LES CATACOMBES DE SAINT-CALIXTE
Les formules décoratives. — L'image du Christ. — Al.'égories et symboles. — Les premiers états de la conscience chrétienne.
Dès l'origine, les chrétiens eurent à cœur de a'être pas séparés dans la mort et d'attendre, l'un à côté de l'autre, loin des païens, l'accomplissement des espérances communes. Leurs tombes se groupèrent d'abord entre la Voie Ardéatine et la Voie Appienne. Avant même la fin du premier siècle, il s'était formé là des cimetières importants, qui plus tard ont reçu les noms de Saint-Calixte, de Domitille et de Saint-Sébastien (i).
(i) Prirnirivement, le nom de n Catacombes » ne désigna que le cimetière de Saint-Sébastien. C'est là, dans la crypte de la Platonia, que les restes des Apôtres Pierre et Paul furent mis en sûreté, lors des persécutions du troisième siècle. C'est là aussi que, pendant le moyen âge, l'imagination des pèlerins localisa toute la légende catacombale.
L'impression première est de tonte sérénité. Jamais le séjour de la mort ne présenta un aspect moins lugubre, moins effrayant. Sur les murs, on ne lit que des paroles d'espoir, des vœux de quiétude, des promesses de lumière, de fraîcheur, de repos. Et les images peintes ne représentent que des scènes paisibles, des emblèmes d'aiïranchissement, des symboles de résurrection. Par instant même, on hésite à se croire au milieu de sépultures chrétiennes, tant l'art qui s'y manifeste a conservé le caractère païen. Les formules ornementales du style gréco-latin s'y reconnaissent à chaque pas; les types classiques se retrouvent partout. Telle agape eucharistique semble un banquet profane; tel décor d'arabesques pourrait se voir au Palatin; telles jeunes femmes qui traversent l'espace, une coupe de fleurs à la main, seraient à leur place dans une villa de Pompéi.
Un autre motif de surprise est qu'on ne voit presque jamais de croix dans les Catacombes ; on n'en connaît même que deux représentations qui datent du quatrième siècle, sinon du cinquième. Et l'on y chercherait en vain le crucifix. C'est que les Anciens attachaient une infamie particulière au supplice de la croix. On l'épargnait aux citoyens romains, on le réservait