‹ Rome souterraineChapitre 109 sur 113 · LE DESERT · texte numérisé non relu

LE DESERT

les infectent! Ëchapper aux boulets da Fornm, et naoarir an désert de nial*aria ! Rage et dérision! >

Ponr Loysa , elle avait dépensé toutes ses forces , tontes ses consolations ; elle n avait plus de larmes , plus de paroles. Goochée en silence sous le pin fu» ttèbre , elle fixait snr son amant on œil éteint et ré* signé ; la soif la consumait, et le soleil baissait tonjonrs.

• Je ne suis qu'on lâche , reprit tout à coup Anselme après une pause ; je me laisse tyranniser par la matière. Nons allons voir qui sera le plus fort ici, de mon âme qui veut, on de ce corps insolent qui résiste. Esclave , obéis ! >

-Reprenant Loysa dans ses bras intrépides , il allait se remettre en route , lorsqu'il vit poindre à Thorison on cavalier.

C'était Nicole qui revenait des montagnes à travers les marais Pontins. Il avait appris à Gora les déplorables nouvelles de Rome , et regagnait tristement la tour. Dès qu il aperçut Anselme , il mit son cheval an galop , et l'atteignit bientôt.

c Vous êtes l'ange du désert, lui dit Anselme en loi serrant la main ; c'est Dieu qui vous envoie. »

Loysa fut placée sur le cheval du garde-forât ; Nicolo suivit à pied avec Anselme , et, sortant des fournaises de Garocelle , la petite caravane ne tarda pas à entrer dans les bois frais et touffus d'Asture.

Tout en cheminant , Nicole raconta- à Anselme qu'il avait, quelques heures auparavant, rencontré an milieu des marais Pontins un homme en chemise

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qui ffljrait comme un faottoe à travers ia «olitode.

Le fimfAme était rarobassadenr de» Denx^SIcilea , le duc de Téièse. L'émeote de la veille l'avait telle^ ment effrayé , qa'il était parti poor Naples le soir même. Arrêté par les bandits qui avaient relevé les carabiniers sur la route , Son Excellence avait été déponillëe et laissée nne par eux an mtliea d« dé^ sert.

IVon moins effrayé , mais pins heareax , le nMrqnis d'Ivrée avait qnitté Rome aussi ; il en fut quitte, lui, pour la peur, et il arriva sain et sauf à Fioranœ, d'où il regagna Turin.

I/abbé Saverio, leur collègue au consistoire, n'en fut pas quitte à si bon mwciié. Parti de Rome avant le conclave pour aller intriguer à Modène , Tin tient jésuite fut pris en flagrant délit dans as de carbonari. Il eut bean dire qu'il avait roreUle de Son souverain, et qu'il travaillait pour lot, il n'en fut pas moins pendu le même jour et an même gibet qu'Àzzo.

Ainsi la mort , par un de ses jeux pleins d'ironie et de fiel , avait réuni au même poteau d'infamie etx jeté au même tombeau ces deux conspirateurs qui n'avaient eu de commun que la patrie, et qui n'avaient ni combattu ni péri pour les mêmes dieux. Tonte victime n'est pas un martyr ; et certes ce lot pour le Als intrigant dlgnace on honneur dont il était peu digne que de partager le suppliée (f un tel homme. Mais ce qui honora Fun tacha Taotre et le déshonora. Le vulgaire s'y méprit; confondant dans

SAINTE-C^^GILC. «M»

M pensée ce qoe tes yeux voyaient réiim , il accoupla deux noms que Tinfini séparait. Méeeniia sur la terre d'erreur et d'ilhisioas , ailleurs sans doute Asto fut vengé; parties ensemble du mâme échalradf rftme ignoble de Fégoisle Intrigant et la grande âme du citoyen héroïque ne durent pas s'envoler à lamèoie ■ étoile. 0 mon Dien ! s'il n y avait pas dans rétemité plus de justice qu'ici-bas , la vie serait la plos épouvantable des déceptions , l'homme le plus fluiérable de tons les êtres.

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