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larii^iie lalino esl loiii" l.iniriH' maloiiicllc; <-nrnme rKgliso, ollc est universelle.
Enfin riieurt' de ninn aiulirnct! r-l .uiivée. .le suis le prélat qui m'annonce, j'entre, je nie imisterne, et dt'jà jVuitends la voix paternelle de Pie IX, (pii in'jippelle avec bonté [»ar mon nom.
.l'avance avec confiance, je me prosterne à ses pieds; il me tend la main, je la saisis avec empressement, et je la presse sur mes lèvres. Il me fit signe de me relever. Il était assis devant son bureau de travail, sur lequel brûlaient quelques boutrics. Un peu renverse sur son fauteuil, il m'entielint , pendant un quart d'heure, comme s'il n'eût eu au<"unc affaire plus importante.
Vous devinez aisément cpiel fut le llième de cet entretien : Tours; son grand archevêque, dont il loue la fermeté et la sagesse dans la part qu'il a prise aux luttes de l'Eglise; Saint- Martin, dont il a béni les projets de reconstruction, furent l'objet des questions du saint-père. Lui qui a la sollicitude de toutes les Églises, s'occupa de la basilique de Saint- Martin avec un intérêt réel, qui se traduisait par les questions les plus minutieuses sur les projets et les moyens d'exécution de notre vénérable archevêque.
« C'est une grande œuvre, me dit-il en terminant, il ne faut pas se décourager.
— Saint- Père, Monseigneui- est plein de confiance, et la bénédiction que vous avez donnée à son dessein lui garantit le succès.
— Allons, allons, c'est bien, » me dit-il avec ce SDurirc lin (pii le caractérise.
J'étais ému jusqu'aux larmes, et cependant je me sentais heureux et à l'aise, (^'est bien un père qui m'a reçu! Ah! mon cher ami, si vous eussiez entendu celte parole alTectueuse et si digne, si familière et si noble!... si vous eussiez vu cette physionomie pleine de douceur, ce sourire angélique, ce regard franc, fin et pénétrant, vous poïirriez comprendre mon émotion!
Non, jamais je ne saurais vous dire tout ce (pic la vue de Pie IX a laissé dans mon cœur de douces et vivifiantes impressions. Je comprends tout l'enthousiasme que suscite sa personne. Ce n'est pas seulement la franche et paternelle cordialité avec laquelle il reçoit, qui vous touche; mais «m l'approchant on sent
ce je ne sais quoi qui ressemble beaucoup à cette vertu qui sortait de Jésus quand les malades s'approchaient de lui.
Pie IX, en effet, n'est pas seulement un grand et illustre pape, c'est aussi et surtout un pieux et saint pontife. On devine à sa physionomie, qui ne ressemble à aucune autre, et qu'on dirait transfigurée par la grâce, toute la beauté de son âme. L'avoir vu est la plus grande joie de ma vie, et, après mon sacerdoce, je suis tenté de croire que c'est une des plus grandes grâces de Dieu.
I' I l: IX
Mon cher ami ,
Je veux encore vous parler aujourd'hui de IM»' l.\. Qui pourrnil dire toute la joie que donne sa vue, toute la force que conmiuniijue sa parole, et toute la douceur (jui accompagne le souvenir de l'avoir vu, seulement (juelques instants, d'avoir senti un jour cette main appuyéo sur sa tète, et d'avoir entendu ces paroles : « Mon fds, je le bénis! »
Joie inetïableî bonheui* dont nulle expression ne saurait donneiune idée, tous ceux qui ont vu Pie I\ l'aiment d'un amoin* ardent. Tous ceux qui l'ont entendu le bénissent el donneraient leur vie pour protéger la sienne. Et quand on l'a vu, on éprouve un be>oin impérieux (!»• parh'idc lui. de le l'aiiv connaître, d»^ le fain' aimer.
Il me semble, mon bon ami, que vous auriez une idée fort incomplète de Home et des joies qu'on y trouvr. si je ne vous parlais plus longuement du grand et saint papr (jui occupe aujiiuid'hui le siège de Pierre d'une manit'Me si («vidrmmt'nl providentielle.
