‹ Rome & ses monumentsChapitre 90 sur 384 · NEF LATÉRALE DROITE · texte numérisé non relu

NEF LATÉRALE DROITE

(5) Chapelle des Patrizi, qui descendent, à ce que l'on dit, du patricien Jean, fondateur de Finsigne basilique ; tableau par Puglia : le songe du patricien Jean. (6) Le baptistère occupe l'emplacement de l'ancien chœur bâti par Paul V. Les fonts sont formés par un vase de porphyre fermé par un couvercle de métal doré, et orné de bas-reliefs et de l'image du Précurseur. Cette chapelle est l'œuvre de LéonXII. Dans la partie antérieure on voit la statue en bronze de Paul V élevée par la reconnaissance du chapitre. A côté se trouve la sacristie. (7) Autel de Sainte-Anne; sainte Famille, tableau par Masucci. (8) Autel du B.Nicolas Albergati, jadis archiprétre de cette basilique, par Pozzi. (9) Chapelle du CSrucifix, ornée de dix colonnes et pilastres de porphyre. C'est dans cette chapelle que repose la vénérable relique de la crèche de notre Divin Rédempteur. Dès l'origine, les chrétiens de la Judée entourèrent d'un respect et d'un culte religeux les lieux et les objets sanctifiée par la présence et Tattouchement du Sauveur. Â mesure que%Evangile étendait ses conquêtes, la reconnaissance et la foi amenaient dans la Palestine des foules nombreuses de pèlerins venus de

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rOrient et de l'Occident. L'impératrice sainte Hélène s'y rendit en personne et fit revêtir la crèche de lames d'argent et la grotte sacrée des marbres les plus précieux. A Tinvasion du mahométisme la crèche quitta TOrient. Ce fut la seconde année du pontificat de Théodore, l'an 642. Rome déposa ce précieux monument dans la basilique Libérienne avec le corps de saint Jérôme, également apporté de la Palestine : elle ne voulut pas que le saint docteur, gardien vigilant de la crèche pendant sa vie, en fut séparé après sa mort. Cette relique si précieuse est conservée dans un magnifique reliquaire donné par D. Marie Emmanuelle, duchesse de Villa Hermosa ; il représente Notre Seigneur enfant, couché sur sur un berceau de vermeil enrichi de bas-reliefs et de ciselures du même métal. L'ancien reliquaire avait été donné, en 1606, par Marguerite d'Autriche, épouse de Philippe III, roi d'Espagne. La crèche ne conserve plus sa forme primitive. Les cinq petites planches qui en formaient les parois sont réunies ensemble. Les plus longues peuvent avoir deux pieds et demi de longueur sur quatre ou cinq pouces de largeur ; elles sont minces et d'un bois noirci par le temps. On ne l'expose aux regards des fidèles qu'une fois chaque année. Le 24 décembre, elle est d'abord placée sur un autel dans la grande sacristie; puis les quatre plus jeunes chanoines de Sainte*Marie-Majeure, précédés de tout le clergé, la transportent solennellement à la chapelle Sixtine. Après la messe de l'Aurore, ils viennent la reprendre et l'exposer sur le tabernacle du maître-autel. Le soir, à trois heures, après les secondes vêpres solennelles, le cardinal protecteur de la basilique suivi de tout le clergé vient vénérer encore une fois la sainte relique ; on dresse un procès-verbal, constatant l'identité de la crèche et les détails de la cérémonie; après quoi, elle est de nouveau renfermée dans le trésor, pour n'en sortir que l'année suivante au 25 décembre (1). (10) Chapelle de rAnnonciation, tableau par Battoni. Vient ensuite la Chapelle Sbttine construite par Sixte Quint, en forme de croix grec-

(4) Qaame, op. eit,, t. !, p. 27S.

CHAPELLE SnCTINE DE SAINTB-MARIE*MAJBURE. 1B5

que et surmontée d'une grande coupole. Au milieu de la chapelle est (14) TAutel du Saint-Sacrement. Le tabernacle en bronze doré représente une basilique portée par quatre anges qui tiennent aussi des cornes d'abondance servant de flambeaux. A droite est (13) le tombeau de Sixte Quint, orné de quatre colonnes de vert antique. Le pontife est ;^enouillé et dans l'attitude de la prière ; de chaque côté sont des bas-reliefs faisant allusion à sa charité et à sa justice. Us représentent son couronnement, la canonisation de saint Didacus, frère mineur espagnol, la conclusion de la paix entre le roi de Pologne et l'empereur d'Allemagne par l'entremise de Sixte Quint, les travaux ordonnés par ce pape et l'extirpation du brigandage. A côté se trouve les statues de saint François d'Assise et de saint Antoine de Padoue.

Félix Peretti, né en 45^4 à Grotta-a-Mare près de MoDtalto, dans la Marche d^Ancôoe, garda les troupeaux jusqu'à l'âge de douze ans. 11 entra alors cbez les Cordeliers où il se livra à de fortes études. Plus tard, il devint vicaire général des Francises ins^ évéque de Sainte-Agathe, cardinal, et enfin pape en 4585 sons le nom de Sixte-Quint. 11 se distingua par une rare fermeté de volonté aussi bien que par une grande largeur de vues. n extirpa en une année le brigandage qui désolait les Etats Pontificaux, réorganisa Tadministration publique, embellit Rome de magnifiques mO'* nnments et rétablit les finances de l'Etat. Sous Paul 111 on ne comptait à Rome que 45,000 habitants, sons Sixte Quint on en compta plus de 400,000.

