‹ Rome, ses églises, ses monuments, ses institutionsChapitre 12 sur 53 · HO M F. H · texte numérisé non relu

HO M F. H

ces paroles de la liluryio : Isli siiiit <iui , vivcntrs in came, pUtnlavt-i'utif l'Jrrli'!<iatn s(ui(/uiiic suo. « Voiri ceux (|ui , [MMidaiit leur vie, nul IniKli- ["ar Inii- saiiL? l'Eglise de .l<^sus-(.;|jri.sl ! «)

L(! iiiaitit^-aiili'l , cnmiKts»' d'uiit» simple jtlanelif de sapin, est pcul-rtre le scnl au imiiiili' snii- l<'(pi»'| il n'y ;iit ixiinl de relicjucs. il est lui-mt'iiie uik^ n'Iitpi»' pit-cicuse : il servit ù saint Pierre pour (M'U'brer les saints mystères, et le pape seul a le privilège d'y dire la messe.

Au-dessus de Taulel, sur (quatre colonnes dt; granit, s'él«He un riche tabernacle, surmonté d'un reliquaire gothique, présent du roi de P^rance Charles V, qui le fit orner de riches pieireries et de lleurs de lis. Pie IX vient de le faire restaurer avec une grande magnificence.

La basilicpic de Saint .lean-dr-Lalran est sous la protection de la l'^rance. llrmi l\ lui lit don d<' la riche abbaye de Clairac, au diocèse d'Agcn , avec ses douze églises et son revenu de 4,000 écus. Fmi reconnaissance, le chapitre le ni»mma premier chanoine, et lui ('rigca une statue de l)i'onze (ju'on voit encore sous le jiorli(pie septentrional.

Depuis ce temps, tous les rois de l'Vance étaient de dmit chanoines de Saint-.Iean-de-Latran . et, à l'époque de la première r('|)ubli(|ue, les llomains l'appelaient en plaisantant la chanoinesse de Lati-an. .Iii-ipieii IS30, les chanoines ct-lébraient chaipie année une grandniessi" au jour anniversaire de la naissance de leur royal bienfaiteur, et rand)assadeur de France y assistait. Na|iol»''nii III vient de lenttnei- ces li'adilions, en dotant le chapiti-e de Latran d'une ivnte de 24,000 francs. Cette aimée, le chaj)itre a rei>ris ses anciens usages: l'ambassadeur de France, les géné'raux et les officiers de l'aiinée d'occupation ont assisté' à la messe solennelle dite i>our l'empereur et la France.

(»n voit encore la stalle du mi de France dans le chœur du chapitre, l^lh^ est à gauche, en lace de celle du saiiit-père. lUi dossier de la stalle i-oyale se détache une statuette de la sainte Vierge, « dont le roi île France est le vassal et le i)remier chevalier. Derrière la stalle du saint-i)ère appaiait Notre-S«ngncur, dont il est le vicaire. Que n'y aurait-il pas à dire sur cette di>position symbolique! Là nous semblent écrits et rhistuire, et la mission, et les rapports providentiels de la mère et de la fille aînée '. »>

' Lrs /roi* Hnme.

A côté de la chapelle du Chapitre, j'ai admiré celle du Saint- Sacrement. C'est l'œuvre de Paul Olivieri. Le tabernacle, entièrement composé de pierres précieuses et de marbres rares, est orné de deux anges de bronze doré et de quatre colonnes de vert antique. L'entablement et le fronton sont supportés par quatre colonnes de bronze doré qu'on dit venir du temple de Jupiter Capitolin, et qu'Auguste, après la bataille d'Actium, fit fondre avec les éperons des vaisseaux égyptiens.

Ce qui attire surtout l'attention du pieux pèlerin , c'est la table de bois sur laquelle Jésus-Christ a institué le sacrement de l'Eucharistie : elle est renfermée dans une large armoire , devant laquelle des lampes brûlent nuit et jour.

Saint- Jean de Latran est riche en reliques. Son trésor possède une partie du vêtement de pourpre qu'on jeta sur les épaules du Sauveur dans le prétoire, une partie de l'éponge trempée dans le fiel et le vinaigre , une partie de la tunique et des chaînes de saint Jean l'Évangéliste, une épaule de saint Laurent, du sang de saint Charles Borromée et de saint Philippe de Néri, etc. etc. 11 ne faut pas quitter la basilique sans aller admirer à la sacristie les belles fresques de Zuccari, qui sont un chef-d'œuvre de perspective, et le carton de Raphaël représentant la Vierge étendue sur un pré , dans une attitude délicieuse, ayant près d'elle l'enfant Jésus qui bénit saint Jean.

