‹ Rome & ses monumentsChapitre 139 sur 384 · IN>'ENTION DE LA VRAIE CROIX · texte numérisé non relu

IN>'ENTION DE LA VRAIE CROIX

n'était plus connue d'une manière tout-à-fait certaine. Il n*en aurait pas été ainsi , si les chrétiens , pendant les siècles précédents , avaient visité habituellement ce vénérable sanctuaire. Mais ils n'avaient point eu cette liberté. Dès les temps de Teropereur Adrien, les païens avaient érigé une statue de Vénus à Tendroit du crucifiement, et un monument en l'honneur de Jupiter près du lieu de la résurrection. Les fidèles n'avaient pu s'y agenouiller sans paraître adorer des idoles , ni s'y abstenir de démonstrations religieuses usitées chez les païens, sans s'exposer à être punis comme contempteurs des Dieux. A partir de cette époque, ils avaient donc cessé, à leur grand regret, de visiter le Golgotha profané. Les changements survenus dans les lieux avaient contribué à obscurcir, à quelque degré, les traditions locales. Soit que les païens eussent fermé à dessein l'entrée de la grotte, soit que cette partie du terrain qui avait été jadis le jardin de Joseph d'Arimalhie se fût exhaussé avec le temps, il est de fait qu'au IV« siècle des excavations étaient nécessaires pour retrouver le saint sépulcre. Tous les monuments païens dont nous venons de parler pouvaient indiquer approximativement la place. L'impératrice Hélène avait d'ailleurs interrogé les souvenirs conservés parmi les juifs et les chrétiens de la Judée. On se mit donc à Tœuvre. Une troupe de soldats et d'habitants se réunit sur le Calvaire pour travailler aux fouilles. Enfin une ouverture se montra, le passage fut déblayé, et, après qu'on y eut pénétré avec des lumières, le tombeau du Sauveur apparut. D'un côlé de la grotte, sur la droite, le sépulcre proprement dit, de l'autre côté les reliques de la passion.

Mais on y comptait trois croix, des clous et le titre. Gomme on ne pouvait distinguer quelle était la véritable croix, saint Macaire, évéque de Jérusalem, proposa de porter les trois croix chez une dame de qualité qui était à Textrémifé. S'étant ensuite adressé à Dieu par une fervente prière, il appliqua séparément les croix sur la malade qui ne ressentit aucun effet des premières, mais qui se trouva parfaitement guérie, dès qu'elle eut touché la troisième. A ce signe on reconnut que celle-ci était la croix à laquelle Notre-Seîgneur avait été attaché. Avant de quitter la Judée, Hélène divisa la croix en trois parties. Elle en laissa une à saint Macaire, et envoya la seconde à Constantinople. Quant à la troisième, elle l'enferma dans une magnifique caisse d'argent avec le titre et plusieurs autres reliques précieuses qu'elle destinait à la ville de Rome. Elle commanda aussi un vaisseau chargé de la terre du Calvaire, et la fit déposer à son retour dans le palais Sessorieo. Elle demanda alors à son fils de bâtir encore une basilique en l'honneur du signe auguste auquel il avait dû la victoire. Constantin céda à ses instances et ordonna de construire une église sous Tinvocation de la Croix, au Sessorium qu'habitait sainte Hélène. La nouvelle basilique prit le nom d'Hélénienne de sa fondatrice , de Sessorienne du Sessorium habité par la mère de Constantin, et de Sainte-Croix en Jérusalem de Tinsigne relique qui l'enrichissait. Elle fut consacrée par saint Sylvestre, entièrement restaurée par Grégoire II au VJ1I« siècle, et rétablie dans l'état où nous la voyons actuellement, par Benoît XIV en 4743.

SÀINTE-CROIX-BN-JËRUSALEM . S45

Plan et description. L'intérieur est à trois nefs séparées par d'énormes pilastres. Nef latérale droite, 1*' autel , saint Césaire. 2*^ autel, saint Bernard réduisant à l'obéissance l'antipape Anaclet , copie d'un tabl. de Maratti. 3« autel, saint Robert, fondateur de Cîteaux, tabl. par Vanni. A droite et à gauche du chœur, on aperçoit deux balcons élégants, composés de marbres de diverses couleurs et destinés à l'exposition des saintes reliques. Dans le transept à droite, est la porte qui conduit au Trésor des reliques insignes. Le maîtreautel est surmonté d'un baldaquin que supportent quatre colonnes de marbre précieux, dont deux sont de brecda coralina et deux de porta santa. Sous la table est une fort belle urne de basalte avec quatre tètes de lion, dans laquelle on conserve les corps des martyrs Césarée et Anastase. La voûte de l'abside est couverte par une immense fresque du Pinturicchio exécutée en 1470. Du côté de l'Evangile, on voit l'invention de la croix et le miracle de la résurrection du mort. Du côté de l'Epitre, Héraclius reporte le bois sacré sur le Calvaire. Au milieu, sainte Hélène élève la croix devant laquelle s'agenouille le cardinal Carvajal ; plus haut, paraît Notre-Seigneur adoré par les chœurs des séraphins et des chérubins. Nef latérale gauche, l" autel, saint Silvestre, tabl. par Gazzi. 2« autel, dédié au Crucifix. 3« autel, saint Thomas, tabl. par Passeri. A la droite est l'entrée de la chapelle de Sainte-Hélène. L'autel principal est consacré à la sainte impératrice, le pape et le cardinal de Sainte-Croix ont seuls le droit d'y offrir le sacrifice de la messe. Les deux autels latéraux sont dédiés à la Passion de Notre-Seigneur. Ces trois autels étaient décorés autrefois de trois tableaux peints par Rubens. On les a remplacés par une statue de sainte Hélène et deux copies. Une inscription placée au centre du pavé nous apprend que « la terre du saint Calvaire de Jérusalem, déposée cfa;w la partie inféiieure de cet édifice par la bienheureuse Hélène, a été conservée ici, et de là le nom de Jérusalem donné à la chapelle. » La voûte de cette chapelle est ornée de mosaïques du XV^ siècle, attribuées à Peruzzi. Au centre est l'image en buste de Jésus-Christ ; les figures des quatre évan-

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