LES CARDINAUX
Mon clier aini ,
Les cardinaux forment le sénat du saint-père; ils composent son conseil ; et saint Bernard , écrivant au pape Eugène, les appelait les compagnons de ses peines et ses coadjuteurs. La dignité cardinalice est la première après la suprême, les cardinaux sont à Rome ce que sont ailleurs les princes du sang, et celui qui attententerait à leur vie serait condamné comme coupable de lèse-majesté. En France, notre constitution leur donne rang, autour du trône, immédiatement après les princes du sang.
Les cardinaux sont, dit-on, les successeurs des anciens curés de Rome, qui, dans les premiers siècles, composaient naturellement le conseil du saint-père. Longtemps le nombre des cardinaux fut laissé à la volonté du pape; mais, depuis Sixte V, il est irrévocablement fixé à soixante-dix, en souvenir, dit le pontife, des soixante-dix vieillards dont Moïse s'entoura pour profiter de leurs conseils et de leur expérience dans le gouvernement du peuple de Dieu
Le sacré collège se divise en cardinaux-évêques, cardinauxprêtres, cardinaux-diacres.
Les cardinaux-évêques, au nombre de six, occupent les six sièges les plus proches de Rome : d'Ostie, de Porto, de PYascati, d'Albano, de Sainte- Sabine et de Préneste. Le plus ancien de ces cardinaux est le doyen du sacré collège; et c'est ordinairement l'évêque d'Ostie. Il tient toujours le premier rang après le souverain pontife; c'est à lui que les ambassadeurs font les premières visites, à lui que les cardinaux nouvellement créés doivent offrir les premiers hommages. Il a le droit de consacrer le souverain pontife, s'il n'est pas évêque au moment où il est élevé sur la
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chaire de suint Pierre, et ee droit lui coiifèie le priN ilrire <!•• \)<i\ler le pallium.
Les cardinaux-prèlres, au nombre de ciiiquanle-Mx , reçoiveiil un litre au moment de leur promotion. Ce litre n'est autre qna celui d'une de ces églises dont les anciens cardinaux ou cuiés étaient autrefois sim[)les titulaires, dont ils deviennent aujourd'hui les protecteurs.
11 y avait aussi dans les premiers siècles de l'Ey;lise, à Home connue à .lérusalem, sept diacres charL,'^és d'assistei' l'évèque dans ses fonctions, et auxquels le soin des pauvres et des veuves était plus spécialement confié. Les églises où ils exerçaient le plus ordinairement leurs fonctions furent appelées des diaconies. Le plus illustre de ces diacres, à Uome, fut saint Laurent. En souvenir de celte institution, l'Église a établi quatorze diaconies. dont le titre est porté par des cardinaux-diacres. Le cardinal Antonelli , secrétaire d'État, appartient à ce dernier ordre.
Les cardinaux peuvent être choisis dans le clergé séculier et régulier appartenant à toutes les nations.
Toutefois, comme ce sénat doit être le plus recommandable de tous par ses vertus, par sa science et par son désintéressement, certaines conditions ont été déterminées par les souverains pontifes pour l'élection de ses membres. Pour conserver dans >on sein une sage et ferme indépendance, l'espiit de fanjille doit en être banni, et les deux frères, les deux cousins, l'oncle et le neveu ne peuvent en même temps siéger dans cette auguste assemblée. Afin de le préserver de l'inlluence trop directe des puissances, on ne doit pas revêtir de la pourpre, facilement et en grand nombre, les parents des rois et des jdinces. La science y comj»te toujours d'illustres représentants : il doit y avoir dans le sacré collège plusieurs docteurs en théologie. Sixte V recommande d'y faire entrer plusieurs religieux, et de les choisir de prélV'ronCe i)armi les ordres mendiants.
Toutes ces pr«'*cautions se comprennent et s'expliquent par la haute dignité dont ils sont revêtus : ils composent la cour du saint-père, ils administrent l'Eglise j)endaiil la vacance du saintsiège, etenlin c'est dans leur soin cjuon choisit le chef de rÉgli.se universelle.
Il y a toujours un certain nombre de cardinaux résidant à Home : d'après le dernier recensemenL ce nombre s'élève à trente-