‹ Rome & ses monumentsChapitre 22 sur 384 · ÉGLISE DES SS. COSME ET DAMIEN · texte numérisé non relu

ÉGLISE DES SS. COSME ET DAMIEN

sont représentés par douze brebis, disposées en deux groupes de six, qui se dirigent vers l'Agneau Rédempteur. Elles semblent sortir des villes saintes hiervsalem et bethleem qui occupent l'une et Tautre extrémité. Plus bas sont inscrits, sur deux lignes, les six vers suivants en lettres d*or sur bleu lapis :

AVLA DI CLARIS RADIAT SPEGIOSA NETALLIS. IN QVA PLVS FIDEI LVX PRETIOSA NICAT. MARTYRIBVS NEDICIS POPVLO SPES CERTA SALVTIS VENIT ET EX SACRO CREVIT HONORE LOCVS OBTVLIT HOC DNO FELIX ANTISTITE DIGNYN MVNVS UT AETHERIA VIVAT IN ARCE POLI.

<c La maison de Dieu brille de Téclat des métaux les plus purs, et la lumière de la foi y resplendit plus précieuse. Les martyrs médecins ont assuré le salut du peuple, et un honneur sacré a été attaché à ce lieu. Le pontife Félix a offert au Seigneur ce don digne de lui, afin de vivre dans les demeures célestes (i). » 10. Autel de sainte Rose; 11. Autel de saint Alexandre ; 12. Autel de sainte Barbe , copie dont Toriginal peint par le chevalier d'Ârpin se trouve à Sainte-Marie-m-rrofpon/ma. 13. Entrée du cloître des Pères du Tiers-Ordre de Saint-François qui desservent ce sanctuaire. C'est de cette église que partit la procession, dans les grandes solennités que saint Grégoire le Grand ordonna, pour obtenir du Seigneur la cessation de la peste. C'est ici que vint encore se cacher Grégoire IV, quand il fut élu pape malgré ses efforts et ses résistances. En 1582, on découvrit le corps de saint Félix II dans une crypte que l'on peut visiter encore aujourd'hui. Là se trouvaient aussi les fragments du célèbre plan de Aom^, d'une importance sans égale pour déterminer la topographie de la ville des empereurs. On suppose que ce plan remontait au temps de Septime-Sévère et de Garacalla, et qu'il servait de pavé au temple de Remus et de Romulus; il fait aujourd'hui partie du musée du Capitole.

(4) Barbet de Jouy, op ctf., p. 97.

38 TEMPLS DE ROMULVâ.

La crypte renferme aussi les tombeaux des saiiUs Gosme et DamJen. On y voit aussi un autel ancien, des restes du pavement primitif, un puits, et des restes d'anciennes peintures murales.

15. Teiii>le de Romulus ou plutôt de Yesta (aujourd'hui l'église de Saint-Théodore dans la Via di S. Teodoro, à droite du Forum en venant du Capitole). C'est dans ce sanctuaire que sont établies la confrérie du Sacné Cœur de Jésus et l'association des Sacconi.

Les Sacconi sont ainsi nommés du sac de grosse toile dont ils sont revêtus lorsqu'ils vont quêter, tous les vendredis, dans les rues de Rome pour les pauvres. Ils sont alors ceints d'une corde, portent sur l'épaule un bissac et ont la figure couverte dhin capuchon percé de deux trous à Pendroit des yeux. Cette confrérie est composée de cardinaux, de prélats et de nobles romains.

16. Temple de Romulus, fils de Maxence ; ruines à la gauche de la Voie Appienne, près du tombeau de Cecilia Metella.

17. Temple ne Saturne (sous le Tabularium et dominant le Forum). Il n'en reste plus que huit colonnes de granit, d'ordre ionique avec chapiteaux et bases de marbre blanc, inégaux cependant par le module et les distances. Les anciens archéologues en faisaient un temple de la Concorde ou de la Fortune ; les Allemands croient y retrouver un temple de Yespasien.

18. Temple du Soleil, bâti par Aurélien; il n'en reste plus que des ruines imposantes dans le jardin du palais Colonna, près de la place des Douze-Apôtres.

19 Temple de Vénus et de Cupidon, ruine que l'on trouve dans une vigne près de la basilique de Sainte-Croix-en-Jérusalem, entre le mur d' Aurélien et l'aqueduc de Claude.