Quel fécond et glorieux pontificat, en elTet! Pie 1\ est le deux cent cinquante-neuvième successeur de saint Pierie, et pendant les vingt-six années qui viennent de s'c'couler depuis son élection', il n'a compté que queUiues heures l\ peine de trarupiillilé et de paix, et ces heures ont passé aussi rapi<leinent (ju'un éclair. Mais ces épreuves et ces luttes ont été la source de la fé«'ondilé' (le son pontificat. Le courage se fortifie dans le combat, la vertu s'épure dans la douleur, et Jésus-Christ n'a conquis le monde qu'après avoir été bafoué, insulté et rrucifiiv Pi»' l\ n gravi |ilusi»Mirs fois
■ Du i)'. iniii Hi«>nu iii<ii< dOri.ibre \b7l.
le Calvaire, ou plutôt il n'en est jamais descendu depuis le jour où il s'est assis sur la chaire de Pierre, aux acclamations du monde entier. Les enthousiasmes et les ovations populaires des premières années de son règne n'étaient que le prélude du combat; l'ennemi cherchait à séduire le pontife par le prestige d'une popularité qu'il n'ambitionnait pas, d'ailleurs, et dont il n'eût voulu à aucun prix si, pour l'atteindre, il eût fallu sacrifier le devoir.
Pie IX ne se laissa donc point aveugler par les applaudissements que lui valurent certaines réformes sages et importantes. Il s'arrêta à temps. Inébranlable et confiant dans la mission. divine, dès le princiqe il appela avec force l'attention des catholiques sur le danger des erreurs qui avaient cours et qui étaient , hélas ! accueillies sans défiance , et quelquefois avec amour, par ceux-là même qui auraient dû les combattre. La révolution, ne pouvant rien gagner, par ses flatteries et ses ovations, sur la conscience et la droiture du pontife, changea ses batteries, elle devint exigeante, et Pie IX se montra dès lors ce qu'il a toujours été depuis. Aux exigences injustes et coupables de la révolution , comme aux insinuations hypocrites et perfides des politiques, il opposa avec une douce fermeté ce non possumus qui fait sa force et sa grandeur. Non posso, non debbo, non voglio, je ne puis, je ne dois, je ne veux : voilà le granit contre lequel sont venus échouer jusqu'ici tous ceux qui ont voulu faire dévier le pontife des sentiers de l'honneur, de la justice et de la vérité.
Ce sera l'une des plus grandes gloires de Pie IX d'avoir toujours porté haut le drapeau de la vérité. Il n'ignorait point que proclamer les vérités divines au moment où on les attaquait violemment, relever les dogmes alors qu'on voulait les amoindrir, condamner des erreurs que l'on caressait, c'était déchaîner contre lui les fiots d'une fureur insensée, et que, sous les étreintes du pied qui allait l'écraser, l'antique serpent se réveillerait avec plus d'audace, avec plus d'astuce que jamais. Mais Pie IX voyait la foi du monde en péril, et il se souvint de la mission qu'il avait reçue de paître les agneaux et les brebis. Dès son avènement au souverain pontificat, il signala au monde tout ce qu'il avait à redouter de la doctrine révolutionnaire.
La proclamation du dogme de l'Immaculée Conception, en 1854, qui fut le premier coup porté par Pie IX au gallicanisme et à Théré-
ROMK
sic, fut aussi le principe des haines suscitées par l'enfer contre le pouvoir spirituel du pape. Il condamna, en 18;io, les premières tentatives sacrilèjres du F'iémont, qui s'emparait des biens des couvents. Au mois d'oclobre 18'j8, il (iffiriiKi liaiilomcnl la sainteté
Le pape F^ie IX.
et l'inviolabilité du caractère rc«^u au saint bajilcmc , à l'occasion d'un enfant juif baptisé par une servante. Pie IX l'avait placé dans un couvent, et les journaux du temps Tnccusèrent de violer les droits du père. Connu sous le nom (VafJ'aire Mortara, cet événement donna lieu à un déchaînement e.xlraordinaiie de haines et
de calomnies contre l'Église et contre le pape. Ce fut le premier acte du long et douloureux drame qui devait aboutir à la destruction du pouvoir temporel de la papauté. Pie IX défendit avec intrépidité l'Église persécutée, quelle que fut la puissance des persécuteurs : en 1863, oubliant ses propres malheurs, il écrivit au czar de Russie, et seul il protesta en faveur de la catholique Pologne indignement maltraitée. En 1864, il publia le Syllabus; et cette longue liste des erreurs contemporaines, qui ne tendaient à rien moins qu'à détruire la raison et la foi, condamnées et anathématisées par Pie IX, excita au plus haut point les clameurs de l'enfer. Le coup le plus terrible et le plus courageux porté à la révolution fut l'allocution Multiplices, par laquelle, en 1865, il signalait aux gouvernements et aux princes la franc-maçonnerie comme l'ennemi le plus acharné et le plus dangereux pour leur autorité et leurs trônes. Cette longue série de luttes contre le mal et l'erreur s'est terminée par la convocation du concile du Vatican, 011 fut proclamé le dogme de l'infaillibilité pontificale.
