LE CARDINAL PAROCCHI, VICAIRE DE SA SAINTETÉ
iiaires. Par contre, ils abondent aux congrégations des Indulgences et des Saintes Reliques, de la Discipline des réguliers et des Rits.
Au-dessous des cardinaux, viennent immédiatement les patriarches dont les sièges sont au nombre de dix; mais certains sièges ont un patriarche pour chaque rit : Antioche a un patriarche maronite, un patriarche melchite, un patriarche syrien et un patriarche catholique. Les treize patriarches sont égaux en droits et reçoivent les mêmes honneurs.
Après les patriarches, les archevêques et les évèques. Ceux-ci ne sont point nécessairement suffragants d'un archevêque et peuvent relever directement du Saint-Siège : ainsi, en Autriche, l'évèque de Cracovie ; en Allemagne, les jévêques de Metz et de Strasbourg ; en Prusse, les évêques de Breslau, d'Hildesheim, d'Osnabruck et de Varmie. Les archevêques et évêques des anciens États de l'Église relèvent chacun en particulier du Souverain Pontife, mais c'est en tant que le pape est archevêque et métropolitain de la Province romaine. 11 y a des archevêques et des évêques de six rits diffVu'cnts : le rit latin, répandu dans toute l'Europe, l'Extrême-Orient, l'Afrique, les deux Amériques et l'Océanie, est suivi par cent soixante-quatre archevêques et six cent quatre-vingt-seize évêques, et le rit oriental comprenant : le rit grec rutène, le rit arménien, le rit copte divisé en copte égyptien et copte abyssinien, le rit grec (grec rumène, grec rutène, grec bulgare et grec melchite) et le rit syrien (syrien, syrien chaldéen, syrien maronite et syrien malabare), a en tout vingt-et-un archevêques et cinquante-six évêciues. On sait que, dans le rit latin, l'Église, depuis Pie IX, n'admet plus que d'insignifiantes variantes.
A côté des sièges effectifs, la Papauté a hiérarchisé de même, et disposé aussi en provinces ecclasiastiques, les sièges titulaires, (|u'on appelle communément in partibas iriflxleWun, (lu'elle est en usage de conférer soit aux nonces, soit aux auxiliaires des évèques, soit aux missionnaires apostoliqucîs, soit aux dignitaires de la Cour pontificale. Ces patriarches, archevêques et évèfjues titulaires, au nombre àc, trois (-ent dix-huit, sont sacrés (îomme les évêques résidents et prennent plac(^ api'ès eux. Dans les pays où la hiérai'chie épiscopale n'est point établie, l<;s archevêques et les évêques missionnaires, titulaires in partihas exercent leur ministère sous la dépendance de la Piopagande, av<H- les qualifications de délégu(''s apostoliques et de vicaires apostoli'iucs et sous un titre empi-un(«'' (T'ordinaii'c aux villes grecques dont les sit'ges
ont été abandonnés après le Grand schisme. Pour prendre l'Europe, Constantinople et la Grèce y forment des délégations apostoliques (il y en a sept dans le monde entier) ; l'Anhalt, la Germanie septentrionale, Gibraltar, la Saxe et la Suède y sont des vicariats. Au-dessous des vicaires, dans la hiérarchie, se trouvent les préfets apostoliques et, en Europe, le Danemark, la Misnie et la Luzace, la Norwège, le Schlesw^ig-Holstein et plusieurs cantons suisses sont des préfectures. Les préfets ne sont point évèques. Le nombre des vicariats est considérable : vingt-neuf pour la Chine, cent quinze pour l'univers cathohque. Les préfectures, beaucoup moins nombreuses, semblent l'embryon des vicariats que les délégations réunissent ensuite, en attendant que, le pays étant entièrement catholicisé, la hiérarchie épiscopale y soit constituée avec les métropolitains et leurs suffragants. L'organisation des délégations prépare donc l'organisation épiscopale : celle-ci sort de celle-là et c'est ainsi que, sous le pontificat de Léon XIII, la transformation a pu s'opérer, même chez plusieurs nations européennes, sans secousse, sans changement dans le personnel, sans trouble pour les fidèles, par le simple jeu de cette Propagande, l'une des institutions les plus précieuses de l'Éghse catholique, celle dont la conservation importait le plus aux nations européennes, cette Propagande dont l'Italie, avec une audace qui n'a point été réprimée, a confisqué les biens.
Au-dessous, c'est l'immense peuple des prêtres ; mais là encore se trouve une hiérarchie avec ses échelons : portier, lecteur, exorciste, acolyte, sousdiacre, diacre et prêtre. Être prêtre est tout : nul besoin d'être évêque ou archevêque pour être nommé cardinal, nul besoin pour être élu pape. Aux premiers âges, les diacres étaient plus souvent élus que les prêtres. Le premier évêque pape a été Formose, évêque de Porto en 890. Clément XIV, Pie VI et Grégoire XVI étaient, à leur exaltation, de simples prêtres, cardinaux certes, mais non évêques.
