LE CAPITOLE
Musées. — Ara Cœli. — Prisons Mamerlines.
Mon cher ami,
Vous souvient- il du temps où nos jeunes imaginations s'enflammaient au récit des grandeurs de Rome? Nous rêvions Capitole, roche Tarpëienne et Champ-de-Mars. Ce n'est pas que nous nous sentissions fort attirés vers ces oies du Gapitole qui furent la cause de la défaite de nos pères; mais pour nous ce lieu était le symbole du triomphe et de la gloire, l'image de la vraie grandeur.
Je vais gravir cette célèbre colline, et puisque je ne puis vous faire participer à mon bonheur, je veux du moins essayer de calmer vos regrets en vous envoyant le récit de ma promenade.
Que de réflexions se présentent à mon esprit! Ici, le Gapitole, le lieu du triomphe; là, la roche Tarpéienne, le lieu du supplice. Hélas ! les larmes sont bien près du rire : Exlrema gaudii luctus occupât, a dit l'Esprit- Saint. Vérité que Rome a rendue saisissante par le voisinage de ces deux lieux si divers et si célèbres.
Mais laissons la philosophie, et montons au Gapitole.
Le Gapitole moderne est bien différent de l'ancien. On peut dire qu'il n'a conservé aucune trace de la disposition primitive. Il avait autrefois deux sommets, entre lesquels se trouvait une petite place, nommée intermontium ; c'est le Gapitole actuel. Sur le sommet oriental s'élevait le temple de Jupiter; l'autre sommet, vis-à-vis, était cette citadelle que Tacite déclarait inexpugnable: Munitissimam Capitolii arcem, et ne magnis quidem exercitibus expugnabilem. Le temple de Jupiter Gapitolin, celui de Jupiter Enfant, templum Ve-jovis, l'arc de Scipion l'Africain, celui de Néron, le Tabularium , où l'on conservait les lois; V Athenpeum, ,