(15) Tombeau de saint Pie V, dont on conserve le corps dans une belle urne de vert antique orné de bronze doré. Son corps fut transporté ici de l'autel de Saint-André dans la basilique Yaticane. L'architecture est la même que celle du tombeau de Sixte Quint, qui du reste a fait élever ru0 et l'autre monument. La statue du saint est de Léonard de Sarzane ; les bas-reliefs représentent le couronnement de saint Pie V et les eiforts qu'il fit pour mettre un terme aux invasions musulmanes et aux entreprises des Huguenots. Les statues dans les niches voisines représentent saint Pierre martyr et saint Dominique.

Pie V (Michel Ghislieri), né à Bosco, en 4504, entra dans Tordre des Dominicains, fut nommé prieur et fit refleurir la discipline» Elu pape

lo6 CHAPELLE DE LA CRÈCHE A SAINTE-MARIE-MAJEURE.

en 4565, il s'attacha à ramener différentes congréjziations religieuses à lear ferveur primitive, approuva Tordre de Saint-Jeao-de-Dieu, défendit vigoureusement la foi catholique, arma les princes chrétiens contre les Musulmans, eut une grande part aux frais de l'armement de la flotte qui remporta la glorieuse bataille de Lépante, mourut en 4572 et fut canonisé en 4640.

(12) Chapelle de la Crèche, dessinée par Fontana. On y descend par un double escalier. Dans une niche ménagée entre les deux bras de cet escalier, on voit une statue du Bernin représentant saint Gaétan portant l'enfant Jésus. Ce saint, disent les auteurs de sa vie, passait en oraison la nuit de Noël auprès de la crèche et ce fut là que, ravi en extase, il mérita de voir la sainte Vierge déposer dans ses bras le divin enfant. Cette chapelle fut transportée ici tout entière avec ses fondements au moyen d'une machine ingénieuse imaginée par Fontana. (11) Autel de Sainte-Lucie, consacré a cette sainte et aux saints Innocents, dont les reliques, jadis conservées dans la basilique de Saint-Paul, ont été transportées en ce lieu par Sixte Quint. Le sarcophage qu'on y voit est du IV*' siècle et fut trouvé dans la catacombe de Sainte-Lucine. Il est en marbre blanc et décoré de dix bas-reliefs qui ont trait à des faits de l'Ancien et du Nouveau Testament. Les sujets de l'ordre supérieur représentent : la résurrection de Lazare, — Jésus prédisant le reniement de S. Pierre, — Moïse recevant le livre de la Loi, — au milieu d'une grande coquille deux buste de personnages, — le sacrifice d'Abraham, — Pilate allant se laver les mains. Dans l'ordre inférieur : Moïse faisant jaillir l'eau du rocher (symbole du baptême), — Daniel entre les lions, — Moïse expliquant la Loi, — Jésus-Christ guérissant l'aveugle-né, — la multiplication des pains (figure de l'Eucharistie). (16) Autel de Saint-Jérôme. A l'extrémité de cette nef est le tombeau du cardinal Gonzalve Rodriguez, évoque d'Albano, mort en 1299. Dans la mosaïque qui le décore on voit la sainte Vierge, assise, tenant en ses bras l'enfant Jésus qui bénit; à leurs pieds, l'évêque d'Albe, à droite saint Mathias et à gauche saint Jérôme. Plus bas, la statue du défunt étendu sur un lit funèbre et de chaque côté

NEF LATÉRALE GAUCHB ÙB SA1NTE-MAR1B-MAJBURE. 187

un ange soutenant une draperie. C'est un beau modèle de tombe chrétienne.

Nous passons devant le mattre-autel pour nous rendre immédiatement à la Chapelle Borghèse, dédiée à la sainte Vierge, et érigée, en 46H, par Paul V (Borghèse) sur les dessins de Ponzio. En entrant, on a d'abord, à droite (17) l'Autel de Saint-Charles-Borromée, canonisé par Paul Y ; puis (18) le tombeau de Clément VIII (Àldobrandini). La statue du pontife est de Vigiù de Milan; les bas-reliefs retracent différents faits de son pontificat, tels que : la conclusion de la paix entre la France et l'Espagne, la reprise de Ferrare et la canonisation des bienheureux Raymond et Hyacinthe.

Clément VIU, né à Fanô, fut élu pape en 4592 et mourut en 4605. U réconcilia Henri IV avec TEglise, revêtit de la pourpre Ossat, Duperron, Bellarmin et Baronius, protégea le Tasse, ât rentrer Ferrare dans le domaine de TEglise, construisit la chapelle Clémentine dans la basilique de Saint- Pierre et ajouta la salle Clémentine au Musée du Vatican.

(19) Autel de la Sainte-Vierge. Il consiste en une urne de lapis lazuli, élevée sur trois marches de marbre blanc. Quatre superbes colonnes de jaspe oriental, à cannelures dorées, avec bases et chapiteaux de bronze doré également, soutiennent un entablement dont la frise est d'agathe, ainsi que les piédestaux des colonnes. L'image miraculeuse, placée sur un énorme fond de lapis et dominée par le symbole du Saint-Esprit, est enchâssée dans un cadre d'améthyste à marges de vermeil, enrichies de rubis, d'éméraudes, de topazes et de grenats. Sept anges dorés soutiennent ce cadre. Sur l'entablement de l'autel est un bas-relief, également en bronze doré, représentant le miracle de la neige.

Quelle est donc cette image pour laquelle Paul Y a bâti la plus riche chapelle de tous les sanctuaires romains ? Cette antique peinture est une des sept que la tradition attribue à saint Luc. Les auteurs ne sont pas d'accord sur le temps auquel elle a été déposée à Sainte-Marie-Majeure. Quelques écrivains croient que ce fut au moment même de la fondation de la basilique par Libère ; d'autres affirment qu'on l'y plaça

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