‹ Rome, notes d'histoire et d'artChapitre 12 sur 38 · IV. — LA SCALA SANTA ET LE 7RJCLI\'WSI · texte numérisé non relu

IV. — LA SCALA SANTA ET LE 7RJCLI\'WSI

L'escalier du prétoire de Pilate. — Le sacre de Charlemagne. — Rome et l'Empire.

Sur l'un des côtés de la Place Saint- Jean, un édifice abrite la S cala santa^ escalier de marbre, qui, d'après la tradition, aurait été gravi par Jésus lorsqu'il comparut au prétoire de Pilate. Des indulgences spéciales sont attribuées aux fidèles qui, aujourd'hui, le parcourent à genoux.

Au sommet, derrière une grille dorée, on aperçoit la chapelle du Sancta Sanctorum^ dernier vestige de l'ancien Patriarcat du Latran. Un insigne trésor de reliques y est déposé, depuis le douzième siècle; la frise intérieure porte cette inscription éloquente : Non est in toto sanctior orbe locus.

Tout près de ce bâtiment, une grande niche couronnée d'un fronton s'ouvre sur l'esplanade. Clément XII l'a fait construire en 1730 pour recevoir une importante mosaïque du neuvième siècle, qui ornait la grande salle d'audience ou triclinium du premier palais pontifical. Les panneaux s'étant brisés pendant le transfert, on recopia les sujets représentés,

dont le principal rappelait le grand acte accompli dans la Basilique de Saint-Pierre, le 25 décembre 800, le sacre de Charlemagne.

Pour ce souvenir seul, la mosaïque, même défigurée, méritait de survivre. L'événement qu'elle illustre domine en effet l'histoire du moyen âge. Durant des siècles, on a considéré comme un dogme que la puissance impériale ne pouvait être séparée de Rome, qu'elles étaient nécessaires l'une à l'autre, et que de leur unioi>, dépendaient l'ordre et la marche du monde. Aux yeux de Dante, Rome sans César est une veuve en détresse. Et, lorsque l'Empereur tarde à venir, le poète lance vers lui cet appel ;

Vieni a veder la tua Roma che piagne, Vedova sola, e di e notte chiama :

Cesare, mio, perché non m'accompagne!

a Viens la voir, ta Rome qui se lamente, veuve solitaire, et qui, nuit et jour, te crie : Mon César, mon César 1 pourquoi m'as-tu nhandonnéel »

SAINT-PAUL-HORS-LES-MURS La tombe de saint Paul. — La basilique. — Le cloître.

Vers le milieu du troisième siècle, l'Église romaine, effrayée par la violence des persécutions, crut devoir mettre en sûreté ce qu'elle avait de plus précieux : les corps de saint Pierre et de saint Paul, inhumés l'un au Vatican, l'autre sur la Voie d'Ostie. On les transféra secrètement aux Catacombes de la Platonia, sur la Voie Appienne; ils y demeurèrent cachés jusqu'aux jours glorieux de Constantin. Vers 325, les cercueils apostoliques furent ramenés à leurs tombes primitives, et, sur chaque sépulture, un sanctuaire monumental s'éleva bientôt.

La Basilique de Saint-Paul, la plus grandiose qu'on eût encore bâtie, ne fut achevée qu'à la fin du quatrième siècle, A travers les âges, on ne cessa de l'embellir et de la sanctifier, d'y accumuler les œuvres d'art et les reliques. Saccagée par les Sarrasins lors de l'incursion de 846, elle fut restaurée par Jean VIII, après

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