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COUPOLE

Nous voici enfin arrivés au cœur de l'œuvre de Michel- Ange; en nous recueillant ici un instant, nous comprenons parfaitement la parole d'un des coryphées de la philosophie du siècle dernier : « Je crois sous le dôme de S. Pierre. » Nous avons déjà donné plus haut les mesures des diverses parties de la coupole; inutile donc d'y revenir. Dans les immenses piliers qui soutiennent cette gigantesque construction on a placé quatre statues colossales : (80) Saint Lon- ^^^/Wi,. Sfin tenant la lance avec laquelle il perça le côté du Sauveur, par le Bernin et, au-dessus de celle-ci dans un grand médaillon, (81) mosaïque représentant l'évangéliste saint Luc. (82) Sainte Hélène la croix à la main et montrant les clous de la Passion par Bolgio, et au-dessus (83) mosaïque de saint Jean l'Evangéliste. (84) Sainte Véronique étendant le saint suaire par Mochi ; au-dessus (8B) mosaïque de saint Mathieu; enfin dans la quatrième niche (86) Saint André (statue de loin la meilleure des quatre) par François Du Quesnoy, connu généralement en Italie sous le nom du Fiamingo^ le flamand, né à Bruxelles en 1594 ; et (87) Mosaïque de saint Marc. Au-dessus

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des statues que nous venons de décrire régnent quatre autres balcons, ornés de deux colonnes torses de marbre blanc, restes de l'ancienne basilique. Oh garde dans la niche qui surmonte la statue de sainte Véronique, les grandes reliques du saint Suaire (Volto santo), de la sainte Croix et le fer de la lance de saint Longin; et dans la niche au-dessus de la statue de sainte Hélène, le chef de S. André.

Le Volto safUo est une sainte image de Notre- Seigneur qui, d'après une très-ancienne tradition, a été imprimée sur le saint Suaire au moment de ia Passion. — La Lance qui a percé le côté de Notre-Seignear avait été ensevelie avec les autres instruments de la Passion, suivant la coutume des Juifs. Saint André de Grèfe rapporte qu'elle fut retrouvée par sainte Hélène à côté de la croix; elle fut remise à Innocent VIII par Bajazet. — Urbain VIII voulut joindre en 1629 à ces deux reliques une Croix faite du bois de celle sur laquelle le Sauveur a été attaché. Ce bois fut pris en partie de la grande pièce que l'impératrice Sainte Hélène avait donnée à la basilique de Saiote-Groix-en- Jérusalem et en partie du morceau que possédait régli^e de Sainte^Anastasie. — Le chef de saint André fut conservé à Constantinople jusqu'à ce que Mahomet II eut détruit Tempire d'Orient. Thomas, frère du dernier empereur Constantin Paléologue, vint l'offrir à Pie II, qui alla le recevoir au Ponte Molle le 40 avril 4462, et le lendemain le porta solennellement à la basiliqne de Saint- Pierre. Près de quatre cents ans plus tard, le 40 mars 4848, on s'aperçut que l'auguste relique avait été volée. Le 42, 43 et 44 du même mois, on célébra dans la basilique un irtduum pour obtenir de Dieu la grâce de récupérer ce trésor. Le 4'' avril il fut retrouvé intact et porté dans la chapelle particulière du souverain pontife Pie IX. Le dimanche suivant, 4 du même mois, en présence de tout le sacré Collège, Sa Sainteté en fit la reconnaissance publique authentique. Le 8, il fut transporté par le chapitre de Saint-Pierre dans l'église de Saint-André-(fe//a-Va//0, et, dans l'après-midi du même jour, il fut déposé de nouveau dans la basilique de Saint-Pierre. On montre au peuple le Volto santOf ia lance et la croix, le jeudi et le vendredi de la Semaine- Sainte, le soir après le chant du Miserere, au balcon de la statue de Sainte- Véronique. Un bref d'Urbain VIII, du 49 avril 4 629, accorde une indulgence plénière aux fidèles qui assisteront à l'exposition après s^être confessés et avoir communié.

