MARTYRE DE SAINTE AGNÈS
qu'elle De remonte qa*au Vlh siècle. Comme la plupart des antiennes du bréviaire romain sont empruntées à ce récit qui ne 6*écarte cependant, dans ce qu*il a d'essentiel, ni des hymnes de Prudence, ni du traité de saint Ambroise, ni de ce que les autres Pères ont écrit sur ce sujet, nous aimons à la donner ici. D'ailleurs la naïveté et la grâce touchante dont elle est imprégnée nous y engagent également.
Ce fut à Page de treize ans qu'Agnès, vierge très-prudente, passa de la mort de la chair à la vie éternelle de Tâme. A ne compter que ses années, c'était encore une enfant, mais déjà son esprit avait atteint toute sa maturité. Comme elle revenait des écoles, le fils du procunsul la vit et il l'aima ; il lui promit des diamants, des perles, des richesses royales, si elle consentait à l'épouser. Mais Agnès lui répondit : — « Loin de moi , pasteur de » mort, brasier de péché : car un autre amant t'a prévenu auprès de moi, » et c'est lui que j'aime. » Et elle commença à louer et à glorifier celui qu'elle aimait ; et elle vantait en lui cinq choses : premièrement sa noblesse, puis sa beauté, son opulence, sa force, et enfin l'immensité de son amour. « J'aime, lui disait-elle, celui dont la noblesse surpasse celle des rois et des » tétrarques; celui dont la mère est vierge; celui que servent les hiérar- » chies des anges, et dont le soleil et la lune contemplent la beauté; celui » au souffle duquel les morts ressuscitent, dont l'attouchement guérit les » malades ; celui dont l'amour est pur, Tattouchemeot chaste, et l'union, la » virginité même. » Puis elle dénombra cinq bienfaits que l'époux apportait en dot aux épouses : — « Car, disait-elle encore, il leur passe au doigt » l'anneau de la foi, il les revêt de la robe aux couleurs variées des vertus ; » il les marque au front du sang de sa Passioo, il les enlace à lui par une » chaîne d'amour, et il les dote des trésors do la gloire céleste. » Et Agnès » ajoutait : « C'est lui qui m'a passé au doigt l'anneau des noces mystiques, » lui qui a ceint mon cou d'un collier de pierres précieuses. 11 m'a revêtue » d'une cyclade tissue d'or, et il m'a donné pour atours des diamants sans 9 prix. 11 m'a marquée au front, pour que chacun voie bien que je suis à » lui, et que je ne puis être à un autre. Son sang a teint mes joues de sa » rougeur; ses tendresses sont virginales, et il m'a montré les trésors in- » nombrables que je posséderai, si je lui suis fidèle. »
Alors l'insensé jeune homme qui la recherchait, tomba malade. I^es médecins dont il réclama les soins, dirent que le refus d'Agnès était l'unique cause de ce mal. Le père fit donc venir Agnès, et il lui dit « que son fils se n mourait pour elle. » Mais la bienheureuse répondit « qu*elle ne pouvait « violer la foi qu'elle avait jurée à son premier époux. » Le proconsul lui demanda « quel était ce premier époux. » Agnès répondit que c'était « le Christ. » Le proconsul chercha à l'ébranler d'abord par les caresses, puis par les menaces ; mais la jeune fille restait inflexible. Alors le proconsul lui dit : — « Choisis : ou sacrifie sur le champ à Vesta avec nos vierges, ou je >• te ferai jeter au lupanar. » Agnès répondit : « Je ne sacrifierai point et le » lupanar me rendra vierge comme il m'aura reçue : car Fange de mon