Telle est la hiérarchie du clergé séculier ; il en est une parallèle pour les réguhers qui, dépendant la plupart, pour les pouvoirs spirituels, de l'évêque dans le diocèse duquel ils exercent leur ministère ou vivent en communauté, sont à d'autres points de vue soumis à des chefs qu'ils ont élus ou qui ont été nommés directement par le Saint-Père. Ces chefs portent des noms très divers : vicaires généraux, abbés généraux, maîtres généraux, présidents, archiabbés, commissaires généraux, majors, ministres généraux, prieurs généraux, correcteurs généraux, supérieurs généraux, préposés généraux, recteurs
généraux. Leurs pouvoirs sont aussi différents suivant les constitutions. Toutefois, et malgré cette diversité, on divise le clergé régulier en six grandes classes : chanoines régulières, moines, ordres mendiants, clercs réguliers, congrégations ecclésiastiques et instituts religieux; mais dans chacune de ces classes, le nombre des religieux est fort inégal : tandis que sous le titre de chanoines réguliers, on ne comprend que les Chanoines de Latran, les Prémontrés, les Prémontrés de la Congrégation de France et les Chanoines de la Sainte-Croix, on compte vingt-quatre congrégations ecclésiastiques^ parmi lesquelles les Doctrinaires, les Prêtres de la Mission, les Sulpiciens, les Eudistes, la Société des Missions de Paris, les Passionistes, les Maristes, les Prêtres du Saint-Sacrement, etc. Parmi les clercs réguliers, les Jésuites qui sont presque seuls, suffisent pour rétablir l'équilibre.
Tout régulier qui est prêtre est, comme un séculier, accessible au cardinalat et à la papauté. En Italie, un certain nombre parviennent à l'épiscopat; ils fournissent la plupart des évêques aux sièges hiérarchisés de l'Orient et de l'Extrême-Orient et tous les titulaires affectés aux vicariats apostoliques.
Pour parvenir à la pourpre, le plus court chemin n'est point d'évangéliser les infidèles et d'affronter le martyre. Il n'est point d'exemple qu'un gouvernement bien inspiré ait réservé un de ses chapeaux pour ces missionnaires qui conquièrent des empires à la civilisation occidentale en même temps qu'à la religion catholique, et qui font tout ensemble œuvre de grands chrétiens et de grands patriotes. Si, motu proprio, le Pape créa cardinal un capucin qui, par ses missions, avait préparé la tentative coloniale de l'Italie, ce fut lui qui y pensa. Sur les dix vicaires apostoliques de ses possessions en Indo-Chine, la France, peut-être parce que le choix lui semble trop difficile, n'a jamais songé à en désigner un, ce qui serait pourtant une belle affirmation — et guère onéreuse — de la pohtique coloniale. On n'est point assez intrigant aux Missions étrangères ; il est vrai qu'on y est plus ambitieux : on y forme des martyrs, on ne songe point à former des cardinaux.
C'est dans la chapelle pontificale qu'on en fait. Car, à côté de la hiérarchie catholique qui embrasse le monde, se trouve une hiérarchie pontificale qui embrasse le Vatican. Ce ne sont pas les plus titrés ou les plus méritants qui approchent le plus près, le plus souvent, le Saint-Père, lui sont le plus agréables et se rendent chaque jour le plus utiles. Comme jadis les rois oubliaient volontiers les bons soldats qui, pour eux, mais loin d'eux, faisaient
la guerre, et laissaient volontiers les gens qui toujours étaient là, qui demandaient sans cesse et mendiaient sans honte , ramasser les emplois qui traînaient et se mettre aux places qui vaquaient, de même les papes, jadis surtout, avaient des faiblesses et des complaisances pour leurs domestiques et les grandissaient au point qu'ils emplissaient presque le Sacré Collège. Il n'en va plus ainsi ; mais certaines fonctions, par l'usage et la tradition, mènent encore au chapeau, et, pour n'être plus souveraine comme elle fut à des époques, la prélature n'en tient pas moins son rôle et n'en a pas moins son importance.
Dans les fonctions sacrées de la Chapelle pontificale, le Sacré Collège des Eminentissimes et Révérendissimes Seigneurs Cardinaux, selon leur ordre et leur ancienneté , vient nécessairement aussitôt après le Pape ; puis le Collège des Illustrissimes et Révérendissimes Patriarches, Archevêques et Évêques assistant au Trône Pontifical : dignité qui donnait jadis le droit de distribuer la décoration de l'Éperon d'or et le titre de Comte de Latran, qui ne confère aujourd'hui que certains privilèges personnels, certaines dispenses religieuses, et qui, d'ailleurs, si enviée soit-elle, est assez prodiguée, car on comptait l'an dernier douze patriarches, soixante-dix-huit archevêques et cent cinquante-deux évêques assistant au Trône Pontifical. Viennent ensuite le Vice-camerlingue de la Sainte Église Romaine, les Princes Romains laïques assistant au Trône (Orsini et Colonna), TAuditeur général de la Chambre apostolique, le Trésorier général de la Chambre apostolique, le Préfet des Sacrés-Palais, majordome de Sa Sainteté, le Ministre de l'Intérieur quand il y en avait un, et enfin les Archevêques et Évêques.
La prélature, comme on voit, s'intercale déjà avant les archevêques. La place de majordome est de celles qui mènent droit au cardinalat et on y vient de celle de maître de chambre. Quoiqu'il soit maintenant cardinal, monseigneur Macchi a si longtemps rempli ces fonctions de maîti-e de chambre et de majordome, sous Pie IX et Léon XIII, qu'il en demeure un type inoubliable. Il prenait des grâces si bien jouées; il répandait des promesses qui paraissaient si sincères; il avait, pour parler des papes, des efl'usions si profondes ; il s'entendait si bien à arroser les pèlerins altérés d'audiences ou de grâces spirituelles avec l'eau bénite de Saint-Pierre, que l'on ne pouvait lui tenir rancune si les faveurs se faisaient attendre et si, sans avoir vu le pape, les voyageurs devaient partir. Il excellait à faire accepter les retards, à donner des remises, à traîner en longueur. Son métier, facile sous Pie IX qui aimait recevoir les fidèles, avait été im purgatoire