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dit que nous lui survécussions ? Par la barbe de Brutus et de Procida, je ne dés9spère pas de l'Italie, moi! Désespérer, c'est être mort, et il y a encore du sang dans mes veines. Ce sang , ô liberté ! il est à toi; jusqu'à la dernière goutte il coulera avec joie sur tes autels !
— «Ami, lui dit Azzo, le sceptique, en lui serrant la main, tu es bien, de la vieille race lombarde ! ta foi est forte et vivace. Dieu te la conserve, jeune homme ! Dieu nous l'inspire à tous; nous en avons bien besoin. » —
Ainsi parlaient entre eux les bannis d'Asture ; Brancador seul était muet.
— « Silence ! dit Oddo, j'entends le cri d'alarme de la sentinelle; quelqu'un s'approche de la tour. » —
Ce n'était que le père Mattéo qui revenait de la messe. Il n'apprit rien aux conjurés, sinon que la persécution avait l'aile toujours déployée et poursuivait son vol exterminateur. L'excommunication fulminée par le Sacré-Collége contre les carbonari avait été affichée à la porte de toutes les églises, et l'archi-prétre de Neptune l'avait commentée en pleine chaire après la messe. Le pauvre Député en était encore tout tremblant, tremblant pour lui, s'entend, car l'excommunication foudroyante frappait du même ana thème et les carbonari etceux qui, les connaissant, ne les dénonçaient
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pas. — Ces réprouvés me damnent, pensait le dévot avec désespoir; ils m'entraînent avec eux dans la chaudière ardente. Ma fille ! ma fille ! tu me coûtes mon âme ! — Et poursuivi de diables à pieds fourchus , à bouche ricanante, il remonta précipitamment dans la haute cellule où il avait laissé Isolina.
Elle n'y avait pas été long-temps seule , et le père Mattéo avait à peine enfourché son aliboron que le bel Aronais était déjà aux pieds de la jeune fille. Les adolescens du désert s'aimaient pour s'aimer. Peu soucieux du lendemain, ils se laissaient aller au flot, et le dos tourné à la proue, les yeux sur les étoiles, ils respiraient une à une, sans les cueillir, sans les faner, toutes les fleurs du rivage.
— « Vois-tu , disait Conradin , vois-tu là bas , vers Vandotène, cette voile argentée qui se balance au soleil comme un oiseau de proie? C'est un Barbaresque. C'est pour toi qu'il vient; il t'a vue, il t'épie » — et l'étourdi prophète ne croyait pas dire si vrai — « il te vendrait au Grand-Seigneur, et le Grand-Seigneur te voyant si belle te ferait sultane. Mais tu es ma sultane , à moi , Barberousse ne t'aura pas. » — Et il lui racontait alors en riant l'histoire de cette Julie de Gonzague , si belle aussi, que le hardi pirate escalada, une nuit, pour l'enlever, son château de Fondi. Mais
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en vain pénélra-t-il jusqu'au sanctuaire; réveillée en sursaut et enlevée nue de son lit par un gentilhomme 5 la jeune comtesse venait de s'échapper. L'Africain, dit l'histoire, se vengea en brûlant la ville , la farouche Diane en faisant assassiner son libérateur. — « Non, non , répétait l'espiègle avec un fou transport ; non , Barberousse n'aura pas ma Julie 1 » — Et enlevant la jeune fille dans ses bras comme pour la sauver, il la retenait des siècles sur son cœur, il couvrait de caresses sa tête brune et ses mains blanches.
Isolina s'abandonnait , sans Tidée même d'y résister , à ces amoureuses folies ; elle les encourageait , les prolongeait par sa naïve ignorance ; elle appelait Conradin son chevalier , son sauveur , et moins ingrate que l'altière comtesse de Fondi, elle chargeait de sa dette non des bras armés de poignards , mais des lèvres armées de baisers.
Un coup de canon avait troublé un instant le doux tête à tête. Le vaisseau de proie du corsaire africain s'était approché assez près de la tour pour provoquer de la part du sergent ce bruyant salut. L'incivil forban ne l'avait pas rendu, et donnant de toutes ses voiles, il se perdit bientôt dans les pourpres brunissantes de la Méditerranée.
— «J'entends monter ton père! » — dit tout à coup Conradin en quittant les mains et les lèvres
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d'isolina. C'était eu effet le vieux Député timoré qui , poursuivi de tous les démons de l'enfer, regagnait sa cellule aérienne. Assis hypocritement l'un près de l'autre, et les yeux pieusement baissés sur le livre d'Heures de Saint Charles d'Arona , galéotto discret qui ne les trahissait point, les jeunes dévots étaient si absorbés, si recueillis, que le vieux en fut tout ému. Croyant n'avoir pas été entendu , il s'arrêta à la porte, et contempla avec édification le charmant tableau.
