‹ Rome souterraineChapitre 11 sur 113 · V. ■— NBPTL'NK · texte numérisé non relu

V. ■— NBPTL'NK

Ce jour-là Neptune était en fête , célébrant la vierge Marie sous je ne sais lequel de ses mille noms terrestres; elle en a tant, que les deux ou trois cents du Jupiter grec , si laborieusement colligés par le savant Lilio Giraldi , n'en peuvent donner l'idée. En détrêttant Tidolâtrle païenne, l'idolâtrie catholique l'a dépassée.

Nul point du Latium ne porte , autant que Neptune, dans son site et dans sa forme , l'empreinte de la terreur des pirates. Une forteresse du moyen âge, bâtie sur une saillie de la c^te, domine au loin la mer; ses eréneamt, aujourd'hui démantelés, ses hantes murailles invisibles sous le lierre et les longuet herbes , proclament assec dans leur éloquence monamenfale les antiques dangers de ces rivages. Ktemellement menacés parla double peste d'AA*ique et des Maremmes , ces bords sont assiégés par un

es BOME SOUTERRAINE. i

troitième fléau plus formidable encore , les barWes- j

ques. Aujourd'hui même leurs flottilles croisent insolemment en vue des châteaux et des tours de garde , enlevant jusque sous la bouche des canons les petits enfants qui jouent au soleil sur le sable des grèves.

Jadis les maisons étaient hors de la citadelle destinée à les protéger. Rapprochées , pressées autour ^ d'elle par l'épouvante , elles ont fini par l'envahir, et s'y sont réfugiées comme en un lieu d'asile; sautant une à une et sans ordre dans l'étroite enceinte, elles en comblent aujourd'hui tout l'espace. On a percé quelques ruelles tortueuses et humides dans ce dédale infect . sans air et presque sans lumière. Une église , qui n'est plus le temple magnifique du dieu qui a ^; baptisé Neptune, s'élève blanche et nue au centre i de ce chaos informe, et, foyer d'un nouveau fléau, elle couve en ses caveaux mortuaires la corruption des cadavres.

Tout cela, peuplé de quelques centaines de vivants entassés pêle-mêle avec les morts , s'appelle i une ville ; et là , dans cette ville oubliée , perdue an bout du désert, on naît, on vit, on aime; on a là des enfants et des amis, des larmes et des joies , des passions , des croyances ; on rêve là de gloire et de fortune ; on meurt là comme à Rome sur la foi du Crucifié, et les fils s'endorment à cêté des pères , au pied du même autel où ils reçurent d'eux les eaux -^i du baptême , et les générations s'écoulent silencieu- i ses , et l'Océan les voit passer.

Toutefois , un nom brille sur le ténébreux tombeau

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