ÉGLISE DE SAINTE-MARIE-IN-TRASTEVERE
tabl. de Galandrucci. 4* des Saints-Pierre-et-Paul. A gauche de cet autel se trouve la colonne à laquelle fut attaché le prince des Apôtres pendant qu'on le flagellait, et à droite celle de saint Paul. Cette colonne est élevée sur un banc de marbre blanc et enveloppée d'une autre colonne rouge. A la base il y a une ouverture recouverte d'une glace à travers laquelle on peut facilement voir cet antique monument de notre foi. On y lit l'inscription suivante : Hœc est columna ad quant ligatus fuit S. Petrus et flagellatv^ et verberatus a Nerone imperante. On vénère encore dans cette chapelle un crucifix miraculeux. 5« chapelle, des Saints-Antoine-et-Elie, tabl. de Gherardi. La 6* chapelle possède une Pietà à laquelle le peuple romain porte une grande dévotion. Sous l'autel reposent les corps, sacrés des saints Basilide, Tripodius et Magdalon, martyrs.
SAINTE-MARIE-IN-TRASTEVERE (S. Maria in Trastevere), à l'extrémité de la Via délia Lungaretta,
Au lieu même où s*élève cette église, on voyait jadis sous les empereurs romains un grand édifice nommé Tabema tneritoria, espèce d'hôpital de soldats invalides et magasin public où Ton déposait les marchandises. Sous le règne d*Auguste, Rome vit tout-à-coup jaillir au lieu occupé par la Tabema une fonlaioe d'huile qui coula pendant un jour avec tant d'abondance qu'elle descendait jusqu'au Tibre. Dans cette fontaine d'huile sortie du sein de la terre, au milieu du quartier de Rome habité par les juifs qui s'y trouvaient en très-grand nombre, les chrétiens virent plus tard rélernelie miséricorde de Dieu qui n'a jamais* laissé son Fils sans témoignage, et l'annonce symbolique de la naissance du Christ arrivée peu de temps après. En effet, dit Orose, Christ veut dire Oint, et cette huile miraculeuse annonçait l'Oint par excellence, le Fils de Dieu qui allait naître sous le règne d'Auguste, et les chrétiens, oints aussi au jour de leur baptême, qui devaient le perpétuer dans Tempire. Soit à raison de ce prodige, soit pour toute autre cause, la Tabema ou entrepôt fut abandonné. Les chrétiens, qui attachaient une grande importance à posséder cet emplacement, le prirent à bail et y construisirent un oratoire; mais les cabaretiers du voisinage trouvèrent bon de les inquiéter et de les chasser. L'affaire fut portée devant le tribunal d'Alexandre- Sévère qui donna le rescrit suivant : « Il vaut mieux que Dieu soit honoré, n*importe comment, dans la Tabema meritoria, que de la livrer aux cabaretiers, » Maîtres de