RAR^ INTER HOMINES FORM/E SPECIMEN DEDIT
VIXIT ANNOS XXVI, DIES XII. OBUT MDXl, DIB XV AUG
Un monastère, occupé par des chanoines réguliers du Latran, attenait à l'Église de Sainte- Marie- de-la- Paix. Bramante y a construit un cloître à deux étages.
On est d'abord un peu surpris de voir les colonnes de l'étage supérieur s'appuyer en porteà-faux sur le milieu des arcs inférieurs. Mais la sveltesse de ces colonnes et l'importance attribuée à l'entablement qui les soutient ont vite rassuré l'œil quant à la stabilité. Pourrait-on d'ailleurs s'attarder à cette critique, devant un ensemble d'une proportion si juste, d'un style si ferme, d'un caractère si élégant?
SMNT-PlERRE-IN-MONTOIilÛ Le Tempiettu. — Béatrice Cenci.
L'église, construite en 1500 par Tordre de Ferdinand V et d'Isabelle la Catholique, n'est pas de celles où l'on s'attarde. Elle n'a d'autre mérite, en effet, que la sobre élégance de sa façade, élevée par Baccio Pintelli, et une fres- ' que, d'un dessin énergique, exécutée par Sebastiano del Piombo.
Mais la cour du monastère contigu renferme un des joyaux les plus fins de la Renaissance, le Tempietto de Bramante.
L'édicule consacre le lieu où, selon de vagues croyances, le prince des Apôtres aurait subi le martyre (i).
Une colonnade circulaire couronnée de ba-
(i) Il ne semble pas douteux que saint Pierre fut mis en croix dans les Jardins de Néron, juxta Palatium Neronis, c'est-à-dire au pied de la colline vaticane. Le Liber pontificalis affirme que le tombeau de l'Apôtre marqué le lieu du supplies. La tradition qui désigne le JaDicuie a'est pas antérieure au qu«torxiètne siècle.
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lustres entoure une cella, dont les parois sont creusées en niches. Sur la terrasse, et un peu en retraite, un attique à pilastres soutient une coupole. Même ordonnance pour la chapelle intérieure.
Par la pureté de ses profils, par la sveltesse de ses formes, par la simplicité de ses détails, par l'habile éclairage de ses divers organes, le monument rappelle les plus heureuses créations de l'art antique. Et pourtant c'est un art nouveau et indépendant qui vient de naître. Le Tempietto inaugure dans l'œuvre de Bramante une seconde manière, aussi hardie et animée que sa manière lombarde, mais plus logique, plus harmonieuse, plus noble. Le grand style de la Renaissance est dès lors fondé.
De l'esplanade qui précède l'église, on aperçoit Rome entière avec son chaos de maisons, ses palais innombrables, ses ruines éparses, ses dômes suspendus, ses campaniles effilés, ses villas verdoyantes, — vingt-sept siècles de construction ininterrompue, la plus longue histoire monumentale que jamais ville au monde ait réalisée, — puis, au delà, le désert majestueux de la plaine latine où les aqueducs allongent leurs arcatuxes sombres , enfin, à perte de vue,
un décor de montagnes lumineuses qui va se déroulant jusqu'aux Abruzzes.
Les Anciens, dont la sensibilité ne s'émouvait guère aux vastes horizons, admiraient cependant la noblesse de celui-ci. Le poète Martial, qui demeurait sur le Janicule, a célébré la beauté du site :
Hinc septem dominos videre montes Et totam licet aestimare Romam...
« De là, on distingue les sept collines souveraines, et toute l'étendue de Rome, et les coteaux d'Albe, et les plus fraîches retraites de Tusculum, et l'antique Fidène, et la charmante Rubra, et le bois d'Anna Pérenna que le sang d'une vierge a rougi, etc. »
Le Montorio a vu l'épilogue d'un drame célèbre, que la légende a étrangement dénaturé.
C'est là, en effet, que le ii septembre 1599, le corps de Béatrice Cenci fut apporté de l'échafaud pour être inhumé dans l'église.
Une foule immense, où se mêlaient toutes les classes de la société, suivait le convoi de cette belle fille de vingt ans qui avait tué son père, en se donnant ses frères pour complices. La presse était si forte qu'il y eut des centaines