‹ Rome souterraineChapitre 19 sur 113 · IX. — LES SANFioiSTES · texte numérisé non relu

IX. — LES SANFioiSTES

s Oserais-je me peroieUre, oMiitieiir le duc, une légère ohterwimu ?

— Parlez, mon cher abbé.

— Voire KsceUeace ne 6*o{featera pM ?

— Moi? Je mm decUe comme oa esfaat.

— Ëb Ueu ! donc, reprit Tabbé Saverio, je (roove, moDsiear le duc, i}ue vous ve«ex ici evec trop é^ééUi, Votre carrosse, vos laquais, votre grand costume, tout cela fait seoMtioa daa« ces quartiers paiaîblea et retirés ; tout cela faii causer , et l'oe poerrait bien concevoir des soupçons qui finiraient par aous cma^ pronettre. Monsieur le aarquis d'Ivrée est plus eirconspect ; il vient à pied , et pourtant il deaaesHre à la place d'Espagne.

— Mais comment voules-vous do&e , mon cb^ abbé, qu'un homme comme moi , un ambassadeur, vieuBe à pied , k nuit , dans ces alTreuses mes de la populace où l'en tue les hommes comme des flaouchas ?

— J'y viefls bien, mai, murmura le prisée d'iési, patricsen romain de la vieille roche.

— Ce n'est peint ici^ mon prince, reprit le jésuite modeaais^ une 4{uesiion d étiquette, mais de prudence. Le mystère est l'âme de notre entreprise , et nens sommes envireftaés d'espionsi

— Mais enân , dit étourdimeat le éae de Ttièse

— c'était le mm de ramhassadcnr des Deux*>SicileB,

— qu avons-nous donc à redouter ici? Ce n'est pas

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la police, j imagîae, poifqiie le pape est notre grandmaître.

— Je demande pardon à votre excellence , répliqua Tabbé ; la machine temporelle dn Vatican est si compliquée, elle a tant de rouages et si peu d'haro monie , si peu d'unité , que la police peut fort bien nous être hostile, quoique Sa Sainteté soit avec nous. De plus, il y a à Rome autant de polices que d'am> bassades, et fussions-nous les enfants gâtés du Saint* Office et du palais Madame, nous avons tout àcrain« dre du palais de Venise.

— J'en swrs à Finstant même , dit le duc, et c'est pour cela que vous me voyet en habit de cérémonie. Il y avait on graod dîner diplomatique, et lont autrichien qu'il est , il faut convenir qu'il nous a traités royalement. Tons les étrangers de Rome y étaient. Pourquoi donc, marquis, n'y étes-vous pas venu?

— J'aimerais mieux avaler des couleuvres qu'un verre de vin à sa table autrichienne , répondit le marquis d'Ivrée d'une voix colérique.

-— Ma foi, marquis, si vous avies bu de son tokai, vous ne diriez pas cela. Il sort de la cave impériale.

— Impéride ! s'écria le prince d'Iési d'un ton sévère, et voos l'avez bu, monneur le duc ?

— Mais oui, et je vous assure qu'il était excellent. Convenez, prince, qu'il est piquant de conspirer contre son amphitryon en quittant sa table.

— Pour moi, dit le marquis, je hais l'ambassadeur de toute la haine que je porte à sa cour, et j'évite le palais de Venise comme l'enfer. Groiries-voos que

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le ealiiiiel avinelueii s'avit^ de fioni phksaBeii sue pM États de Novare , et qu il se permet de ]es mettoa , QOilime les Pays-Bas et les Gantois saîsses, aa neml»re des omUw mpemi ? Da coneestion en coBcesskiq, Turin finirait par n être plus qu'on satellite de Vienne et une sueoursale de Milans C'est ce que nous im vouions pas, et c^est peutquoj je ^uis ici.

T- Soyez tranquille , s^éoria le prince d'I^si, pous mettrons un frein an cheval de Césan. « — Bt je ne sais quelle vieille fnseur guelfe brillait dans ses yeux.

