INSTITUTIONS CHARITABLES
œuvres qui s'accomplissent dans son sein. Dieu aura soin de leur donner un jour la publicité. La charité de Rome est encore véritablement catholique, c'est-à-dire universelle : lorsqu'un individu va frapper à l'entrée de l'un de ces nombreux refuges érigés dans la métropole , on ne lui demande pas s'il est Grec ou Romain, s'il est chrétien ou mahométan ; on lui demande s'il est malheureux : le malheur est un passeport qui lui ouvre toutes les portes. Enfin à Rome, la charité est complètement libre. Mais qu'on le remarque bien, la société y possède des garanties contre les abus de la liberté. Ces garanties sont les enseignements de la science et la surveillance de l'autorité. Toutes ces institutions ont des règlements établis par l'autorité; des comités d'inspection qui veillent sur leur exécution ; des tribunaux qui répriment les négligences et les abus ; enfin, dans les circonstances importantes, des commissions extraordinaires d'enquête nommées par le Pape et qu'on appelle visite apostolique. Malgré ces garanties, il y a des abus dans le système charitable des États romains ; il est surtout facile à un étranger d'en recueillir une liste suffisamment fournie. Nous arrivons à Rome armés de pied en cap de nos préjugés : c'est ce qui arrive tous les jours. Nous y examinons tout à travers le prisme national, et sans nous donner le temps de faire une instruction complète, nous décrétons d'abus. Et quelles misères ! Nous pesons les aliments , nous les jugeons de bonne qualité , mais nous les déclarons insuffisants, et nous oublions, gloutons du Nord que nous sommes, que l'homme du Midi serait fort embarrassé si nous l'obligions à manger davantage ; nous comptons les sœurs de Charité, nous en trouvons le chiffre ridiculement exagéré, et nous ne savons pas que dans quelques semaines, à l'époque de la mar aria, ces dévouem)ents inoccupés auront peine à ne pas succomber à leur tâche ; nous examinons les registres, nous les déclarons incomplets, parce que nous arrivons d'un pays où la rage des écritures est arrivée à son paroxysme.
En résumé, les institutions charitables de Rome forment un ensemble d'une grandeur merveilleuse : c'est un édifice