MIRACLE DE LA LÉGION FULNINENTE
tieo de Mélitène en Cappadoce et chrétienne, dit-on, en totalité, se dofina reodez-TOus hors du camp, s'agenouilla et pria le vrai Dieu, comme le priaient les chrétiens. Ces six mille hommes en prière et les bras étendus formaient un spectacle si étrange, que les barbares, qui à cette heure-là s'avançaient pour attaquer Tarmée romaine, s'arrêtèrent tout surpris. Cest alors qu'une pluie abondante commença à tomber sur l'armée. Mais, pendant que les Romains se précipitaient, tendant leurs casques et leurs boucliers pour la recevoir, les barbares, revenus de leur première surprise , reprirent l'attaque. Il fallut combattre, tout en se désaltérant; des soldats blessés buvaient leur sang mêlé dans leur casque à l'eau do la pluie. Dans ce désordre l'armée romaine pouvait périr.
Une nouvelle Taveur du ciel la sauva. Le nuage qui versait la pluie sur elle, jeta la grêle et la foudre sur les masses barbares. Les auteurs païens nous peignent cet ouragan comme un véritable incendie : « La pluie qui inondait ces barbares semblait s'enflammer comme de l'huile ; les hommes et les cbe vaux brûlaient; quelques-uns dans leur désespoir se blessaient de leur épée pour éteindre le feu avec leur sang. D'autres se réfugiaient dans les lignes romaines et se livraient à l'ennemi. » La pitié de Marc- Aurèleen sauva néanmoins plusieurs.
Toute l'anliquilé atteste la gravité du péril, le caractère étrange, et même surnaturel de la délivrance. Non-seulement l'armée proclama Marc- Aorèle imperator pour la septième fois et Faustine, qui l'accompagnait, mère des camps ^ titre usité depuis inconnu jusque-là; non -seulement, contre Tusage de Marc-Aurèle, ces titres furent acceptés de la bouche du soldat sans attendre la décision du Sénat, mais tous, païens et chrétiens s*accordèrent pour voir dans cette pluie et cet orage un fait surhumain. I.es plus superstitieux, on peut dire les plus impies, y virent une œuvre de la puissance magique qui commandait aux dieux et forçait le ciel à s*ouvrir. Ce fut FEgyptien Aruuphus, ce fut un autre magicien, appelé Julien, auteur de livres théurgiques, qui, selon eux, avait sauvé l'armée (1). D*autres, plus respectueux et plus dignes, virent dans ce miraculeux ouragan un hommage rendu par les dieux à la vertu de Marc-Aurèle (3); le bas-relief de la colonne Antonine, élevée sous le règne de Commode à la mémoire de son père, représente Jupiter pluvius répandant sur les Romains une pluie bienfaisante et lançant sa foudre contre les barbares. Et, deux-
Tergeste au temps de Trajau (Gruter, 493); et dans une inscription de la statue de Memnon sous Néron (Hamilton, jEgypt., p. 173). Dion, faisant le catalogue des légions sous Auguste, appelle la douzième xfipauvoopopoç , qui porte la foudre, et lui assigne pour résidence la Cappadoce (LY). (I) Dion, LXXI, 8; Porphyr. ; Suidas, in Apvouf iç et lovXiav, (S) Capitolin, 24 ; Thémiste, OrcU. de regia viriute, XY ; monnaies de cette année, avec Religio Aig., et un Mercure tenant une coupe.