— « Hélas ! murmura-t-il, quel dommage — le bonhomme en revenait toujours là — quel dommage que cela soit carbonaro !
— » Ah I vous voilà , mon père l dit Isolina en allant à lui.
— » Vous nous troublez dans un mauvais moment, ajouta Conradin en fermant avec dépit le saint volume ; nous étions tous deux au paradis , nous étions en extase; demandez plutôt à Isolina ; demandez-lui si ma conversion n'avance pas.
— » Allez. Mon père, il y a long-temps qu'il est converti; mais vous revenez bien tôt aujourd'hui?
— » Comment tôt! j'arrive deux heures plus tard qu'à l'ordinaire. Il paraît , ma chère enfant, que le temps ne te paraît pas long en l'absence de ton vieux père , et pourtant , ce vieux père , il livre pour toi son âme à Satan,
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— » Jésus 1 s'écria la jeune fille toute effrayée ; que voulez-vous dire?
— » Oui , ma fille , à Satan ; mais c'est égal , tu ne m'en es que plus chère. » — Et le bon vieillard la pressait sur sa poitrine en pleurant.
— » Mais qu'avez-vous donc ce soir, père Mattéo , demanda Conradin, pour être si prompt aux larmes.
— » C'est sur toi que je pleure, malheureux enfant , c'est sur tes complices , c'est sur moi que vous damnez; notre sainte mère l'Eglise nous a tous excommuniés: vous, pour être des athées, des factieux, des hérétiques, moi, pour trahir mon âme et m'obstiner dans un silence impie. Allez, pêcheurs endurcis, vous rendrez compte à Dieu dans l'autre vie de cette âme de chrétien que vous arrachez de ses mains pour la livrer à l'esprit de ténèbres.
— » Si c'est de la mienne que vous entendez parler , père Mattéo , c'est mon affaire à moi , je m'en charge ; si c'est de la vôtre , je m'en charge encore, et de bien grand cœur, je vous assure.
— » Tu auras bien assez de ta propre âme à sauver , pauvre enfant, sans te mêler encore du salut d'autrui. Ya, ton compte sera sévère au jugement dernier. Songes-y, car ceci mon fils est sérieux, il ne s'agit pas d'un jour, d'un mois, d'une année, d'vui siècle, il s'agit de rélernilc.
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Mon Dieu! luoii Dieu! ajoiita-t-il eu jetant les yeux sur les Heures du bienheureux archevêque de Milan, pourquoi avez- vous donc permis que le dépositaire d'une si précieuse relique fût un carbonaro?
— » Tous en voulez donc bien à ces pauvres carbonari ! répliqua le gracieux enfant. Croyezmoi , père Mattéo , vous les calomniez. Pour athées, ils ne le sont pas plus que vous; ils croient en Dieu , et ils vénèrent comme le type de la philosophie et de la vertu le Christ Nazaréen , le fils du charpentier de Bethléhem, qui souffrit comme nous pour la justice, fut martyr en son temps' comme nous au nôtre, et périt sur l'échafaud comme tous peut-être nous y périrons. Nous reconnaissons même pour patron un saint ermite canonisé par l'Eglise. Yous avez, vous, Saint Matthieu, nous avons, nous. Saint Tibaldo ou Saint Thibault , comme les Français l'appellent , car ce grand anachorète était français. Il abandonna aux pauvres son héritage, et se mit, quoiquegentilhomme, à travailler comme un manœuvre, fauchant les prés et fabriquant du charbon dans les montagnes. C'est ainsi qu'il passa les Alpes. Descendu aux plaines de Vicence, il s'ensevelit dans la forêt de Salaniga, y vécut longues années, mangeant des racines, buvant l'eau du ciel, dormant sur la terre; affligé de lèpre, comme Job, il mourut en
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odeur de sainteté. Mais vous devez savoir tout cela mieux que moi, père Mattéo; notre patron n'est-il pas dans la légende ?» —
Une nouvelle alerte de la sentinelle interrompit l'apologie du saint champenois , et coupa la parole à Conradin.
— « Qui sera-ce encore ? dit le vieux Mattéo de mauvaise humeur. Pourvu que ce ne soit pas votre Anselme. J'aimerais autant voir entrer ici Belzébu th.
— » Plût à Dieu que ce fut Anselme ! répondit le jeune carbonaro; et il descendit pour s'en informer.
— » Hélas! dit le Député en le suivant des yeux, voilà Satan qui ressaisit sa proie ! » — Isolina baisa en soupirant le galéotto sacré et le cacha dans son sein.
Conradin avait à peine franchi le seuil de la salle commune qu'un inconnu conduit par le sergent , le franchit après lui.
