MIRACLE DE LA LÉGION FULMINANTE
d'hui fut modelée par Thomas délia Porta ; quant à celle de MaroAurèle, elle avait disparu depuis longtemps. L'ancien piédestal, dont il reste encore environ onze pieds ensevelis sous terre, était orné d'armes et de trophées, comme celui de la colonne Trajane. On refit la partie qui est au-dessus du sol, en la revêtant de nouvelles plaques de marbre sur lesquelles on grava sur une face l'inscription suivante : six-
TUS V. PONT. MAX. — COLUMNAM HANC — AB OMNI IMPIETATE — EX- PURGATAM — S. PAULO APOSTOLO — iEREA EJUS STATUA — INAURATA IN SUMMO — VERTIGE POSITA D. D. — A. D. M. LXXXIX. PONT. IV.
« Sixte-Quint, Souverain Pontife, dédia cette colonne, purifiée de toute impiété, à l'apôtre saint Paul dont il fit placer au sommet la statue de bronze doré, l'an 1 589, de son pontificat le quatrième, » Et sur une autre face : triumphalis — et sacra
NCNC SUM — CHRISTI VERE PIUM — DISCIPULLM FERENS — QUI PER CRUCIS — PRiEDlCATlONEM — DE ROMANIS — BARDAR1SQUE — TRIUM-
PHAViT. « Je suis maintenant tnomphale et sacrée, portant le disciple vraiment pieux du Christ, qui par lu prédication de la croix triomphe dés Romains et des Barbares. « C'est par erreur qu'une troisième inscription dédie celte colonne à Antonin-te-pieux; il fallait dire : Marc-Aurèle Antonin, comme le prouvent à l'évidence tous les bas-reliefs.
La légion fulminante. La province romaine, dit M. Franz deChampa* gny (1), était délivrée des barbares en 173; mais un jour de danger, demeuré célèbre dans toute rhistotre, attendait encore Marc-Aurèle. Pour mieux assurer sa victoire, il avait passé le Danube en combattant les Marcomans (ni); il s'était avancé dans le pays des Quadcs (Moravie et partie nord-ouest de la Hongrie). Etabli dans un camp fortifié, la supériorité de la tactique romaine semblait garantir sa sûreté. Mais le nombre était pour les barbares. Marc-Aurèle se laissa envelopper. C'était en plein été ; l'eau manquait. Le soldat romain, dévoré par la soif, devenait incapable de combattre. Le mal était si grand qu'on eut recours aux dieux. Marc- Aurèle pria plus peut-être que sa philosophie ne lui permettait do prier. Il fit faire, ce que sa philosophie lui permettait davantage, des incantations par les magiciens, compagnons immanquables des armées. Enfin la 42« légion, surnommée fulminante (2), recrutée dans le district chré-
(4) LesJntonins, t. III, p. 443.
[t) La douzième légion est appelée fulminata dans une inscription de