LES RUINES DU PALAIS DES CÉSARS
Retournons au vestibule du palais que nous venons de parcourir, G*est ici que les auteurs romains placent Thôtel des séances augurales (aiiguratoireum). Près de cet endroit se trouvaient la porte des Mugissements (Mugiania) et le temple de Jupiter Stator.
En nous dirigeant du côté du Tibre, le premier monument qui nous frappe est la chapelle de la Far tune-Rétrospective, puis vient une construction de l'empereur Septime-Sévère, le Septizonium qui, d'après certains antiquaires (1), est un édiflce haut de sept étages, et, d'après d'autres, un portique de sept colonnades juxtaposées, conduisant à quelque grand corps de logis. En vain chercherions-nous l'emplacement des maisons de Scaurus, de Grassus et de Cicéron : elles ont partagé depuis longtemps le sort de celles de Gatilina et de Marc-Ântoine, qui ont dû céder la place à la résidence des Gésars. En avançant encore, nous rencontrons les ruines du palais de Caligula. Ge prince, en effet, avait réuni le Palatin au mont Gapitolin par un pont immense qui traversait la vallée du Forum ; mais ses constructions ont été démolies de bonne heure, sans doute par suite de l'incendie de Néron. On a cependant retrouvé quelques arceaux du viaduc avec une partie de la balustrade en marbre.
Arrivés à l'angle delà colline, il ne nous reste plus à visiter que le côté avoisinant la rivière. Nous descendons par une pente rapide, appelé le chemin-de-la-Victoire ; elle nous conduit à la seconde entrée de l'ancienne ville, la porte Romanula. Les ruines qui garnissent les hauteurs appartiennent au palais de Tibère. Un temple de la Victoire, déesse favorite des Romains, est b&ti avant la maison de cet empereur. Enfin, sur le versant de la colline, nous trouvons le tombeau d'Acca^ mère adoptive de Romulus, et la célèbre tanière de la louve, le Lupercal.
Tels sont jusqu'à présent les principaux résultats obtenus à la suite des fouilles ordonnées par S. M. l'Empereur Napoléon III. Faisons remarquer en terminant que ces travaux de
(1 ) Ricb, Dictionnaire des aniiqukés grecques et romaines, p. 678.
s. LÉONARD DE PORT-MADRICE. 4S
déblaiement ont eu pour but, non pas de rechercher des trésors, qui n'existent pas, mais de constater dans le seul intérêt de la topographie de Rome, le tracé primitif soit des murailles de ranciénne ville, soit des constructions impériales (1).
Avant de quitter cette colline si célèbre, prenons à côté de Tare de Titus, la Via di S. Bonaventura, qui conduit à la Vigne (fe ce nom, et dans laquelle on a trouvé des restes des BAINS DE Néron. Là, dans cette impasse, s'élève le couvent des Franciscains de la Stricte Observance, ou de la réforme de saint Pierre d'Alcantara. L'église de Saint-Bonaventure est très-simple et le couvent des plus pauvres. Dans le jardin se voit le plus beau palmier qu'il y ait à Rome ; à côté coule une source d'eau d'une limpidité admirable qui alimente un bassin de marbre blanc. On y jouit d'un spectacle qu'on ne peut rencontrer qu'à Rome. C'est dans ce couvent qu'a vécu saint Léonard de Port-Maurice. Il repose aujourd'hui sous le maîtreautel ; on dirait que le vénérable vieillard n'a pas encore rendu son âme à Dieu. On conserve dans le couvent sa discipline de fer, sa ceinture de cordes, son crucifix, la bannière qu'il tenait dans les missions, les images de l'Immaculée Conception et de S. Dominique et cinq de ses lettres.
Saint Léo?fABD naquit à Port-Maurice, ville aux eoviroQS de Gênes, le ÎO déœmbre 4676. A Tâge de i 2 ans il vint habiter Rome et suivit les cours du Collège romain où il eut pour maître le P. Toloméi, que ses vertus et son savoir ont rendu célèbre et qui deviot plus tard cardinal. Admis à l'oratoire de CaravUa près du Corso, il fut bientôt inscrit dans la division des Apôtres, dont la fonction était de rechercher les ignora uts et de les iostruire dans les vérités du salut. Le 2 octobre 4697, il prit Tbabit des Franciscains de la Stricte Observance qui s'étaient établis sur le mont Palatlo à la Polveria, 11 disait souveot : « Si pendant que nous sommes jeunes, nous faisons peu
• de cas des petites choses, nous nous permettrons de manquer aux points
• les plas importants, lorsque nous serons avancés en âge et que nous
• aurons plus de liberté. Espérons en Dieu, et, avec le secours de sa grâce
• qui ne manque jamais, surtout lorsqu'on la demande avec humilité et
• confiance, nous pouvons non seulement être bons, mais même devenir > des saints. » La Toscane, les Etats-Romains , Naples, Gènes et Ille de
(4) W. Proehner, Le paiais impérial de Rome.
46 BASILIQUE DE CONSIANT^N.
Corée admirèrent son zèle infatigable et la puissance de sa parole. Il fut Tapôtre du CKemin de la Croix et fit placer les stations au Colisée. Après 44 années de travaux, il était usé par les fatigues. Il rendit son ^me à Dieu le 26 novembre 4754 , à Vâge de 75 ans. II a été canonisé par Pie IX.
Basilique de Constantin. Aurelius Victor qui fut préfet de Rome et consul Tan 369 de J.-C, dit que Haxence construisit, vers 3H, une basilique d'une magnificence extraordinaire, que le sénat la consacra depuis à Constantin, son heureux rival dans l'empire, et que, pour cette raison, elle fut appelée Basilique de Constantin. Ces paroles ne peuvent s'appliquer qu'à l'édifice que nous avons sous les yeux, puisqu'il réunit tous les caractères propres à une basilique. Ensuite, le style de la construction est identique à celui des Thermes de Dioclétien et de Constantin, et d'autres bâtiments du commencement du IV* siècle. Enfin, dans un massif de la voûte, on a découvert en 1828 plusieurs médailles, dont une trèsrare en argent portait la tête de Maxence. Cette basilique avait environ 3S0 pieds de longueur sur 235 de largeur et à peu près 80 de hauteur. Elle était divisée en trois nefs par des piliers. Celle du milieu était décorée de huit colonnes en marbre blanc, cannelées ; une de ces colonnes restait encore à sa place, quand Paul IV la fit transporter en 1614 devant Sainte-Marie-Majeure, où elle existe et porte la statue en bronze de la Vierge Immaculée.
Camp prétohien. Cet édifice fut bâti par Séjan sous Tibère, pour la troupe d'élite attachée spécialement au service des empereurs. Après la mort d'Auguste cette milice formidable devint une véritable puissance dans l'empire, nommant et destituant à son gré les Césars. Après la dissolution de ce corps, Constantin démantela le camp qu'il occupait depuis le temps de Tibère non loin des Thermes de Dioclétien. Un siècle plus tard, Honorius détruisit entièrement la muraille de ce même camp du côté de la ville et se servit des trois autres pour la nouvelle enceinte. Récemment, Mgr de Mérode, alors ministre des armes de Sa Sainteté Pie IX, y a fait construire une caserne pour l'armée pontificale.