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JEUNE ET VIEILLE ITALIE

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et sept chandeliers d'inégale grandeur, le septième disposé derrière la croix. Deux de ces chandeliers incrustés de cristal de roche avaient été exécutés, sur les dessins de Michel Ange, par Antonio Gentille, et donnés par le cardinal Farnèse. Les quatre autres avaient été faits sur le même modèle par le chevalier Bernin, sous le pontificat d'Urbain VIII. Sur la plus haute marche de l'autel, deux candélabres de bronze doré, œuvre d'Antoine Pollaiuolo et provenant du tombeau de Sixte IV. Ces marches étaient couvertes d'un tapis à fleurs. Au côté gauche, trois crédences avec des nappes blanches tombant jusqu'à terre, destinées au service du Pape, du cardinal diacre d'office, du sacriste et des acolytes.

Le trône était en face de l'autel : il était élevé sur plusieurs degrés que garnissait un tapis rouge et abrité d'un dais de velours rouge aux armes du Pape régnant. Le dossier en velours rouge était recouvert en partie, ainsi que le siège, d'une toile d'argent brochée d'or à fleurs. Une grande tenture en velours cramoisi, à crépines et à torsades d'or, fermait la basilique à l'occident, à la courbure de l'abside. A droite et à gauche, des bancs, ceux-ci distingués par l'étoffe verte, pour les patriarches, les archevêques et les évêques assistant au Trône; ceux-là avec des tapis à rinceaux, pour les cardinaux. Le trône de tierce, monté sur une estrade aux marches rouges, était une haute chaise au siège de soie blanche fleuronnée d'or, au dossier de velours rouge armorié, coupé d'une bande d'étoffe blanche à fleurs d'or. Dans les tribunes, drapées de damas rouge, les princes et les ambassadeurs en grand costume. Dans la tribune, fermée d'une grille dorée, adossée à un des piliers de la coupole, les chantres pontificaux.

Voilà le décor : qu'on en rêve un plus grandiose, plus somptueux, plus traditionnel. Tout ici évoquait des pensées, faisait naître des souvenirs. La Papauté tout entière était présente, cette suite comme infinie de vieillards illustres, pontifes et rois. Elle étalait les présents que chaque génération a accumulés pour la magnificence du culte et pour la gloire de Dieu, et chacune s'enchaînait à la précédente et l'appelait, de façon que, devant cet autel, où repose l'apôtre Pierre, les dix-neuf siècles de l'Église catholique étaient debout !

Les cardinaux tout de rouge vêtus, les souliers rouges, la soutane rouge, le mantelet rouge, la mosette rouge, le chapeau rouge, arrivaient dans leur train de gala, avec trois voitures s'ils étaient princes. Ils se réunissaient dans la salle de la Pieta et y revêtaient les ornements sacrés, chacun suivant son

ordre : évoques, prêtres ou diacres. Le Pape les y rejoignait accompagné de sa maison, et, à la porte, il était reçu par les chanoines en costume canonial : violet à chaperon d'hermine. Il dépouillait alors ses vêtements ordinaires : la soutane blanche, la ceinture blanche à glands d'or, le rochet de dentelles, la mosette de soie blanche, et il revêtait successivement la falda de soie blanche, le rochet, l'aube, l'étole blanche, le pluvial de soie blanche brodé d'or, agrafé sur la poitrine par un pectoral tout brillant de pierres précieuses, la tiare à triple couronne sertie de diamants; puis, il s'asseyait sur la Sedia garnie de velours rouge galonné d'or que soulevaient douze palafrenieri du palais apostolique en costume de damas rouge, et la procession se mettait en marche.

D'abord le maître des cérémonies, en soutane rouge, avec les procureurs des collèges en noir; puis le prédicateur apostolique en robe et manteau de bure, sandales aux pieds, et le confesseur de la Famille pontificale, tout vêtu de noir; les procureurs généraux d'ordres rehgieux, chacun dans son costume; les bussolanti en violet et rouge; les adjudants de chambre, les chapelains du commun, les clercs secrets, les chapelains d'honneur et les chapelains secrets, les avocats consistoriaux, les camériers d'honneur, les camériers secrets, les chapelains chantres de la Chapelle, les abréviateurs du Parc-Majeur, les votants de signature, les clercs de la Chambre, les auditeurs de Rote, tous en violet et rouge ; le maître du Sacré-Palais dans le costume noir et blanc des dominicains ; deux chapelains secrets portant l'un la mitre lamée d'or, l'autre la mitre glorieuse; le maître du Sacré-Hospice en costume noir; un votant de signature en violet, portant l'encensoir et la navette; l'auditeur de Rote, portant la croix papale, accompagné de deux acolytes apostohques du Rite grec, en robes longues de drap d'argent, et suivi des maîtres-portiers, custodes de la croix ; les pénitenciers de Saint-Pierre ; les abbés mitres , mitre en tête ; les évêques, les archevêques, les patriarches, les cardinaux suivant leur ordre, le sénateur et les conservateurs de Rome, le prieur des chefs de quartier, le gouverneur de Rome avec le prince assistant au Trône. Puis, derrière les deux cardinaux diacres assistants, derrière la foule des camériers secrets de cape et d'épée précédant les deux premiers maîtres des cérémonies, l'écuyer et le fourrier majeur, la Sedia, portée sur les épaules de douze palafrenieri vêtus de rouge. Le Pape était assis, la mitre en tête, entouré des camériers secrets portant les flabelli de plumes d'autruche, des officiers des Gardes-Nobles et des officiers des Gardes-Suisses, ceux-ci casqués, la longue épée à deux mains sur

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