— « Deux heureuses nouvelles à la fois , s'écria Oddo en entrant : un message d'Anselme , et un bon cousin,
— »La retraite d'Anselme, dit l'inconnu, est impénétrable , ne craignez rien pour lui ; mais craignez pour vous , la vôtre n'est pas si sûre. Il vous recommande un redoublement de vigilance; attendez-vous toujours à une surprise ; ménagez-
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VOUS des voies de retraite et conservons-nous tous pour les jours meilleurs. Rien n'est perdu puisque nous vivons encore. Pour le reste, ajouta le messager, le sergent a raison, mes bons cousins; je suis carbonaro, bolonais de naissance , italien de cœur, et artiste de mon métier.
— » Soyez le bien venu 1 lui dit le Parmesan en lui donnant l'accolade , nous sommes deux fois frères : frères en Saint Tibaldo et frères en Saint Haphaël.
— » En Saint Tibaldo , soit ; mais en Raphaël , pas tout-à-fait, c'est en Saint Michelange : je ne suis pas peintre, je suis sculpteur; c'est-à-dire, continua le Relouais en s'animant, tout d'un coup , comme électrisé par ce grand nom de Michelange qu'il venait de prononcer; c'est-à-dire que je ne suis, moi et tous les autres, qu'un misérable tailleur de pierre. Car voyez-vous, mes bons cousins, l'art est mort comme tout le reste dans notre Italie. Râtards dégénérés des géans, nos pères, nous avons beau, pour les atteindre, nous hausser fièrement sur nos petits pieds, nous leur restons à mi-jambe. Si du moins nous savions les imiter; mais , non , nous ne savons que les parodier , et quand nous avons fait grimacer gauchement le marbre ou la toile, nous nous croisons complaisamment les bras, nous nous pâmons devant ces cadavres sans âme, sans vie, et nous prétendons,,
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nains insoleiis, à l'immortalité. Immortalité d'impuissance , immortalité d'ignominie, voilà la nôtre, et celle-là, pygmées que nous sommes, nous pouvons être tranquilles , elle ne nous manquera pas. Quand l'avenir, juge suprême, citera notre siècle à sa barre et qu'il lui dira : Tes Michelange, tes Piaphaël, où sont-ils? Que répondra-
t-il, notre siècle? Honte et douleur! il faudra
qu'il se voile la tête et qu'il se taise. — Quoi! pas un? — Pas un. — Italie! Italie! Hécube des nations, tous les dieux se sont-ils donc retirés de toi, et en conquérant tes villes , l'étranger t'at-il aussi conquis ton génie? O sainte mère des choses, toi dont la fécondité merveilleuse a peuplé de grands hommes les siècles passés, es-tu donc, hélas 1 si stérile aujourd'hui, qu'il n'en doive pas sortir un de tes flancs épuisés , desséchés , pas un seul pour nous baptiser tous de son nom? On dit le siècle de Léonard de Yinci, le siècle des Carraches, et du nôtre, que dira-t-on ?
— » Le siècle des martyrs, répondit Azzo.
— » Des martys ? Et qui les connaîtra vos martyrs? Quel Titien immortalisera leurs traits? Quel Michelange les taillera en marbre? Où est Bramante pour leur dresser des mausolées ? Ils n'ont pas même un poète qui les chante ; pas un misérable chroniqueur pour dire leurs noms à la postérité ! Le silence et l'oubli planeront sur leur
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poussière. Et pourtant, ajouta le Bolonais en se frappant le front, je sens qu'il y avait là quelque chose; mais l'étincelle n'a rien allumé; elle n'a pas jailli; le vent froid de la servitude a tout éteint. Phidias avorté, j'ai brisé mes marbres, jeté mes ciseaux ; je me suis précipité dans la mêlée. Des citoyens d'abord , me suis-je dit , puis les artistes! Avant de faire un art italien il faut faire une Italie.
