme :

Ma r infelice, a cui de' lunghi afîaimi Grave è V incarco, et morta in cor la spemc Quel ferro implora troncator degli anni, E ride ail' appressar delP ore estreme.

Fra la polve di Marte, e le vicendc Ti sfida il forte che ne' rischi indura ; Ë il saggio senza impallidir ti attende.

Morte, che se' tu dunque ? Un ombra oscura, Un bene, une maie, che diversa prende Dagli affetti dell uom forma e natura *.

Nathan confirme tous mes aperçus sur le caractère florentin» * LA MORT.

Mort! qu'es-tu? Pour l'âme basse et la coupable, le premier des maux. Aux tyrans cruels tu parais une vengeance du ciel qui les presse et les accable.

Mais le malheureux fatigué du poids de longues infortunes, et qui depuis longtemps a vu tout espoir s'éteindre dans son cœur, implore ce fer par qui va finir le cours de ses misères, pt sourit à l'approche du dernier moment.

Au milieu des hasards et de la poussière des combats le héros te défie, les périb l'endurcissent. Le sage t'attend sans pâlir.

Qu'es-tu donc, ô Mort? Une nuit impénétrable, un bien, un mal, et tu prends des noms opposés, suivant le dernier sentiment qui fait battre ce cœur expirant;

qu il approuve beaucoup; il se mcGe tellement du sort, qu*il re« garde toute passion comme un malheur : il a grand'peine à faire une exception pour la chasse. Il est grand partisan de cette doctrine intérieure que Lormea me prêchait à Hambourg : répondre poliment et avec gaieté à tous les hommes, du reste regarder leurs paroles comme un vain bruit; ne pas souffrir qu'elles produisent le moindre effet sur notre for intérieur, excepté le cas de danger flagrant, comme ; « Rangez-vous, voilà un cheval qui s'échappe.» Pour un ami intime, si Ton croit en avoir, on peut faire cette exception : écrire ses conseils, et les examiner un an après, jour pour jour.

Faute de cette doctrine, les trois quarts des hommes se damnent pour des fautes qui ne sont pas même aimables à leurs yeux ; et par elle des hommes assez bornés ont été fort heureux. Elle délivre en peu de temps du malheur de désirer des choses contradictoires.

51 janvier. Gomme toutes les villes de cette ancienne Étrurie dont Rome naissante détruisit la civilisation vraiment libérale pour répoque, Volterre est placée au point le plus élevé d'une haute colline, à peu près comme Langres. J*ai trouvé V honneur national de la petite ville fort en colère de je ne sais quel article d'un voyageur genevois, qui prétend que Varia cattiva décime tous les ans les habitants de Volterre. M. Lullin parle fort bien de Tagriculture toscane, qu il appelle cananéenne, en Thonneur des noces de Gana ; du reste, le style genevois a une certaine emphase puritaine qui m'amuse toujours. Les Volterriens accusent M. Lullin de s'être trompé de plusieurs millions seulement, en essayant d'évaluer l'exportation des chapeaux de paille que l'on fabrique eu Toscane. « Ne voyez, leur disais-je, qu'un hommage à l'Italie dans les huit ou dix volumes que nous autres gens du Nord imprimons chaque année sur le pays du beau. Que vous importe que nous déraisonnions? Le fâcheux serait qu'on ne parlât pas de vous, et qu'on traitât Volterre comme Nuremberg. » Je visite, la plume à la main, les murs Gyclo-

péens, objets de mon voyage; j'examine une grande quantité de petits tombeaux d'albâtre; je passe une soirée fort intéressante dans le couvent de MM. les frères Scolopi, c'est-à-dire chez des moines. Qui me l'eût dit il y a trois mois?

Je ne puis trop me louer de la politesse vraiment remplie de grâces de M. le marquis Guarnacci, chevalier de Saint-Étienne, qui a bien voulu me montrer son cabinet d'antiquités, et ensuite me conduire chez MM. Ricciarelli, patriciens de Volterre» qui ont un tableau du fameux Daniel Bicciarelli de Yolterre, leur aocêlre et l'un des bons imitateurs de Michel-Ânge. — Propreté charmante des fabriques de vases d*albâtre et de petites statues ; gentillesse de quelques-unes de ces petites figures. — Regards audacieux des capucins que je rencontre à la procession ; contraste avec leur humble démarche. L'évêque de celte ville de quatre mille habitants a quarante mille livres de rente.

J'ai trouvé bon nombre de mensonges et d'exagérations dans les planches que M. Micali, auteur de Vltalie avant les Romains {Vltalia avanii il dominio dei Romani), a consacrées à Yolterre. Ce qui manque le plus aux savants italiens, après la clarté, c'est l'art de ne pas regarder comme prouvés les faits dont ils ont besoin; leur manière de raisonner en ce genre est incroyable. Toutefois M. Raoul Rochette a gâté cet ouvrage en le mettant en français. M. Niebuhr serait bien supérieur à tout ceci, si la malheureuse philosophie allemande ne venait jeter du louche et du vague sur les idées du docte Berlinois. L'ndulgence du lecteur ira-t-elle jusqu'à me passer une comparaison gastronomique? On connaît ce vers de M. Berchoux :

Et le turbot fut mis à la sauce piquante.

 Paris, on sert à part le turbot et la sauce piquante. Je vou« drais que les historiens allemands se pénétrassent de ce bel usage; ils donneraient séparément au public les faits qu'ils ont mis au jour et leurs réflexions philosophiques. On pourrait alors profiter de Thistoire et renvoyer à un temps meilleur la lecture des idées sur Vabsolu. Dans l'état de mélange complet où se trouvent ces deux bonnes choses, il est difficile de profiter de la meilleure..

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