20. Temple de Vénus et de Rome (entre le Coliséeet l'église de Sainte-Françoise-Romaine), bâti par Adrien pour montrer qu'il était capable de surpasser l'architecte Apollodore. Ce temple étant dédié à deux divinités distinctes, l'empereur fit fiaiire deux celke séparées, adossées l'une à l'autre, comme on peut encore le voir dans le peu de débris qui en restent près de l'église de Sainte-Françoise-Romaine. Ces deux temples

TEMPLE DE VBSPASIEN ET DE VBSTA.

s*étevaieat sur un soubassement ; ils étaient entourés d'un portique rectangulaire, auquel appartenaient sans doute les restes des colonnes en granit gris, que Ton trouve près du Colisée.

21. Temple de Yespasien au pied du Capitole; il n*en reste plus que trois grandes colonnes corinthiennes cannelées. Les lettres estituer que Ton voit dans la frise et qui appartenaient sans aucun doute au mot restituerunt, prouvent que le temple fut restauré par Seplime-Sévère et Caracalla. On est généralament d'avis qu'il avait été élevé par l'empereur Auguste à là suite d'un vœu que celui-ci avait fait aux dieux lors de la guerre contre les Gantabres. La sculpture des ornements de la frise est des plus belles. L'archéologue Bunsen en a fait un temple de Saturne.

22. Temple de Yesta, près du Tibre, à la place Bocca délia verità. C'est aujourd'hui l'église de Sainte-Marie-dei-Sofe et plus anciennement celle de S. Stefano délie Carozze. Ce temple de forme circulaire, remarquable par son élégance et par son état de conservation, est un des mieux connus. Autour de la cella se trouvent 19 colonnes de marbre blanc qui forment un portique circulaire. Primitivement on en comptait 20. Cet édifice était-il réellement dédié à Vesta? — C'est là une question que tous les antiquaires résolvent aujourd'hui par la négative, sans savoir néanmoins déterminer d'une manière positive, si c'est à Hercule Vainqueur ou à Mater Matuta qu'il faut l'attribuer. Ceux qui le mettent sous la protection de Vesta, ne peuvent invoquer que la forme circulaire. Horace, il est vrai, parle dans ses satires d'un temple de Vesta ; mais ces mots se rapportent à l'édifice transformé plus tard en église de S, Teodoro, dans, la rue de ce nom près du Forum et que nous avons indiqué plus haut.

§ n. -^ PALAIS.

Palais des Césars sur le mont Palatin, près du Forum, aujourd'hui Jardins Farnèse. (Visibles tous les jeudis, les jours de fête exceptés, moyennant une carte qu'on délivre h la librairie de Piale ou de Spithœver).

40 LA MAISON D*01i DE N&RON.

Auguste , Dé sur le Palatin, fat élevé daos la maison de son père. Cette maison ayant été détruite par un incendie, il la fit reconstruire, mais avec une simplicité extrême. « C'était, dit M. Franz de Champagny, une petite maison, avec un humble portique en pierre d^AIba; point de marbre, point de pavé somptueux, peu de tableaux ou de statues ; de vieilles armes, des os de géant, un mobilier qui était à peine celui d'un particulier {vix pri^ wUœ elegantiœ, dit Suétone). Ce palais occupait le milieu du Mont- Palatin qui regardait TAventin. Tibère Taugmenta considérablement, retendit jusqu'au bord de la colline, vers le Vélabre, et appela ce nouvel édifice la maison Tibérienne, Caligula retendit encore et fit construire une façade avec des portiques vers le Forum et un pont soutenu par des colonnes pour réunir son palais au Capitule. En Fan 65, un incendie épouvantable, dont Suétone et Dion accusent Néron d'avoir été Tauteur, ravagea le Palatin et TEsquilin et détruisit le berceau de la famille impériale. Le fils d*Agrippfne saisit promptement cette occasion pour reprendre Tœuvre de Tibère. Avec une promptitude incroyable, sur le mont Palatin, sur le Cœlius, sur TEsquilin et dans la vallée qui les sépare, depuis le grand cirque jusque vers le lieu où est située aujourd'hui Sainte-Marie-Majeure , la Maison-d'Or s'élève. En avant de la Maison-d'Or il y a un lac : autour du lac , des édifices épars qui semblent une ville ; entre la façade et le rivage, le vestibule où le maître de la maison fait attendre ses clients, c'est-à-dire où Néron fait attendre tous les peuples du monde ; et, au milieu, le colosse de Néron, haut de cent vingt pieds, d'argent et d'or; plus loin, des portiques longs d'un mille, à triple rang de colonnes. Dans l'intérieur, tout se couvre de dorures, tout se revêt de pierres précieuses, de coquilles, de perles. Les souterrains mêmes sont ornés de peintures qui ont rempli à elles seules toute la vie de l'artiste Amulius. Dans les bains, un robinet amène Teau de mer; un autre, des eaux sulfureuses d'Albula. Un temple de la Fortune, construit avec une pierre nouvellement découverte , blanche et diaphane , semble, les portes fermées, s'illuminer d'un jour intérieur. Les salles de festin, si multipliées et si particulièrement fastueuses dans les maisons romaines, ont des voûtes lambrissées qui changent à chaque service , des plafonds d'ivoire d'où tombent des fleurs, des tuyaux d'ivoire qui jettent des parfums; d'autres, plus belles encore , tournent sur elles-mêmes jour et nuit, comme le monde. Mais ce sont là les moindres grandeurs du palais de Néron. Voici des lacs, de vastes plaines, des vignes, des prairies, puis les ténèbres et la solitude des forêts, des vues magnifiques; au sein de Rome et des palais, des daims bondissent, des troupeaux vont au pâturage. Aussi Néron est-il presque content cette fois. — Je vais enfin, dit-il, être logé comme un homme (4). » Sa maison ne dura guère pourtant plus que lui. Il l'avait laissée inachevée, et Othon dépensa 50 millions de sesterces (43,000,000 fr.) seulement pour l'achever. Un incendie ne tarda pas