Telles sont les œuvres de Pie IX pour empêcher le monde d'être submergé par l'erreur, dont le flot monte toujours. Pilote prudent et actif, il veille, et, quand il voit le danger, d'un coup de gouvernail, selon l'expression de Louis Veuillot, il remet la barque dans sa route. Que lui font les hurlements de la tempête! Ceux qui sont dans la barque ne périront pas.
Mais, mon cher ami, pendant que le monde qu'il condamne cherche le moyen de le perdre , tous ses enfants se serrent autour de lui et plus nombreux et plus dévoués. Toutes les insultes dont on l'accable, toutes les calomnies dont on l'abreuve, toutes les humiliations dont on l'entoure, ne servent qu'à faire briller d'un plus vif éclat la majestueuse sérénité de son âme et à faire ressortir la calme et sublime énergie de son caractère. Jamais la papauté n'a été plus outragée, et jamais aussi elle n'a été plus honorée. Jamais elle n'a été plus bassement trahie, jamais on ne l'a plus passionnément aimée et plus fidèlement obéie. Pie IX parle, et, de toutes les parties du monde, les évêques, les prêtres, les fidèles accourent à la voix du pontife; ses désirs sont des ordres, et sa cause compte des dévouements héroïques et nombreux.
Jamais la papauté n'a été plus abandonnée , et jamais aussi elle n'a compté tant et de si illustres défenseurs. On a voulu la réduire à la faiblesse et à l'impuissance, et ses enfants ont envoyé
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à Rome des millions pour aidrr à soiitonii- encore, av<;c. dignité et grandeur, 1q générosité du pontilé et la majesté du souverain. Depuis plus de vingt ans, la France lui donne son or et le sang de ses enfants. Et nulle puissance catholicpir n"a voulu rester étrangère à la détresse et à l'appel de son père.
Un vénérable prélat, il y a quelques jours, me racontait qu'il disait à Pie IX : « Très Saint-Père, il est heureux que la Providence vous ait placé à la tète de son Eglise à une époque où elle est si violenmient attaquée! Malgré tout, en attaquant votre gouvernement, Timpiété est forcée de rendre hommage à votre caractère et de subir l'ascendant de vos vertus. — Mon fils, répondit le pontife. Dieu n'a jamais cessé d'assister et d'aider les papes. »
Assurément, monciier ami, l'Esprit-Saint éclaire et guide ceu.x qu'il a choisis pour gouverner son Église; mais parmi tous les pontifes qui ont illustré la chaire d<' Pierre, Pie IX occupera une place à part. Toujours au milieu de la lutte, aucun pontife n'aura cependant travaillé plus que lui pour l'extension de l'Église; nul n'aura plus fait pour sa gloire. Dépouillé de tous ses États et de sa couronne de souverain, nul n'aura eu plus que lui la majesté et la dignité d'un roi. Que d'actes importants, dont un seul suffirait pour illustrer tout un règne, n'a-t-il pas accomplis dans les vingt-cinq années qui viennent de s'écouler!
En 1850, il rétablit la hiérarchie ecclésiastique dans le royaume d'Angleterre; trois ans plus tard il fait de même pour la Hollande.* L'Orient s'émeut à sa voix; un paliiarche lalin réside à Jérusalem. Dans l'Asie Mineure et la Syrie, Smyrne, Éphèse, Anlioche se rallient chaque jour plus intimement à l'autorité de I^ieire.
Il désire que l'unité de la liturgie s'élablisstî dans l'Église universelle, et tous les diocèses obéissent à ce vœu.
Plus de deux cents prêtres viennent à Home, une jtiemicre fois, en 1854, pour assister à la proclamation du doiime de l'Immaculée Conception; huit années après, en 18Gi*, trois «-enls s'y rendent de nouveau pour la canonisation des martyrs japonais. Le dix- huitième centenaire du martyie d<' >aint Pieric devait en attirer un plus grand nombre. Pie IX n'a exprimé qu'un désir, et de toutes les parties du monde on a vu les évèques accourir.
H a placé sur les autels un nombre si considtTable de serviteurs do Dieu, (pie très pou de papes ont célébr»' autant de canonisations
que lui. Il a voulu proposer au monde , entraîné vers Tabîme par les scandales de. toutes sortes , des modèles de vertu pour le sauver, et présenter à Dieu des victimes pures et innocentes pour désarmer sa justice.
