‹ Rome & ses monumentsChapitre 342 sur 384 · CATACOMBE DE SAINT-CALLIXTE · texte numérisé non relu

CATACOMBE DE SAINT-CALLIXTE

nemeDt pontifical. On descend dans la catacombe par ui: large escalier, construit probablement après Goastantin , quand les fidèles du IV° et du V* siècle venaient visiter en foule ces chapelles souterraines et vénérer les corps des saints et des martyrs. Le vestibule qui s'ofire immédiatement à notre vue est couvert d'inscriptions, en caractères grecs on latins, dues à ces pieux visiteurs. Ce sont tantôt des noms propres, tantôt des souhaits. On y lit enti^'autres : « sophro- NIA vivAs! Ma chère Sophronie, puisses-tu vivre en Dieu. » Puis plus loin : « sophronia dulcis semper vives dbo. Ha chère Sophronie, tu vivras toujours en Dieu. » — EAA*IN EIC MNEIAN EXETE, souvensz-vous d'Elaphis; — AIONYCIN EIC MNEIAN EXETE souvenez-vous de Denis ; — ï!i MEXTE HABETE — Souvenez-vous, sans aucun nom propre. Nous nous dirigerons d'abord vers la crypte des Papes. Avant d'y arriver, nous rencontrons, à droite, un cubiculum ou chambré ui renferme trois arcosolia (1). La crypte des Papes a té découverte en 1851, par M. de Rossi. On y voit les fragments des pierres sépulcrales de saint Eutychianus (t 275) : ETTTXIANOC f ErilC... de saint Anthère (t 235) AME- PÛC Eni... de saint Fabien (t 236) $ABIANOC f EH f MR. de S. Lucius (t 232) AOTKIC. Au fond est Tautel de la crypte sur laquelle se célébrait le saint sacrifice. Cet autel a été restauré par le pape Damase qui y a fait graver en beaux caractères appelés damasiens la belle épitaphe suivante :

HIC CONGESTA JACET QUAERIS SI TURBA PIORUM CORPORA SANCTORUM RETINENT VENERANDA SEPULCRA; SUBLIMES ANIMAS RAPUIT $IBI REGIA COELI HIC COMITES XYSTl PORTENT QUI EX HOSTE TROPHOEA. HIC NUMERUS PROCERUM SERVAT ÛUI< ALTARIA CHRISTI, HIC POSITUS LONGA VIXIT IN PAGE SACERDOS ; HIC ÇONFESSORES SANCTI QUOS GRAECIA MISIT, HIG JUVENES, PUERIQUE, SENES GASTIQUE NEPOTES, QUIS MAGE VIRGINEUM PLAGUIT RETINERE PUDOREM HIG FATEOR DAMASUS VOLUI MEA CONDERE MEMBRA, SED CINERES TIMUI SANGTOS VEXARE PIORUM.

a C'est ici que, si tu me le demandes, reposent les osse- » ments de la foule des saints dont les âmes ont pris leur

(4) Od appelle loctdi les niches crensées dans les mors et qui recèieDt oa 00 1 recelé uo cadavre. Si ces niches sont recouvertes d'un arceau cintré, cet arceau reçoit le nom diarcotolium.

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<ÎATACOMBE DE SAINT-CALLIXTE. S57

» essor vers le palais du ciel ; c*est ici que sont les compa* » gnons de saint Sixte, chargés des trophées qu'ils ont rem- » portés sur l'ennemi ; c'est ici qu'est la foule des ministres » saints qui gardent les autels du Christ ; c'est ici que reposé >» le pontife qui vécut jouissant de la longue paix ; ici sont » les saints confesseurs que la Grèce a envoyés à Rome; ici » reposent des enfants, des jeunes gens, des vieillards et des » vierges. Ici, je l'avoue, moi Damase, j'aurais voulu ense- » velir ma dépouille; mais j'ai craint d'insulter aux cendres » des saints. »

Cette inscription, rétablie par M. de Rossi, a été replacée h l'endroit qu'elle occupait primitivement.