(4) Franz de Champagny, Les Cétars^ 1. 1, p. 435,

LBS RUINES DU PALAIS DBS CÉSARS. 41

a restitaer à Rome ce que rinoendie lui avait enlevé. Vespasien et Titus démolirent ou destioèrent à d*antres usages la partie de ce palais qui était hors du Palatin, et y bâtirent le Cotisée et les Thermes. Leurs successeurs ne firent que des embellissements, et encore des embellissements partiels dans la partie qu*on avait conservée au Palatin. Après la translation du siège de Tempire à Byzance, le palais demeura presque abandonné; les barbares se chargèrent de le piller et de le saccager. Touterois il ne disparut pas de sitôt, car il fut habité au VU* siècle par Héraclius et, dans le V11I«, des portions considérables en existaient encore. Aujourd'hui il ne présente plus que des ruines et des substructions ombragées par des chéoes, des cypr^ et des lauriers. Cest ici que le catholique doit venir méditer, s*il veut retremper son ftme quand les jours mauvais semblent venus pour loi. Quelque grands que paraissent parfois le succès de l'injustice et la paiflsaooe du mal, ils ne sauraient encore être comparés à la tyrannie de ces dieux de la terre qui, dans les premiers siècles de notre ère, s'appelaient Césars. Que reste-t-il en effet de tant dMnsolents défis lancés par eux an Galiléen?

Le mont Palatin est présentement partagé entre plusieurs propriétaires. La plus grande partie qui s'appelle les Jardins Farnëse (Orti Famesiani), appartient à S. M. l'empereur des Français, Napoléon III, qui les a achetés en 1861 au roi de Naples, François II, au prix de 2S0,000 francs. Ces jardins avaient été construits par Paul III, de la maison des Farnèse, et c'est par lui qu'ils étaient entrés en possession de la maison des Bourbons de Naples. Aujourd'hui on y exécute des fouilles, sous la haute et savante direction de M. Pietro Rosa, archéologue italien. La tâche qu'a assumée ce savant est des plus ardues et bien propre à inspirer le découragement à quiconque ne se sentirait pas au cœur l'amour sacré du vrai et du beau. Comment en effet retrouver la trace de ces édifices somptueux qui couvraient autrefois le Palatin, quand on pense aux désastres qui les ont ravagés ?

Nous avons dit plus haut comment, sous le règne de Néron, toute la région Palatine fut réduite en cendres dans cet immense embrasement qui, en six jours, détruisit les trois quarts de Rome. Plus tard, la résidence de Domitien périt dans l'incendie de 191, désastre non moins terrible : le feu éclata dans les bazars égyptiens et arabes, et bientôt une moitié de la ville, y compris le palais impérial, ne fut plus

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