‹ Rome & ses monumentsChapitre 100 sur 384 · MARTYRE DE SAINTE AGNÈS · texte numérisé non relu

MARTYRE DE SAINTE AGNÈS

«• époux fait la garde autour de moD corps pour qu*il demeure immaculé.» Sur cette réponse, le proconsul la fit dépouiller et conduire aux lieux infâmes. Mais voilà que ses cheveux poussèrent miraculeusement partout et qu'elle s'en vit revêtue comme d'une robe ou d'un manteau. Arrivée dans la caverne impure, elle y trouva Tange du Christ, qui Tillumina de son auréole, et lui donna une tunique blanche comme la neige; et ainsi ce lieu impur devint un tabernacle de pureté et de prières.

Or le fils du proconsul arriva près d'elle avec d'autres jeunes gens ; mais ceux-ci, eCTrayés du miracle, s'enfuirent en louant Dieu. L'insensé voulut aller à Agnès; mais l'ange le frappa et il tomba mort. A cette nouvelle le proconsul vint en pleurant vers la vierge, et lui demanda comment son fils était mort. Agnès répondit : — a L'époux dont il voulait souiller l'épouse, » Ta frappé et l'a tué. » Le proconsul lui dit : -* « Si tu le ressuscites, tu n prouveras que ce n'est pas toi qui l'as tué avec tes sortilèges. » Agnès s*étant mise en prières, le jeune homme ressuscita, et il confessa le Christ.

Alors les prêtres des idoles ameutèrent le peuple et ils crièrent : « A mort » la magicienne! à mort l'enchanteresse ! celle qui ensorcelle les âmes et » qui charme les esprits. » Le proconsul voulait la délivrer ; redoutant la colère du peuple, il l'abandonna à un vice-proconsul nommé Aspasius, et j] s'éloigna contristé.

Aspasius la fit jeter dans un bûcher ardent; mais la flamme s'écartant, se fendit en deux, et alla se jeter au milieu de la foule, sans que la vierge en sentit seulement la chaleur. Alors Aspasius ordonna à un confecteur de lui enfoncer le glaive dans la gorge; et c'est ainsi que le Christ s'unit à son épouse, dans les noces sanglantes du martyre. Comme les chrétiens et les parents d'Agnès l'ensevelissaient et se réjouissaient dans le Seigneur, ils échappèrent à grand'peine à la rage des païens qui commençaient à les lapider. Le huitième jour après sa mort, ses parents étaient venus pour veiller à la grotte de son sépulcre : tout à coup, dans le silence de la nuit, ils voient un chœur de vierges qui, revêtues de cyclades tissues d'or, passaient au travers d'une grande lumière, et au milieu d'elles, la bienheureuse vierge Agnès parée aussi de cette cyclade éblouissante, et à sa droite, un agneau plus blanc que le lait. A ce spectacle, ils sont frappés de stupeur, ainsi que tous ceux qui étaient avec eux. Agnès pria les vierges saintes de s'arrêter un peu ; et debout devant ses parenLs, elle leur dit : « Vous voyez que vous ne devez pas me pleurer comme une morte ; mais réjouissonsnous-ensemble et félicitez -moi, parce que j'ai été reçue avec ces compagnes dans les demeures lumineuses, et que je suis unie dans les cieux à celui que j'ai aimé sur la terre de toute ma puissance d'aimer. » El ayant dit ces choses, elle passa (4). C'est en mémoire de cette vision que, tous les ans, à la fête d'Agnès, on bénit de petits agneaux.

(4) Actes de S. Agnès, traduits par de Saint-Victor, Fleurs des Saints, p. 366,

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