‹ Rome, notes d'histoire et d'artChapitre 15 sur 38 · ROM · texte numérisé non relu

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l'argent. Cette seconde partie de la tâche était la plus malaisée; car, en principe, le trésor de la communauté ne donnait qu'une fraction de la somme : c'était à la famille de fournir le reste. Rien de plus variable d'ailleurs que le taux d'affranchissement. Selon l'âge, le sexe et le rang, le prix oscillait de quatre cents francs à vingtcinq mille francs. La négociation durait parfois des années. Sur les quatre-vingt-dix mille libérations opérées par l'entremise des Trinitaires, il en est une dont l'esprit humain leur restera toujours reconnaissant, — la libération de Michel Cervantes, rt'glée le 19 septembre 1580 au prix de cinq cents écus d'or.

La porte primitive du monastère se voit encore à deux pas de l'Arc de Dolabella. Construite par Ja-ques Cosmati vers 1200, elle est formée d'une arcade à pilastres, au-dessus de laquelle une mosaïque s'encadre sous un dais Le tableau n'a d'autre intérêt que de rappeler le but de l'institution trinitaire : on y voit le Rédempteur accueillant deux captifs, dont l'un est de race nègre. L'architecture de la porte mérite, au contrairr, qu'on l'étudié. Les lignes générales sont belles dans leur simplicité. Les ornements, — moulures et colonnettes, chapiteaux et consoles, — sont d'un goût excellent.

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Près de là, une nacelle de marbre antique, la Navicella^ marque le centre d'une place. La petite église de Sainte- M arie-î«-Z?f7w«zVa développe sur l'un des côtés son élégante façade à longs fûts doriques, dont Raphaël a, dit-on, fourni le dessin.

Sur l'autre côté de la place, un vaste édifice de forme ronde fait songer au Baptistère de Sainte-Constance. C'est l'Église de San-Stefano-Rotondo. A l'intérieur, deux rangées concentriques de colonnes accouplées déterminent une sorte de galerie annulaire. Au sommet de la voûte absidale, une belle mosaïque du septième siècle représente le Christ bénissant les saints Prime et Félicien, dont les restes sont inhumés sous l'autel. Cette peinture est d'un haut intérêt pour l'histoire du symbolisme chrétien. L'image du Sauveur crucifié n'a été introduite qu'au huitième siècle dans les églises ; elle avait jusqu'alors paru impossible à reproduire : car, dans le drame du Calvaire, on ne voyait que l'ignominie du supplice. Quand, vers le cinquième siècle, on s'enhardit à représenter la croix, on se garda bien d'y joindre l'effigie de Jésus ; on eut même le scrupule de masquer le bois infâme sous une pirofusion de fleurs et

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de pierreries, crux Jlorida, crux gemmata Ici, pour la première fois, le héros et l'instrument de la Passion sont réunis ; mais l'artiste n'a pas osé encore attacher le Rédempteur sur la croix : il l'a figuré au-dessus.

La paroi latérale de l'église est couverte de fresques où Tempesta et le Pomarancio ont évoqué des scènes de martyre pleines de détails atroces. Destinées à émouvoir, ces peintures n'inspirent que le dégoût. Stendhal a défini très justement ce réalisme outrancier : a C'est le sublime des âmes communes. »

On a longtemps hésité sur l'origine de San- StefanO'Rotondû . On a cru y reconnaître un édifice du cinquième siècle, une des premières manifestations de l'influence byzantine à Rome. C'était un marché, le Macellum magnum, construit sous Néron, abandonné plus tard et que le pape Simplicius affecta au culte chrétien vers l'an 470.

On ne peut quitter le Caelius, sans faire halte à Saint-Grégoire-le-Grand.

L'église, reconstruite de toute pièce en 1633. est d'une magnificence banale ; mais elle évoque, dans la nviit la plus sombre du moyen âge, un souvenir très illustre.

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