VIE DE SAINTE CECILE
de bains, que les exécuteurs auraient cbaufTée outre mesure, afin de l*y étouffer. La sainte y passa tout le jour et toute la nuit, sans même éprouver un commencement de sueur, quoiqu'on ne cessa d*attiser le fourneau {hy^ pocau$tum) qui était sous la salle et qui y yersait continuellement une chaleur étouffante. Le préfet Payant su , envoya décapiter dans la salle même du bain celle que le feu ne pouvait atteindre. Le licteur, même au troisième coup, ne put entièrement abattre la tète, et laissa la vierge à demi morte et baignée dans son sang. Une loi défendait au bourreau, qui, après trois coups, n'avait pu achever sa victime, de la frapper davantage. Sainte Cécile resta trois jours entre la vie et la mort, étendue dans la salle du bain. Elle encourageait les chrétiens à la persévérance, elle consolait les pauvres. Le troisième jour, le pape Urbain étant entré dans la salle, elle lui dit : « Père, f ai demandé au Seigneur ce délai de trois jours, pour remettre aux mains de votre béatitude mon trésor; ce sont les pauvres que je nourrissais, et auxquels je vais manquer. Je vous lègue aussi cette maison que j'habitais, afin qu'elle soit par vous consacrée en église et qu'elle devienne à jamais un temple du Seigneur. » Ayant ainsi parlé, elle rendit sonftmeàDieu (4).
Urbain I construisit cette église l'an 230, sur l'emplacement même de la maison où mourut sainte Cécile. Ce sanctuaire formait déjà un titre presbytéral au V« siècle. Au VP siècle le pape Vigile, devenu légitime successeur de saint Pierre, y célébrait les saints mystères, quand Anthemius Scribon vint l'y saisir par ordre de l'impératrice Théodora. Pascal I la reconstruisit en 821, en lui donnant la forme basilicale ; il orna l'abside de mosaïques et transféra solennellement dans la crypte les reliques de sainte Cécile, qu'il avait trouvées miraculeusement dans le cimetière de Prétextât. Pour assurer dignement le service religieux, il joignit à l'église un monastère en l'honneur des saintes martyres, Agathe et Cécile. Ce monastère, occupé d'abord par des Bénédictins, passa ensuite aux Humiliés, congrégation supprimée dans toute l'Eglise au temps de saint Charles Borromée. Clément VII plaça à Sainte-Cécile les religieuses de SaintrBenoît qui restaurèrent l'église et agrandirent le monastère. L'an 1899, le cardinal Paul Sfondrato, neveu de Grégoire XIV, restaura entièrement la basilique et la confes-
(4) Actes de sainte Cécile, traduits par J.-B. de Saint-Victor. — Flettrs de la vie 4^3 eaitUs, p. 401.