I Dieu me gai*de, reprit le jésuite, de m^ériger en champion de l'Autriche ; je la hais autant que vous. Avoues pourtant, monsieur le marquis, que voua lut deves votre existence , et que sans elle il y a long* temps que vous séries débordés par les carhonari ? Et ce serait bien pis, ma foi.

— Mais que nous payons cher Tassistance de cette auxiliaire intéressée } Elle nous joue et nous perd avec son infernale modération. Quand nous tenions les carbonari , c'est elle , la perfide , qui nous a epipèchés de nous en défaire une fois pour toutes. Voilà pourquoi je la hais tant.

—Votre haine, dit le duc, est bien légitime; et je sens, pour ma part, que je la haïrais encore, plus que je ne la hais si elle nous eftt, comme à vous, lié les bras après la victoire. Qrâpe à Dieu , elle nous les a laissés libres , et nos carbonari s'en souviendront. Allet-en demander des nouvelles au Gilento. Mais , pour en revenir à l'ambassadeur d'Autriche, vous ne me ferez jamais croire, mon cher aU^, qu'i)

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y entende iii»U(m. ift le tteiw p«iir hw hQmm$. t Le prûice d'Ieu fronça le tonveU, le ma^qnig d'Ivréa se pinçii le« lèvres.

« C*0st la bonhomie du chai accroupi qui guett^ sa proie, répliqua sans rire rimpassible enfaqt de Loyola. Tenes, moosipur 1^ duc, peift-étre qu'à cette heure in^me votre bon bomoie nous épie et a des argus jusqu'au porte du cloître.

— Croyez-vous ? dit le iparquis toMt effrayé.

— Je ne dis pas que cela soit , mais cela ppnt être «

Une fanfare de trompette couvrit tout à poup ]f^ vois de Tabbé Saverio , le duc de Télèse tressaillit , et s'élança vers la fenâtre en portant la paain 4 ton innocente épée de courtisan , comme Arlequin 4 sa batte. C'était le Catalan qui levait le «iége.

c Quels conspirateurs, dit bas au jésuite I^ prince d'Iési en jetant sur le trembleuru^ regard de mépris. Et il faut faire la guerre avec de tels hommes ! Beap^ jouta de met ancêtre» , oi!i êtes-voqs ? Soleil guplfe , ' esrtn donc éteipt?

— Prince, répondit le Ifodeuaiv, avec de la p»: tience nous le rallumerons.

— La patience est la vertu des faibles.

— Et des prêtres.

— Ma foi , messieurs , s'écrja ^e^celle|lc^ napolir taine revenue de son alerfe , c'est qu'il y aurait de quoi faire perdre la tiare 4 notre cardinal , et pp serait vraiment dommug^ > ^^ ^^^*^ ^^ excellent pape* A propos, dit-il au prince pour d^^pumer la conver-

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sation , son protégé » votre compatriote — n'est-ce pas Anselme qne vous Tappeies ? — tarde beaucoup ce soir. Je crois , continaa-t-ii d*un ton de sopériofité, que son éminence nous a fait faire là une assez bonne acquisition. Ce jeune homme, quoique roturier, a Talr de n être pas sans quelque mérite. J*en ai ouï dire du bien quelque part. Avec le temps on en pourra faire quelque chose.*

— C'est dommage, interrompit le jésuite, qu*il soit si roide.

— Et qu'il ne soit pas gentilhomme, ajouta le marquis,

— Il est Romain, répondit fièrement le vieux prince dlesi, qui tenait un citoyen de la ville éternelle , fût-il des derniers rangs , pour un aussi bon gentilhomme que tous les marquis et les ducs de l'univers, f

Anselme entra. Il avait profité de la retraite du Catalan pour se glisser dans le couvent sans être aperçu. Les deux gentilshommes le saluèrent avec une civilité quelque peu féodale ; le prince lui serra la main , et son œil semblait loi dire qu'il était bien aise de presser enfin une main romaine.

— Son éminence, demanda Anselme, n'a pas encore paru. Je craignais d'être en retard. Il est piresq'ue deux heures de nuit.

— Le cardinal , répondit Saverio , est en affaire dans sa cellule avec un diplomate étranger. Il paraît s'agir d'une négociation capitale.

— Sait-on ce que c'est ?

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