‹ Rome & ses monumentsChapitre 131 sur 384 · SALLE DE BAINS DE SAINTE CÉCILE · texte numérisé non relu

SALLE DE BAINS DE SAINTE CÉCILE

sion , orna le chœur, mais malheureusement fit enlever les ambons, et opérer d'autres changements regrettables. En 1725, le cardinal Doria convertit les anciennes colonnes en pilastres.

Plan et description. L'église est précédée d'une grande cour, où Ton remarque , à droite , un grand vase en marbre (cantharus) qui décorait l'atrium de la basilique primitive. En entrant dans la nef, on voit à droite de la grande porte, le tombeau du cardinal Adam d'Hestfort, administrateur du diocèse de Londres au XIV* siècle et titulaire de cette église. A gauche est l'urne du cardinal Nicolas Fortiguerra, mort en 1473. La première chapelle que l'on rencontre à droite, est dédiée au Crucifix. Dans la nef latérale droite, est le couloir qui conduit au cMarium, théâtre du martyre et de la mort de sainte Cécile.

Cette salle fut religieusement consen^ée parle pape Urbain. Grâce aux travaux du cardinal Sfondrato, on peut suivre aujourd'hui l'hypocauste qui fait le tour de la salle. Dans l'un des deux soupiraux (celui de droite et de forme ronde) on reconnaît encore une des chaudières, avec les restes des tuyaux de plomb par lesquels la vapeur montait dans le caldarium. C'est ce même prince de l'Eglise qui a dégagé les tuyaux en terre cuite donnant passage à la vapeur, ainsi qu'un autre tuyau en plomb s'élevant, comme les premiers, un peu au-dessus du pavé de la salle. Les uns et les autres furent protégés par des plaques de cuivre fixées à la muraille. Les savants protestants Platner et Bunsen, ne font aucune difficulté de reconnaître dans cette pièce l'antique salle de bain de sainte Cécile (Beschreibung der Stadt Âom, III, 3^ partie, pag. 643-644). Il est vrai qu'ils disent ne point avoir découvert la chaudière dans l'hypocauste ; mais ils n'auront examiné probablement que le soupirail qui est à gauche , où réellement elle fait défaut. Au-dessus de l'autel , qui orne ce précieux sanctuaire, il y a une copie du Guide, représentant le martyre de sainte Cécile ; les paysages du vestibule sont de P. Bril.

Nef latérale drotfe. tombeau du cardinal Sfondrato. 1" chap.

tableau de Baglioni : saint André. ^ chap., où Ton conserve un grand nombre de reliques. S"" chap. autel de Sainte-Madeleine, tableau de Baglioni. 4'' chap. autel dédié à la sainte Vierge, bas -relief du XV* siècle. A côté, fresque ancienne représentant sainte Cécile qui apparaît au Pape Pascal I. Nef latérale gauche. 1™ chap. autel des Saints-Pierre-et-Paul. 2* chap. autel de Sainte-Agathe. 3* chap. autel de Saint-Benoît, tableau par Ghezzi. 4'' chap. autel des Saints-Etienneet-Laurent, tableau par le même. La voûte est peinte par Conca. C'est ici que repose sainte Cécile.

Après avoir souffert le martyre, elle avait été inhumée dans la catacombe par le pape Urbain, un mois avant que ce glorieux pontife scellât lui-même de son sang la foi qu'il avait généreusement professée. Pendant un laps de temps considérable le tombeau de la sainte resta Tobjet de pieux hommages; mais insensiblement les catacombes se virent abandonnées par la population de Rome. La position exacte, occupée par les tombeaux des martyrs, devint incertaine, et, c*est ainsi que disparut le souvenir du lieu précis où sainte Cécile avait été ensevelie. On adopta même pendant longtemps la fausse opinion qu'Aïstulphe , roi des Lombards, avait enlevé le saint corps, pendant le siège qu*il fit de Rome. Cependant Pascal I avait reconstruit la basilique de la fille de Cœcilius; jaloux dMnaugurer ce monument, en plaçant Tillustre patronne soûs le maltre-autel, il ordODua de recommencer les fouilles qu'on avait abandonnées dans le cimetière de Prétextât. Bientôt la sainte lui révéla où le corps se trouvait réellement déposé.

Voici comment le Pontife le raconte lui-même dans un de ses diplômes : m Par la miséricorde du Seigneur', dit-il, nous écoutions un dimanche mau tin, devant la confession du bienheureux apôtre Pierre, le chant des M psaumes. La faiblesse de notre corps nous fit tomber dans Tassoupisse- » ment, et une jeune vierge d'une grande beauté nous apparut. » Le Pape raconte ensuite le mystérieux entrelien qu'il eut avec sainte Cécile, puis il ajoute : « A la suite de cette manifestation surnaturelle nous écartâmes im- » médiatement tout obstacle, et nous résolûmes sans hésitation de recber- » cher le corps de là vénérable vierge. C'est pourquoi. Dieu le voulant » ainsi, et avec son secours, nous nous rendîmes promptement au cimetière » de S. Sixte ou de Prétextât, hors de la porte Aj^pienne. Puis, comme on » rindiquait très- clairement dans la très-sainte passion de la vierge, nous V trouvâmes au milieu des sépultures de nos prédécesseurs son corps revêtu » d'étoffes d'or, avec celui de son vénérable époux. Nous trouvâmes aussi » roulés à ses pieds, et tout imprégnés de son sang, les linges avec lesquels » on essuya la triple blessure que lui avait faite cruellement le bourreau. » Prenant tous ces objets dans nos propres mains, nous les transportâmes

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