Et malgré tous ces travaux, malgré la sollicitude de toutes les Églises qui lui incombe chaque jour, Pie IX trouve des loisirs pour s'occuper des sciences et des arts, de tout ce qui, en un mot, intéresse la civilisation et la grandeur d'un peuple. Malgré sa pauvreté, il trouve de l'argent pour réparer les églises, faire des fouilles dans les quartiers encore inexplorés de la ville des Césars ; il fait bâtir des hôpitaux qui ressemblent à des palais.
Par ses ordres et avec son argent, Saint-Paul est achevé; Saint- Laurent, Sainte-Marie-du-Transtévère, etc.-? sont rajeunis et restaurés presque entièrement à neuf. Soixante-quinze églises , dans les Etats de l'Église, lui doivent leur restauration ou leur ornementation.
Les catacombes sont explorées de nouveau sous la direction du savant chevalier de Pxossi, dont il encourage les importants travaux; Vemporium d'Auguste et de Néron, exploité et fouillé par le baron Visconti, fournit des richesses incomparables, et les marbres les plus rares et les plus précieux apportés de toutes les parties du monde, réunis là, comme dans un dépôt, parles anciens romains, servent aujourd'hui à orner les temples et les édifices chrétiens.
Sous son règne, les écoles, les asiles se sont multipliés; les études ont été encouragées et relevées. Un institut agricole, fondé à la Vigna-Pia, témoigne de la sollicitude du pape pour les intérêts et les progrès de l'agriculture. Le dessèchement des marais Pontins, la création des chemins de fer, les travaux de Civittà-Veccliia , les fouilles d'Ostie retrouvée, le port de Ravenne agrandi, etc., tous ces travaux attestent l'infatigable activité du roi et la sollicitude du père, pour faire jouir ses sujets de tous les avantages matériels que nous devons à l'industrie et à la science modernes.
Que dirons-nous maintenant de son inépuisable charité? Il vient de faire construire des maisons pour y loger les ménages pauvres. Il répand partout d'abondantes aumônes autour de lui, à Rome, et dans les provinces autrefois soumises à son sceptre. Une ville, une province sont frappées d'un fléau redoutable, vite Pie IX
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ouvre sa bourse, et il envoie ju^(llle dans les conlrécs les plus éloignées les preuves de sa munificence et de sa bonté.
Et au milieu de tous ces grands soucis, accablé par tous les immenses travaux attachés à sa triple dii:nité de père, de puiitife et de roi , on se demande comment il peut encore rerevoir un si
grand nombre de visiteurs. Cliacpic jour il reçoit des pèleiin.s,
évèques, lu'èlres, personnage^; politiques, simples fidèles, — qui sont venus des parties du monde les plus éloignées, uniquement pour le voir. Et Pie IX se livre à tous avec une bonté et une paternelle familiarité qui ne nuisent en rien à la majestueuse et noble attitude de sa personne.
.l'avais bien raison de vous dire, n'est-ce pas? mon cher ami, que Pie IX était vraiment le pape choisi parla Providence pour notre temps de décadence morale et d'obscurcissement intellectuel. V'oilà vraiment Thomme qui sauverait la société, si la société voulait être sauvée. Il possède la lumière et l'amour; mais l'esprit moderne prétend que la lumière et l'amour ne viennent pas du Christ, et il étoufTe la voix de Pie IX, qui l'importune et le gène. En attendant, le monde retourne à la barbarie et aux horreurs du paganisme. Espérons néanmoins; Dieu n'a point lait d'exception en laveur de Pie IX sans un dessein bien arrêté de sa miséricorde. Seul, des deux cent cinquante -neuf papes qui l'ont précédé, il a vu les années de Pierre; les années et les épreuves n'ont point abattu sa vigueur et son énergie, et, de son palais du Vatican devenu une prison, il exerce toujours la même autorité sur les consciences et sur les âmes. Plus (pie jamais, comme Jésus sur la croix , il attire à lui tous les cœurs. Il est encore le vrai loi de Rome et le Seul maître des intelligences'.
> Ces .icrnières lignes uni élè édiles on octobre ls72. l'io IX ne sort [>\us du Vatican depuis le 2() septembre 1870, époque où les troupes de Victor-Emmanuel sont entrées à Rome. Le saint-père, qui entend souvent crier sous ses lentMres : Mort au pape: ne peut plus parcourir sa ville sans exposer imprudemment se- jours, ou du moins sans y être insulté et sans y rencontrer des scaudales dont la vue lattrisL-rail profondément.