A gauche de cette chapelle, un étroit couloir conduit à la chapelle de Sainte-Cécile. Ce sanctuaire a aussi été retrouvé par l'infatigable archéologue que nous avons déjà cité si souvent. Sur la paroi du luminarium, on voit l'image de trois saints dont le nom est inscrit à côté de chacun d'eux. Policamus, Sebastianus et Cyrinus. Un peu plus bas sur la muraille qui est en face, on aperçoit l'image d'une jeune femme très-richement parée et chargée de bracelets et de colliers, tels qu'en devait porter seulement une très-noble et trèsopulente dame romaine. Ce ne peut être que sainte Cécile. En effet, plus bas, encore du même côté de la muraille, on voit la figure de saint Urbain, en habits pontificaux; son nom est très- visiblement tracé. Enfin la dernière fresque représente une grande tête de Notre Seigneur conforme au type bysantin, entourée d'un nimbe circulaire. Ces peintures doivent dater du VP ou du VIP siècle (1). Le grand sarcophage que l'on rencontre du même côté renferma les restes du saint martyr Urbain. Pie IX a fait élever dans cette crypte un autel en l'honneur de sainte Cécile. On obtient facilement la permission d'y célébrer la sainte messe. Parmi les nombreuses chapelles que l'on visite ordinairement, nous remarquerons celle où l'on trouve une fresque très remarquable, et qui n'est pas postérieure au IIP siècle. On y voit un poisson portant un panier dans lequel se trouvent des gâteaux et une fiole renfermant du vin rouge. Le poisson représente évidemment le Sauveur, le pain et le vin symbolisent les espèces sacramentelles de l'Eucharistie. Cette peinture rappelait donc aux fidèles initiés au langage symbolique, le sacrement adorable de l'amour de notre Dieu. On comprend son importance pour établir la croyance des fidèles du il* siècle à ce dogme

(1) Voir le plau ci-joint.

8S8 CATAGOMBB DE SAINT- CALLIXTE.

si consolant de notre foi. La chapelle qu*on désigne quelquefois sous le nom de chapelle des Sacrements est digne aussi de toute notre attention. On y voit trois fresques dans Tabside. Dans Tune, le Bon Pasteur porte un agneau sur ses épaules; de chaque côté, on aperçoit des brebis qu'un apôtre veut ramener à son maître; lune tourne le dos avec un air marqué de dédain, l'autre écoute et regarde attentivement, une troisième indifférente broute Therbe ; mais la pluie du ciel tombe sur toutes. Dans une autre fresque, Moïse frappe le rocher. Dans une troisième, Jésus-Christ entre deux disciples, multiplie le pain et les poissons. Le Bon Pasteur nous rappelle le sacrement de la Pénitence : l'eau qui jaillit du rocher, le sacrement du Baptême et la multiplication des pains la sainte Eucharistie. La chapelle de*Saint-Corneille, pape et martyr, est plus rapprochée de la voie Appienne.

Voici comment M. de Rossi fut amené à en faire la découverte. Après que saint Corneille eut subi le martyre à Civita- Vecchia, son corps fut transporté à Rome par une noble dame romaine et déposé dans le cimetière de Saint-Gallixte. Le même jour mais dans une autre année, saint Cyprien versait son sang pour la foi en Afrique, et les fidèles auxquels il avait annonce la parole divine recueillaient et conservaient ses restes. L'église de Rome réunit ces deux saints en célébrant leur fête le même jour, le 16 septembre. Cependant la trace de la crypte qui avait recueilli les restes de saint Coroeille avait entièrement disparu. En 18S1, on trouva dans la vigne qui couvre le cimetière de Saint-Callixte un fragment de plaque de marbre oii on lisait : ELIVS MARTYR. M. de Rossi a qui on l'apporta ne douta point qu'elle n'appartînt au pape Corneille. En effet, on était certain que le cimetière où nous nous trouvons, renfermait les sépultures des papes du IIP siècle. Il fit donc commencer les fouilles, et se trouva bientôt en face d'un escalier spacieux de 24 marches, tel qu'on en construisait au IV* siècle pour faciliter l'accès aux chambres des martyrs. A mesure qu'il avançait, il rencontrait une foule de noms et d'inscriptions, comme nous l'avons vu plus haut pour la chapelle des papes. Bientôt il aperçut une crypte près de laquelle il vit gisant à terre un nouveau fragment de marbre qui s'adaptait parfaitement au premier et qui portait CORN et EP, précisément les mots qui manquaient pour former l'inscription complète : CORNELIVS MARTYR EP (iscopus). De sorte qu'on avait enfin la pierre tumulaire de saint Corneille. Au-dessus une peinture grossière représentait saint Corneille en costume épiscopal et saint Cyprien,

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