AUX quatre angles de la coupole sont, comme nous Tavons dit, les quatre Evangélistes en mosaïque, ils mesurent 7 mètres, et la plume de S. Luc, six pieds. Puis dans ia frise« sur un fond en mosaïque d'or, on Ut en caractères bleus, de sept pieds de hauteur, l'inscription suivante : Tu es Petrus et

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super hanc petram œdificàbo ecclesiam meam^ et tibi dabo claves regni cœlorum. Vient ensuite une balustrade, qui permet de faire le tour de la coupole ; puis une rangée de fenêtres et alors commence la concavité, divisée en 16 compartiments ornés de stucs dorés et de mosaïques représentant, le premier rang : les portraits de saints évêques et de pontifes ; le second : Jésus, Marie, saint Jean-Baptîste, saint Paul et les douze Apôtres ; le troisième, des anges portant les instruments de la Passion ; enfin les autres rangs : différents chœurs d'anges, de chérubins et de séraphins. (88) La Confession. Comme nous l'avons dit plus haut, saint Anaclet, successeur de saint Pierre, érigea un monument, une confession à l'endroit où l'on avait déposé les restes du prince des Apôtres. Suivant l'auteur de Y Année liturgiqtie, le corps de saint Pierre reposerait ici et celui de saint Paul dans la basilique de Saint- Paul-hors-des-murs. Cette partie de la basilique vaticane a toujours été l'objet d'une grande vénération de la part des fidèles. On ne sait rien de précis sur la forme de la Confession construite par Constantin, si ce n'est qu'elle était, comme aujourd'hui, à deux étages l'un supérieur, l'autre inférieur. De plus Anastase le bibliothécaire rapporte que Constantin fit envelopper d'airain la tombe de saint Pierre. Urbain VIII chargea le Bernin de la construction du baldaquin (ciborium) qui devait couvrir le maître-autel de la basilique ; il lui livra le bronze du Panthéon et en fit encore venir une grande quantité de Venise. Le maître-autel est élevé sur s^t degrés de marbre. Le baldaquin de bronze, soutenu par quatre colonnes torses du même métal, est haut de 42 mètres et repose sur des piédestaux de marbre, lesquels porTentles abeilles de la famille Barberini, dont Urbain VIII était membre. Les fûts des colonnes sont entourés de guirlandes dorées de laurier, d'abeilles et d'élégantes statuettes d'enfants par Du Quesnoy qui se jouent dans le feuillage. Les chapiteaux des colonnes soutiennent à leur tour une très-riche corniche à laquelle est suspendue une draperie de bronze régulièrement découpée. Aux quatre angles sont des statues colossales d'anges, et de ces mômes angles partent quatre consoles renversées, déco-

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rées de palmes et dont le point de jonction est couronné par un globe surmonté d'une croix. Deux anges-enfants, dont Tun est assis, et Tautre volant, tiennent la tiare et les clefs pontificales. Selon Nibby, le bronze enleyé au portique du Panthéon ne pesait pas moins de 186,392 livres ; la maind'œuvre coûta 60,000 scudis et la dorure 40,000. — Sous le maître-autel est la Confessim, à laquelle on descend par un bel escalier de marbre à deux branches et à 17 degrés; 93 lampes de métal doré, faites en formes de cornes d'abondance, éclairent nuit et jour la balustrade qui l'entoure; on ne les éteint que le vendredi-saint. Au pied de l'escalier est la statue de Pie VI (par Canova) représenté à genoux, priant avec ferveur devant les restes du premier des papes. La décoration actuelle des abords de la Confession date du pontificat de Paul V; Charles Maderne en fut l'architecte. Cet artiste les revêtit de marbres de choix, y plaça les statues de saint Pierre et de saint Paul et plusieurs autres ornements magnifiques en bronze doré. Une porte dorée également, admirablement ciselée et flanquée de 4 colonnes d'albâtre oriental, ferme la Confession proprement dite. Celle-ci est de forme oblongue et située à la place de l'antique oratoire de saint Anaclet, sous le maître-autel. Au fond est un autel, au-dessus duquel on voit comme une armoire dont les deux portes en argent sont ornées de figures en bas-relief des saints Apôtres. C'est là que sont conservés les pallium qu'on envoie aux archevêques de la chrétienté, et qui servent à leur rappeler que leur puissance dérive de celle du Saint-Siège ; au-dessous repose le corps du prince des Apôtres.

Pie VI (ÂDgo BraRchi), né à Césèoe, fnt élu pape en 4775, entreprit le dessèchement des marais Pon tins, enrichit les musées, embellît Rome, protégea un grand* nombre d'établissements de bienfaisance, désapprouva la Constitution civile du clergé de France, dut signer le traité de Tolentino et dépouiller au profit de la France les musées et. les églises de ses états, entendit décréter à Rome même l'abolition de la souveraineté temporelle. Il fut obligé de quitter sa capitale, et, après avoir été transporté au delà des Alpes, malgré son grand âge (il avait plus do 80 ans), vint mourir à Valence le 29 août 4799.

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