— » Amis ! s'écria Rémo dont l'âme artiste sympathisait à la douleur du statuaire, vous me demandiez souvent pourquoi j'étais triste; vous le savez maintenant ; le Bolonais vous a répondu pour moi. Ce qu'il vient de dire, je le porte depuis long-temps écrit au fond de mon cœur ; mais je n'osais parler; la fausse honte enchaînait ma langue; je rougissais pour moi, pour vous, pour l'Italie , d'un aveu si humiliant. Il fallait du courage pour le faire, et ce courage qui m'a manqué, il l'a eu , lui ; grâces lui en soient rendues. Ce qu'il a dit est tristement vrai , nous ne sommes tous que des copistes ; il n'y a plus d'artistes en Italie. Oui, poursuivit le peintre en s'adresssant au statuaire , oui, je te rends grâce, ami, d'avoir formulé ma pensée et délié ma langue; j'étais un lâche, et tu m'as forcé au courage. Comme toi je me suis senti le feu sacré , et l'esclavage aussi l'a étouffé. J'avais quinze ans ; contemplant un
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jour celte coupole du divin Conège dont ma Parme est si fière, je me sentis les yeux tout mouillés de larmes , comme Jean- Jacques sous l'ormeau de Yincenne, comme notre Alfîéri devant les tombes de Sainte-Croix. Anck' io son pittore! m'écriai-je avec le maître. J'avais eu ma vision de Damas ; mon Dieu s'était révélé. Mais , hélas ! j'eus bientôt aussi la révélation de son impuissance, et je tombai dans le découragement, dans le désespoir. Le siècle n'est pas artiste, il est athée; l'art est impossible, l'incrédulité tue le beau; le laid, le faux, l'ignoble, montent sur le trône avec elle. Cette horrible idée glaça ma main; et quand tu jetais, toi, tes ciseaux, quand tu brisais tes marbres , je foulais aux pieds , de rage , mes toiles et mes palettes. Si l'amour de l'Italie ne m'eut fait, comme toi, carbonaro, la soif de l'indépendance, la haine de cette société dépravée, m'eussent fait bandit comme Salvator Rosa. Et cependant je dois à l'art mes plus douces joies! Il a bercé mon adolescence de délicieuses chimères ; il m'a enivré de parfums célestes ; il m'a conduit par des chemins de fleurs dans l'arène sanglante des conspirations. Mais à quoi bon rappeler ces délires? Les rêves d*or se sont évanouis, et je me suis réveillé sous l'échafaud.
— » Courage! dit Cavalcabo, toujours croyant, toujours convaincu, l'art n'est mort avec la liberté
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que pour ressusciter avec elle ; car, avec la liberté, phénix inspirateur, art, poésie, histoire, vertu , tout renaît
— » Dieu donc la ressuscite! ajouta le Toscan ; l'Italie a soif de toutes ces choses.
— » Elle ressuscitera, répondit le sceptique Azzo, chez qui la justice tenait lieu d espoir; elle ressuscitera, gardez-vous d'en douter, et l'art ne fera pas défaut aux temples du vrai Dieu , quand le vrai Dieu enfin sera sur l'autel et le veau d'or dans la poussière. Rappelez-vous toujours les trois mots de l'Ordre : Foi^ Espérance ^ Charité! Adorons, bénissons cette trinité divine, portons-la dans nos cœurs; et courbons-nous aujourd'hui sans murmure sous la mauvaise fortune, afin de nous redresser demain plus grands et plus forts. Le Bolonais l'a dit : rien n'est perdu, puisque nous vivons encore. Dangers , privations , souffrances , tout s'efface , tout s'oublie devant le saint but qui nous enflamme. Courage, Italiens! la liberté est au bout de la lice; un tel prix vaut bien la lutte; et nous y tiendrons tous d'autant plus qu'à tous il nous aura plus coûté. » —
Ces nobles paroles trouvaient de l'écho dans la tour d'Asture : on les recevait, on les répétait avec attendrissement; magnétisés par elles, tous les conjurés s'associaient par la pensée au sentiment qui les dictait. Un seul était silencieux, contraint,
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au milieu de rentraînement de tous, c'était Brancador.
Cause ignorée d'une catastrophe dont les suites étaient si funestes , il était plein de douleur, plein de repentir. Il se haïssait, il se méprisait. Il maudissait son imprudence, car l'imprudence en politique est un crime , elle rougit les champs de bataille et les échafauds. Trompés sur les motifs de sa tristesse, les bannis n'avaient ni ne soupçonnaient son secret, et leurs questions sur la trahison du Vélabre prouvaient assez à quelle énorme distance ils étaient tous de la vérité. Ils se perdaient en hypothèses , ils chargeaient d'anathèmes le traître inconnu , et chacune de leurs paroles était pour le coupable une cruelle torture. Un tel supplice eût presque à lui seul suffi à expier sa faute ; mais il était destiné à une expiation plus terrible.
— « A propos , mon cher , dit le Bolonais à Brancador, j'ai oublié de te féliciter d'avoir si heureusement échappé aux cachots Saint-Ange. Ce bonheur n'a pas été donné à beaucoup; et quant à moi, j'ai jugé prudent de me tenir caché et de quitter Rome à la première occasion ; j e ne s uis pas assez bien dans les papiers du Saint-Office pour rentrer de sitôt dans cette galère ; trop heureux d'en être sorti sain et sauf! J'ai refusé de faire, pour le pont d'Imola,lastatuedu Séjandela Romagne, ducardinal