Le baptistère où, suivant la tradition, le pape saint Sylvestre baptisa Constantin, est à côté de la basilique. Cet empereur étant atteint de la lèpre, ses médecins lui prescrivirent de prendre un bain dans le sang de jeunes enfants. Il se disposait à suivre leur conseil, lorsque les bienheureux apôtres Pierre et Paul lui apparurent pendant la nuit, et lui défendirent d'user de ce remède impie. Après cette vision , Constantin alla trouver le pape saint Sylvestre, demanda le baptême, et la lèpre disparut. Vous visiterez avec émotion le baptistère où l'empire romain se fit chrétien. Il était digne de la munificence impériale. Aujourd'hui qu'il est dépouillé de toutes ses richesses, de ses statues d'or et d'argent, il ne laisse pas d'être encore fort riche par ses marbres, son porphyre, son bronze et ses peintures. Les fonts baptismaux, formés d'une urne antique en basalte ornée de bronze doré , sont au centre d'une salle circulaire pavée de beaux marbres. Huit colonnes de porphyre soutiennent un architrave octogone , surmonté

lui-même do liuit autres colonnes de marbre blanc (jui porlcnl un second arciulrave, sur lequel sont inscrits d<;> dislicjucs latins' résumant toute la doctrine de D-^glise sur \r liajilème. Audessus sont huit j)ilastres enrichis de peintures (jui raitp»;llont diflérents tiaits de la vie de saint Jean.

Visitons niaintenanl le nuisce chrétien de Lalran, fornu; par IMe 1\. 11 y a dans ce musée une belle collection de sarcophages chrétiens des iv° et v° siècles. J'ai remarqué celui qui a été trouvé sous le pavé de Saint-Paul, près de la tombe de i' Apôtre, et qui appartient probablement à un personnage; consulaire. C'est un travail très intéressant et très compliqué comme sculpture, représentant plusieurs faits de l'Ancien et du Nouveau Testament. Le sujet principal nous montre la sainte Trinité, Père, Fils, et Saint- Esprit, créant rhomme à son image, et la Vierge, avec l'enfant .lésus, assise sur un trône semblable à celui du Père éternel. Le Saint- Lsprit se tient derrière, et rec^oit les dons des Mages: sa présence indique la part qu'il a prise à l'Incarnation. La place occupée dans ce sujet par la sainte Vierge semble indiquer l'époque où il fut sculpté. Ne serait-ce point dans les années voisines du concile d'Éi)hèse, et n'a-t-on point voulu faire ressortir le privilège de la maternité divine, attaqué par Nestorius?

Voici maintenant les inscriptions et quelques fresques tirées des catacombes. Le chevalier de Uossi les a divisées en trois catégories : Inscnptiones selecUv. — Ad dogmata fidei sprdantcs. — Inscriptiones ccrtam ionporis notain rxhibenles. Ces inscrijitions forment le sujet d'une étude fort intéressante; elles indiquent les usages et les mœurs de la société de cette époque. On voit ce que les idées chrétiennes ont donné à ce peuple de noblesse et de d«''licatesse dans le sentiment. Il on est une (jui m'a paru si suave et si pleine «l'amour pour Jésus-Christ «juo je n'ai pu résister

> Ces distiques sont de lV|ioque de yixle III {'t^2-VW). F'n voici quelques-uns dos plus remarquables :

Fons hic csl vitx quae loluni diltiil orl^em,

Sumens de Xrisli vulncre principiuni.

• lœloruni regno sperate , hoc fonte ronati ;

Non rccipil folix vila semcl gcnitos.

Gens sarranda polis hic seminc nascilur aimo

Quam fœrundatis spiritu^ cdit aquis; Mergcro pecralor sacrn purj^ando flucnlo

Quem velcrcm acripiet proforcl unda novntn. Nulla rcnasc«nluni est dist.intia , quos facit unoni ,

Unas fons, unus spiritas, una fldea.

au plaisir de vous l'envoyer. La voici dans toute sa simplicité : Adeodatœ dignœ et meritœ Virgini , et quiescit hic in pace, Jubente XPO ejus. Ame chaste dont le corps repose ici en paix, vous avez quitté le monde parce que votre Christ, votre époux Ta voulu. Heureuse vierge Adéodate , priez pour nous votre Christ et le nôtre !

Il ne reste plus rien de l'ancien palais de Latran habité par les papes. Sixte V le fit abattre; dans les salles qu'il a fait reconstruire, on admire une vaste mosaïque prise dans les thermes de Caracalla, et représentant les combats des gladiateurs.

On peut se faire une idée de la richesse et de la décoration de l'antique demeure des papes, en examinant la belle mosaïque qui faisait autrefois partie du Tridinium, bâti par Léon III, et que Benoît XIV fit placer dans une grande niche adossée au midi de l'édifice qui renferme le saint escalier. Elle est remarquable par les vives couleurs de ses peintures ; mais pour beaucoup elle est une énigme. C'est une page d'histoire ; elle fait allusion à l'institution du saint-empire , et a pour but de montrer la nécessité de l'union de la société spirituelle et de la société temporelle.

Le tableau du milieu représente Jésus-Christ donnant aux apôtres la mission d'aller enseigner le monde. Le Sauveur tient dans la main un livre sur lequel sont gravées ces paroles : Pax vobis.

Les apôtres relèvent leurs manteaux comme des hommes qui se disposent à partir. Sur le côté droit de l'abside, Notre-Seigneur, assis, donne les clefs à saint Sylvestre, et l'étendard à l'empereur Constantin ; tous deux sont à genoux.

Le côté gauche représente saint Pierre assis , revêtu d'une tunique blanche et d'un manteau. Saint Pierre a sur ses genoux les clefs. Il donne le pallium au pape Léon III et l'étendard à Charlemagne ; tous deux sont aussi à genoux , l'un à droite , l'autre à gauche. Au bas de ce groupe on lit l'inscription suivante :

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