‹ Rome, Naples et FlorenceChapitre 26 sur 40 · FERRARE · texte numérisé non relu

FERRARE

17 mai. — 11 a fallu ni*arracher à Bologne» après y avoir passé quinze jours de plus que je ne complais. Paccini est un excellent bouffe, plein de verve. Chaque soir il change quelque chose à son rôle , et Bologne, pour Tesprit, est la ville la plus remarquable de l'Italie. Les grandes pensées viennent du cœur.

Me voici à Ferrare, qui fut une grande ville, tant qu'elle sut garder sa nationalité; depuis qu'elle est au pape, le légat pourrait nourrir un demi-régiment de cavalerie avec Therbe qui crotl dans les rues. Les gens riches vendent leurs terres et vont s'établir à Milan. On peut acheter ici douze mille livres de rente t pour cent mille francs. 11 est vn^i que, lorsqu'un homme va un peu trop souvent dans une maison où se trouve une jolie femme, le légat le fait appeler pour lui rappeler le neuvième comman- I dément de Dieu. Un laquais est-il mécontent de ses maîtres, il va un vendredi porter un os de poulet au légat, qui aussitôt mande l'inique ^ D'ailleurs il n'y a point de spectacles. Je me hâte de quitter cette ville aimable. J'avais presque oublié le tombeau de TArioste ; j'y vais en sédiole. Est-ce bien ici que ce grand homme récitait l'histoire de Joconde à la cour du souverain ?

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